Quand la droite et l'extrême droite maniaient le plastic
N° 250 Semaine du 04 février 2002 au 10 février 2002
Auteur : G P.
Règlements de compte
Sans remonter aux chouans, qualifiés de «terroristes» par la Convention nationale, ou aux bandes armées royalistes qui, au lendemain de Waterloo, firent régner la seconde Terreur blanche dans le midi de la France, tuant partisans de la Révolution ou de l'Empire, force est de constater que la droite et l'extrême droite en France ont eu leurs «bandes à Baader».
Après l'avènement du Front populaire en 1936, la Cagoule, organisation clandestine créée sous le patronage de Franchet d'Esperey, assassina deux militants antifascistes italiens, les frères Rosselli, un banquier russe, Dimitri Navachine, Laetitia Toureaux, soupçonnée d'avoir trahi, et fit sauter le siège du patronat français de l'époque, pensant qu'on attribuerait cette action à l'extrême gauche.
Inutile de rappeler les nombreux attentats commis par des membres, encartés ou non, de l'extrême droite contre des locaux de l'Amicale des Algériens en France ou contre des foyers d'immigrés qui se soldèrent, eux aussi, par des pertes en vies humaines. C'était là l'oeuvre de nostalgiques ou d'admirateurs de l'OAS (Organisation de l'armée secrète), créée par des militaires et des civils après que le général de Gaulle, qu'ils avaient contribué à porter au pouvoir, décida d'accorder à l'Algérie l'autodétermination, puis l'indépendance. Ses membres commirent des centaines d'attentats, dont celui du Petit - Clamart, auquel le président de la République échappa par miracle. Ils assassinèrent des libéraux algériens (Me Popie, l'écrivain Mouloud Ferraoun ou William Lévy, le secrétaire de la section SFI0 d'Alger) et plastiquèrent les domiciles d'écrivains connus comme Jean-Paul Sartre et André Malraux, blessant, dans ce dernier cas, la fille du concierge.