2007 - Le Pen dit s'attendre à une candidature de Chirac
| PARIS (REUTERS) - Jean-Marie Le Pen estime ""probable"" une candidature de Jacques Chirac à un nouveau mandat de président de la République pour des raisons géopolitiques. | ||
""Ce qu'il fait et dit, ces temps-ci, dessine le cadre possible - et même probable - d'une candidature"", déclare le président du Front national dans un entretien au Journal du dimanche.
""Ce qui pourrait la justifier, c'est une aggravation de la situtation internationale. Quand je vois les Américains annoncer l'envoi de renforts en Irak - la manoeuvre vise l'Iran - je n'exclus pas que Chirac dispose d'informations confidentielles"", ajoute Jean-Marie Le Pen. Le dirigeant d'extrême-droite se montre confiant pour l'obtention des 500 signatures d'élus locaux nécessaires à la présentation de sa candidature. ""Je pense que j'aurai mes parrainages mais j'y aurai consacré le cinquième de mon budget global de campagne"", indique-t-il. Jean-Marie Le Pen renvoie comme à son habitude dos à dos les deux candidats en tête dans les sondages, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. ""Dans les cités, beaucoup ne supportent pas Sarkozy et on s'apprête à voter pour moi. Les jeunes ont plus peur de Sarkozy que de Le Pen"", affirme-t-il. Quant à Ségolène Royal, il fustige ses ""propos complaisants"" à l'égard de la Chine, ""une dictature qui fait aujourd'hui encore, payer les balles des familles des condamnés à mort"". | ||
Les jeunes gaullistes s’organisent
Agacés que le débat à droite soit « plié », jeunes chiraquiens et villepinistes se rebellent.
Un téléguidage de Matignon ou de l’Élysée ? Le Rassemblement des jeunes pour la cinquième République (RJVR) a annoncé sur Internet, via plusieurs blogs pro-Villepin, la tenue d’une réunion publique, dimanche à 15 heures au pavillon Baltard, à Paris, en même temps que le congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy. Relayés par le site La cinquième République pour demain (www.5eme-republique.fr), qui cherche à « valoriser l’action conduite par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, sous l’impulsion de Jacques Chirac, au service de la France et des Français », les membres fondateurs, « insatisfaits de la campagne actuelle », sont très « motivés » pour « appeler à une nouvelle candidature de rassemblement républicain ».
Pour ces jeunes gaullistes, « le 14 janvier n’est pas une fin ». Parce que « la Ve République n’est pas la république des partis », le sacre de Nicolas Sarkozy ne signifie rien pour le RJVR, qui entend déjà « préparer la suite des événements et enclencher une nouvelle dynamique », hors UMP s’il le faut. La déclaration de Jacques Chirac (lire par ailleurs), qui n’exclut rien, a dû les remplir d’aise.
« Le président est le représentant de tous les Français, il ne saurait être le représentant d’un parti », ajoute Laurent, l’un des membres fondateurs de RJVR. Jacques Chirac serait donc le choix idéal pour représenter la droite républicaine. Quitte à jouer « contre son camp » ? Laurent retourne l’accusation de traîtrise : « En 1995, un candidat était investi par le RPR (Jacques Chirac), et il ne me semble pas que
Nicolas Sarkozy l’avait soutenu. »
G. M.
Article paru dans l'édition du 12 janvier 2007.