Les syndicats fiévreux, le MEDEF bienheureux

Publié le par david castel


La baisse de l’impôt sur les sociétés réjouit Laurence Parisot, tandis que la fusion ANPE-UNEDIC fait voir rouge aux représentants de salariés.

Division binaire respectée parmi les partenaires sociaux. Si les ambitions de Jacques Chirac pour 2007 réjouissent en grande majorité le milieu patronal, les réactions des syndicats de salariés ont tiré la sonnette d’alarme. En particulier sur le remède contre le chômage préconisé par le président de la République, la fusion ANPE-UNEDIC. « Ce n’est pas un problème d’institutions qui réglera le problème des chômeurs », a par exemple riposté François Chérèque, de la CFDT, qui a « toujours été contre la fusion ANPE-UNEDIC ». Aussitôt appuyé par Jean-Claude Mailly, de FO, et Jacques Voisin de la CFTC qui ont rappelé la vétusté de ce projet qui « revient à la surface régulièrement depuis plusieurs années ». En l’absence de Bernard Thibault, en congé, la CGT ne s’est pas exprimée.

Bien entendu, le MEDEF lui voit d’un bon oeil cette « mesure prometteuse ». Au contraire du président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) qui, « très inquiet que cette fusion ne crée un monstre indirigeable », s’est dit attaché à « une gestion paritaire ». Le lapsus de Jacques Chirac qui dans son discours a confondu vingt ans et cinq ans pour l’objectif de baisse de l’impôt sur les sociétés, n’aura pas non plus donné des haut-le-coeur à Laurence Parisot. Pour elle, en voulant ramener l’impôt sur les sociétés de 33 à 20 % en cinq ans, le président de la République « donne la bonne direction, c’est tout à fait vital pour que notre pays puisse mieux respirer ». « Notre pays », en langage Parisot, l’appellation correspond aux « entreprises françaises pénalisées par le fardeau fiscal ». Mais estimant que la sensible réduction de l’impôt sur les sociétés ne sera pas suffisante pour décompresser les bronches des grandes firmes de l’Hexagone, la présidente du MEDEF a émis un voeu : « il y a aussi des choses à faire, notamment sur la taxe professionnelle ».

Enfin, par un communiqué impersonnel, l’UMP s’est dit satisfait de constater que, en « proposant de faire converger le taux de l’impôt sur les sociétés sur la moyenne européenne et d’inciter, par des avantages fiscaux, les entreprises à étendre et renforcer leurs dispositifs de participation, Jacques Chirac reprend deux des mesures fortes du projet de l’UMP pour 2007 ». À gauche, le porte-parole du PCF dénonce « la démagogie électoraliste » du chef de

l’État dont les propositions économiques vont « toujours dans le même sens, celui du libéralisme et de l’injustice ». « Alors que le gouvernement ne cesse de faire des attaques en règle contre le droit du travail, Jacques Chirac le juge encore trop complexe et trop rigide », a expliqué Patrice Bessac. François Hollande, lui, a raillé une « présidence Chirac que l’on appellera la présidence réduite aux voeux ». Pour le premier secrétaire du PS, les annonces de Jacques Chirac se cantonnent à un exercice de rhétorique médiatique. « Après douze ans à la tête de l’État et tant d’engagements oubliés ou froissés, il continue de faire des annonces ronflantes alors qu’il ne dispose plus ni des moyens ni du temps pour les honorer ». Et Ségolène Royal de fustiger, au sujet de la sécurité sociale professionnelle, les « promesses trop tardives ou trop précipitées pour être vraiment honnêtes ».

Christelle Chabaud

Article paru dans l'édition du 5 janvier 2007.

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Publié dans Politique Politicienne

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