Comment l'UMP a résolu le casse-tête des investitures

Publié le par david castel

 

SOPHIE HUET.
 Publié le 26 décembre 2006
Actualisé le 26 décembre 2006 : 08h26

La commission nationale d'investiture de l'UMP, présidée par Jean-Claude Gaudin, a passé plus d'un an à préparer les législatives de 2007. Le parti majoritaire compte 365 députés sortants, sur 577. Revue de détail.

 

350 heures de réunions. La commission nationale d'investiture a organisé 35 réunions d'un total de 150 heures entre octobre 2005 et novembre 2006. En tenant compte des rendez-vous individuels avec les parlementaires, qui ont eu lieu à l'Assemblée et au Sénat, ainsi que des déplacements en province des membres de la commission, ce sont au total 350 heures qui ont été consacrées à la préparation des élections législatives.

 

30 sortants ne se représentent pas. Une trentaine de députés UMP sortants seulement ne se représentent pas, dont Édouard Balladur et Jean de Gaulle, récemment nommé à la Cour des comptes (12e et 8e circonscription de Paris), Alain Madelin (Ille-et-Vilaine), Robert Pandraud (Seine-Saint-Denis), Hugues Martin, l'ex-suppléant d'Alain Juppé en Gironde, Guy Drut (Seine-et-Marne), ou encore René André, lui aussi nommé à la Cour des comptes, et dont la circonscription (la 2e de la Manche) est briguée par Philippe Bas, le ministre délégué à la Sécurité sociale. Mais le maire UMP d'Avranches, Guénahël Huet, sera aussi candidat dans cette circonscription.

 

À Grenoble (1re de l'Isère), l'ancien ministre Alain Carignon a obtenu l'investiture des militants face au sortant UMP Richard Cazenave, et dans les Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, un proche du ministre sarkozyste Christian Estrosi, est investi dans la 1re circonscription, dont le sortant est un jeune libéral, Jérôme Rivière. Dans la 3e du Lot-et-Garonne, Alain Merly, député UMP sortant, devrait céder la place au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, qui veut se lancer en politique.

 

Vingt ministres sur la ligne de départ. Aucun souci pour ceux qui ont déjà une circonscription. C'est notamment le cas de Michèle Alliot-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean-François Copé en Seine-et-Marne, Pascal Clément dans la Loire, Renaud Donnedieu de Vabres en Indre-et-Loire, Dominique Bussereau en Charente-Maritime, Christian Estrosi dans les Alpes-Maritimes. D'autres se lancent pour la première fois, comme Philippe Bas dans la Manche, ou encore Jean-François Lamour, ministre des Sports, qui a l'investiture de l'UMP dans la 13e circonscription de Paris, actuellement détenue par René Galy-Dejean (UMP).

 

Certains changent de circonscription : Renaud Dutreil passe de l'Aisne à la Marne, où il brigue aussi la municipalité de Reims, et Dominique Perben, ancien député maire de Chalon-sur-Saône, sera candidat dans la 4e du Rhône pour affronter le sénateur maire PS de Lyon, Gérard Collomb, en 2008. L'actuel député de la circonscription, Christian Philip, qui a refusé la présidence de Réseau ferré de France (RFF), devrait accepter d'être le suppléant de l'actuel ministre des Transports. Il pourra siéger à nouveau au Parlement, dans l'hypothèse où Dominique Perben redevient ministre en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à l'Élysée.

 

160 candidates. L'UMP s'est efforcée de rajeunir, de féminiser et d'accorder des circonscriptions à des personnes exprimant, selon la formule d'Alain Marleix, « la diversité française ». Il y aura en juin prochain 160 femmes candidates et 250 femmes suppléantes. Leur pourcentage passe de 19 % en 2002 à 30 % l'an prochain, alors que la loi sur la parité impose 50 %. Actuellement, l'UMP paye 4,5 millions d'euros de pénalités pour non-conformité à la loi. Douze candidats UMP sont issus des « minorités visibles » dont Salem Kacet, vice-président de la faculté de médecine de Lille, dans la 7e du Nord, Jeannette Bougrab, maître de conférences à la Sorbonne, dans la 18e circonscription de Paris, ou encore Jean-Claude Beaujour dans la 6e de Paris.

 

Retrouvez toute l'actualité de l'élection présidentielle en cliquant ici

Les législatives : l'UMP a fait ses choix,

Par paris côte d'azur, mardi 26 décembre 2006 à 14:19 :: Les paradoxales. :: #755 :: rss

des nouveaux venus et des laissés pour compte.

Chef de clan, JC Gaudin a bien tenté de faire le ménage et de dépoussiérer les bancs UMP de l'Assemblée nationale.

La plupart des 365 députés sortants resteront en place. Parmi ceux qu'on ne reverra plus ( ils sont trente), des noms connus restent sur le carreau. Édouard Balladur, Alain Madelin, Jean de Gaulle, Robert Pandraud, René André, Guy Drut font du nombre. Touchés par la limite d'âge ? On sait pourtant qu'il n'y en a pas et que la politique conserve. Victimes d'affaires dérangeantes ? Si c'était le cas, celui de notre ancien médaillé d'or de passage de haies n'aura pas passé la dernière…Espoir déçu, carrière vue au rabais ? Pour certains, on ne saura jamais les vraies raisons de leur mise à l'écart, tout juste peut-on les deviner….

Parmi les surprises du chef, le retour d'Alain Carrignon, l'homme qui connu de l'intérieur l'état déplorable des prisons françaises. Ce fut le choix des militants et la Commission nationale des investitures se rangea à son avis. Curieusement, ce ne fut pas le même argument qui prévalut pour la circonscription cannoise. Le député sortant, Bernard Brochand, se trouvait en concurrence avec un ancien gendarme, maire de Mandelieu, Henry Leroy. Que croyez-vous qu'il arrivât ? Le député sortant, premier nommé, l'emporta à Paris contre le vote des militants locaux qui, de façon écrasante, avaient donné leur confiance à son opposant…

Autre cas atypique, celui d'Eric Ciotti, ami d'enfance de Christian Estrosi et son chef de cabinet à la présidence du Conseil général des Alpes Maritimes. Il réduisit à néant les espoirs du député sortant, Jérôme Rivière qui ne vit le coup venir.

Les ministres UMP seront quasiment tous au départ, entraînant avec eux deux nouveaux : Philippe Bas et Jean-François Lamour qui a gagné, tout au long de son aventure ministérielle, beaucoup de crédibilité. Courageusement, Dominique Perben se positionne dans la perspective d'un affrontement aux municipales de 2008, avec le sénateur maire PS de Lyon, Gérard Collomb...en se présentant sue la 4ème circonscription du Rhône. On imagine que les RG lui ont communiqué des chiffres rassurants…

En matière de parité hommes-femmes, l'UMP n'a pas réussi à respecter la loi et devra payer une forte amende. Mais le parti amené par Nicolas Sarkozy ne fait pas de complexe vis à vis du PS. Secrétaire national aux élections, Alain Marleix, dénonce un astucieux tour de passe-passe. D'après lui, la parité parfaite n'est que de surface. Lors des négociations avec ses partenaires, le PS a tendance à leur laisser des circonscriptions attribuées primitivement à des femmes…sacrifiées en l'occurrence sur le bûcher du principe de réalité…

 - mention : www.pariscotedazur.fr - décembre 2006 -
- info@pariscotedazur.fr -

 

Publicité

Publié dans Politique Politicienne

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article