Genèse de la science (politique) fiction
Il y eut l’indépassable Orson Welles, qui, le lundi 30 octobre 1938, en adaptant pour la radio la Guerre des mondes de son quasi homonyme H.G. Wells, fit croire à une bonne partie des six millions d’auditeurs de CBS que les Martiens envahissaient la Terre. Panique générale à New York, et entrée fracassante dans le siècle d’un talent hors du commun, qui allait produire deux ans plus tard, à vingt-six ans, son chef-d’oeuvre, Citizen Kane. À l’époque, Howard Hawks, ancien officier de l’armée de l’air, fait déjà figure de cinéaste reconnu, avec à son actif Scarface (1932), l’Impossible Monsieur Bébé (1938) ou encore la Dame du vendredi (1940). C’est lui qui décide, au plus fort de la guerre froide, de porter à l’écran la nouvelle de science-fiction la Bête d’un autre monde de John W. Campbell JR. Une expédition scientifique américaine, basée au pôle Nord, découvre un OVNI avec à son bord un passager... congelé, qui reviendra bientôt à la vie. L’altérité est alors un thème en vogue à Hollywood, qui nourrit sans vergogne la paranoïa ambiante. Et ce même si certains en profitent au contraire pour instiller une critique de la course aux armements (le Jour où la Terre s’arrêta). Film fondateur de tout un genre cinématographique, dont la série des Alien (premier opus en 1979) constitue la réalisation la plus connue, la Chose d’un autre monde fut ensuite revisité par John Carpenter en 1982 (The Thing).
n