Aider l¹économie palestinienne pour combattre le terrorisme

Publié le par david castel

Aux dernières nouvelles, Ofir Pines-Paz, ministre (travailliste) de la culture et des sciences, a démissionné de son poste à la suite de l'entrée d'Avigdor Lieberman au gouvernement. Il a annoncé son intention de briguer le poste de président du parti. Nous aurons l'occasion de revenir sur l''affaire Lieberman".  

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[Après un résumé des derniers développements politiques en Palestine, Rubinstein affirme que, dans la lutte de pouvoir actuelle entre Fatah et Hamas, une victoire des modérés palestiniens ne peut être acquise que par une reprise économique, en particulier à Gaza, avec quelques propositions à la clé. Avec l¹aide d¹Israël, car, écrit-il, "s¹il y a un secteur à Gaza qui ne souffre pas de problèmes budgétaires, c¹est bien le terrorisme".]

Ha¹aretz, 30 octobre 2006

Aider l¹économie palestinienne pour combattre le terrorisme
Danny Rubinstein

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Ce week-end, un effort de dernière minute a empêché les heurts entre les forces fidèles à Mahmoud Abbas et celles du Hamas. Heurts auxquels les médias palestiniens avaient préparé l¹opinion en Cisjordanie et à Gaza en parlant de "samedi sanglant". Les dirigeants du Fatah et du Hamas ont compris l¹étendue de la catastrophe que représentait la guerre civile pour leur peuple, et ont fait machine arrière. Mahmoud Abbas, qui avait prévu de prononcer la dissolution du gouvernement Hamas et de déployer ses forces de sécurité à Gaza pour contrer la "force opérationnelle" du Hamas, a remis ces ordres à plus tard.

En ce moment, la politique palestinienne déborde de propositions de compromis et de médiation. La proposition dont tout le monde parle aujourd¹hui comprend les éléments suivants : le leader du Hamas [en exil à Damas] Khaled Mesh¹al se rendra au Caire porteur d¹un accord de principe pour libérer le soldat israélien Gilad Shalit en échange de la libération d¹environ 1.000 prisonnier palestiniens. La libération de Shalit constitue l¹un des points essentiels d¹un accord avec Abbas sur la formation d¹un nouveau gouvernement palestinien.  Des représentants syriens (dont on dit qu¹ils auraient préféré que l¹accord soit signé à Damas) doivent arriver au Caire, ainsi que des médiateurs du Qatar, qui ont préparé un projet de programme politique pour le nouveau gouvernement palestinien. Des observateurs européens seront également présents.

Ce nouveau programme gouvernemental se fonde sur le "document des prisonniers". Il ne contient pas de reconnaissance d¹Israël (qui n¹est jamais mentionnée). Mais il contient une acceptation des accords passés qui "favorisent les intérêts palestiniens".

Le nouveau gouvernement palestinien devrait être composé de technocrates qui représenteraient les diverses factions palestiniennes. Le favori pour le poste de Premier ministre est Mounir al-Masri, homme d¹affaires philanthrope considéré comme le "Rothschild palestinien". La création de ce gouvernement permettrait de lever le boycott diplomatique imposé à l¹Autorité palestinienne et la reprise des transferts de fonds. Le mandat du gouvernement serait limité à un an. A l¹issue de cette période, des élections générales palestiniennes seraient organisées pour les deux instances pour le moment en conflit : la présidence (tenue par Abbas et le Fatah) et le Parlement (contrôlé par le Hamas).

Il est peu probable que cet accord de compromis passe, et même s¹il passe, il est difficile d¹imaginer comment il va être appliqué. La lutte de pouvoir entre le Fatah et le Hamas ne peut être résolue par tel ou tel accord que s¹il s¹accompagne d¹un changement radical de la situation économique et sociale à Gaza, où Israël a un rôle clé à jouer.

Avant tout, le gouvernement israélien doit rendre l¹argent qu¹il doit à l¹Autorité palestinienne, qui se monte à présent à environ un milliard et demi de shekels [environ 270 millions d¹euros]. Cet argent appartient à l¹Autorité palestinienne, et l¹argument selon lequel il financerait le terrorisme est ridicule. S¹il y a un secteur à Gaza qui ne souffre pas de problèmes budgétaires, c¹est bien le terrorisme. L¹argent et l¹aide au terrorisme palestinien viennent de l¹Iran, du Hezbollah, de Syrie de groupes musulmans extrémistes de pays arabes et d¹ailleurs. Et, de manière générale, le problème du terrorisme n¹est pas le manque d¹argent mais de motivation. La véritable infrastructure du terrorisme, ce ne sont pas les cellules terroristes, ni les armes, ni même les incitations à la haine. Ce sont plutôt l¹oisiveté et la frustration, un chômage à 70%, le manque d¹espoir et l¹amertume.

Le gouvernement israélien peut et doit aider l¹économie palestinienne en reprenant les contrats de sous-traitance des usines israéliennes avec Gaza, où la main d¹¦uvre est bon marché, dans des secteurs comme le textile, la chaussure et autres manufactures. Cela doit s¹ajouter à l¹exportation des produits agricoles depuis Gaza, qui offrait des centaines de milliers d¹emplois. Aujourd¹hui, tout est paralysé par le blocage des passages frontaliers, problème auquel une solution peut aussi être trouvée : par exemple, un lien vers l¹Egypte par le terminal de Nitzana. Après tout, là-bas, il n¹y a pas de tunnels qui servent à faire passer des armes.

De plus, il faut faire repartir des projets d¹infrastructure à Gaza concernant le port et l¹utilisation du gaz naturel sur la côte. Davantage de travailleurs palestiniens doivent être autorisés à entrer en Israël, et il faut créer des zones industrielles. Tout cela ne sera pas seulement bon pour Gaza, mais aussi pour Israël, car c¹est le seul moyen de détruire l¹infrastructure terroriste.

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