A six mois des élections, tensions et divergences au sein de l'exécutif

Publié le par david castel

  samedi 28 octobre 2006, 15h38
 
 
Par Frédéric DUMOULIN
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PARIS (AFP) - Conseils des ministres télévisés, réforme de la justice, cigarette bannie des lieux publics: à six mois de l'élection présidentielle, une certaine cacophonie et des divergences sont apparues au sein de l'exécutif.

Fait rarissime, le président Jacques Chirac a publiquement désavoué vendredi, depuis la Chine, son Premier ministre Dominique de Villepin qui, emboîtant le pas à Ségolène Royal, avait plaidé la veille pour des Conseils des ministres télévisés. En sa qualité de "président du Conseil des ministres", M. Chirac a "rappelé" que cette instance était "un lieu et un temps où se prennent des décisions qui peuvent relever notamment de la sécurité nationale ou des intérêts stratégiques de la Nation". "Chacun comprend que cela doit se faire en toute sérénité et surtout hors de toute pression, quelle qu'elle soit", a asséné le président qui ne parle jamais de politique intérieure à l'étranger, à quelques rares exceptions près. Ce désaveu apparaît d'autant plus rude pour Dominique de Villepin qu'à Matignon, on répète à l'envi que le Premier ministre tient toujours le chef de l'Etat au courant de ses initiatives. Mais, jeudi, en se targuant d'avoir été à l'origine d'une "révolution" dans la vie politique française avec ses conférences de presse mensuelles, M. de Villepin avait semblé épingler Jacques Chirac, guère adepte de ce type d'exercices: "il viendra peut-être un jour où ce sera le président de la République qui fera cela systématiquement". Cette dissonance au plus haut sommet de l'Etat intervient alors que le gouvernement a, au risque de déboussoler son électorat, affiché depuis la rentrée de nombreuses divergences -principalement entre M. de Villepin et son rival Nicolas Sarkozy- sur la carte scolaire, les régimes spéciaux de retraite, le service civil, sans oublier le rôle accordé au congrès de l'UMP de janvier (simple "appui financier" au candidat ou "désignation" de ce candidat). Tout dernièrement, la réforme de la justice, présentée mardi en Conseil des ministres, a elle aussi donné lieu à une vraie cacophonie, M. de Villepin contredisant publiquement son ministre de la Justice Pascal Clément pour affirmer que le texte comprendrait bien un volet sur la responsabilité des magistrats. En fait, ce volet sera introduit dans le texte par voie d'amendement. Alors que la gauche s'engouffrait aussitôt dans la brèche, le Premier ministre a tenté de calmer le jeu en rendant hommage mardi, à l'Assemblée nationale, à l'action "courageuse" du garde des Sceaux. Vendredi, trois semaines après l'annonce par Dominique de Villepin de la prochaine interdiction de la cigarette dans tous les lieux publics, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est de nouveau démarqué. En visite en Lozère, il a jugé "curieux" de vouloir "interdire de fumer là où on vend du tabac" en plaidant pour des "adaptations géographiques". "Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures", lui a aussitôt répliqué le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, en martelant que l'interdiction s'appliquerait "partout et pour tous".

 

 
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Publié dans Politique Politicienne

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