Ne le dis à personne
![]() | Genre : Thriller - Durée : 2H05 mn |
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Par jerome (Le 26-10-2006 - 13:34)
C'est visiblement donc de ce roman, que, je le rappelle, je n'ai pas lu, que s'est inspiré Guillaume Canet pour réaliser son second film. Pour ceux qui ne le connaissent encore pas, Guillaume Canet est un peu le nouveau frenchie à la mode un peu partout dans le Monde. Après s'être tapé Diane Kruger, il se paie les droits du bouquin d'Harlan Coben après l'avoir convaincu en personne et rend furieusement jaloux un tas d'autres réalisateurs sur le qui-vive pour s'attaquer au thriller sur grand écran.Guillaume Canet a déjà réalisé « Mon idole », étrange film surprenant et réussi et a joué dans de nombreuses productions françaises : « La fidélité », « Vidocq », « Narco » ou « Un ticket pour l'espace ») et sait se valoriser tant des rôles tragiques que dans d'autres plus léger, voire comique. En outre, il s'est permis de demander le droit de réadapter librement le bouquin pour transférer tout l'aspect policier, le FBI n'existant heureusement pas en France et transposer tout ça à la sauce Navarro avec des personnages atypiques et surprenants. Car l'un des aspects hautement attirant de ce film, c'est son immense galerie de visages connus et fidèles au cinéma français : on retrouve pèle mêle dans des apparitions plus ou moins furtives : André Dussollier en père castrateur, Nathalie Baye en avocate richissime, Jan Rochefort en passionné de courses hippiques, Kristin Scott Thomas en lesbienne amourachée de la sœur du héros et en meilleure amie fidèle, François Berléand en flic toqué, mais aussi Philippe Lefebvre, Jean Pierre Lorit ou Samir Guesmi. Nommons aussi le réalisateur qui s'est ici octroyé un rôle de jockey pédophile qu'il ne se voyait pas attribuer à un de ses amis et que les brèves apparitions contribuent à renforcer sa notoriété de réalisateur. Mais les véritables figures emblématiques du film sont François Cluzet et Marie-Josée Croze. François Cluzet est un acteur entier : fils de Souchon dans « L'été meurtrier », son premier grand rôle, il enchaîne les chefs d'œuvre et se paiera même le culot de travailler avec deux grands américains ! Altman et Kasdan. Marie Josée Croze elle, peut se vanter d'être la seule actrice à avoir été filmée nue par Steven Spielberg. Dans « Munich », elle joue une espionne redoutable et troublante. Mais elle s'illustre dans des rôles aussi tourmentés que complexes : « Les invasions Barbares », ou encore « Maëlstrom ». « Ne le dis à personne », ne rien dire à personne, c'est un peu le sentiment que j'ai eu en sortant de la projection. Evidemment, la présence de Guillaume Canet, de Marie-Josée Croze et de Gilles Lellouche sur le plateau de mon UGC préféré n'a fait que rajouter de l'entrain à ce que je venais de voir sur le grand écran. 2 heures et cinq minutes de thriller haletant, de scènes poignantes, de courses poursuites, d'enquêtes oscillantes entre du Columbo toqué et du Hitchcock de ses meilleures heures. Du pur bonheur. Mais lorsque j'eus immédiatement l'envie de rédiger un avis sur le film, je me suis dit, comment donner envie à mes amis ciaonautes d'aller voir ce film sans en divulguer le moindre secret. Car ce film est un de ces labyrinthes qui vous entraîne dans les méandres de l'incompréhension. Ce genre de film dont on croit que tout est fini au bout d'une heure et demie mais dont le scénario est tellement ficelé qu'il se reproduit encore quelques rebondissements par-dessus histoire de vous faire encore plus stressé. Filmé à l'américaine, mais transposé à la franchouillarde, je peux dire que je m'en suis pris plein la gueule devant cette intrigue ficelée à souhait pour le grand écran. Alors comment résumer sans rien trahir du film. Je vais malheureusement devoir être bref (ne vous réjouissez pas trop vite, je ne serai bref que dans le pitch, je compte vous asperger de ma critique par la suite. Alexandre et Margot Beck sont un couple heureux. Le bonheur qu'ils dégagent, ils le vivent depuis leur plus tendre enfance. Déjà à l'époque, ils se rendaient au bord de ce lac et romantiquement, après avoir plongé main dans la main dans les eaux glaciales, ils finissaient de sceller leur union en gravant sur un tronc d'arbre les années d'amour qu'ils avaient déjà vécu. Mais ce soir, là, c'était sans compter sur l'intervention d'un serial killer qui assassine Margot et qui tente de noyer après l'avoir frappé, Alexandre qui se retrouve sain et sauf, sauvé du lac par on ne sait qui et on ne sait comment. Totalement anéanti, Alexandre, huit ans plus tard a retrouvé la sérénité mais n cesse de ressasser le souvenir de son amour perdu. Pédiatre dans un hôpital, il s'investit corps et âmes ans son métier et trouve l'amitié et le partage dans la relation qu'il entretient avec sa chienne et avec sa sœur Anne, lesbienne amourachée de l'insatiable Hélène, qui est aussi la meilleure amie d'Alexandre. La veille de l'anniversaire de la disparition de Margot, Alexandre reçoit au travail un étrange email. Il clique une vidéo qui se télécharge. Il aperçoit alors au sortir d'une bouche de métro, filmée par une caméra rurale, le visage de Margot. Dès lors Alexandre est persuadé que sa femme est en vie et va tout mettre en œuvre pour enquêter sur la disparition de celle-ci. En fuite, car accusé du meurtre de la meilleure amie de Margot et de nouveau suspect de meurtre de sa femme, Alexandre va devoir mener l'enquête tout en flirtant avec la police et le toqué commissaire Levkowitch. Il rencontrera des personnages qui vont l'aider dans sa quête mais d'autres qui vont l'empêcher de la mener à bien. C'est un film bouleversant d'authenticité et je meure bien évidemment d'envie de vous révéler la fin, ce que je ne ferais évidemment pas. L'innocent traqué, cher à l'œuvre d'Alfred Hitchcock , prend ici toute sa valeur. On craint pour Alexandre à chaque instant, envieux de l'aider à remettre la main sur son amour perdu on ne sait où ! Un des aspects réussis de l'œuvre est la multiplicité des personnages. Des figures fortes. Nathalie Baye par exemple dans le rôle de l'avocate ou Jean Rochefort dont quelques phrases suffisent à faire ressortir le charisme d'un rôle taillé sur mesure. Guillaume Canet ira même, révélation, faire jouer son propre père, réalisant là le plus vieux rêve du patriarche, une petite apparition remarquée puisqu'elle se produit à un moment clef du film, dans l'écurie. Un autre aspect plus que réussi, est la bande originale, composée par M actuellement (autre révélation) en train de travailler sur le nouveau CD de Vanessa Paradis). Guillaume Canet voulait une musique légère, spontanée, pas quelque chose de pesant comme on peut parfois rencontrer dans des thrillers haletants. L'histoire d'amour est ici mise à l'honneur contrairement à ce qui se passe dans le roman (parait-il). Mathieu Chédid accepte donc de composer la musique. Le musicien, déjà habitué au septième art puisqu'il avait composé la bande originale des « Triplettes de Belleville » s'est immédiatement mis au travail. Il a ensuite « vibré sur les séquences de manière instinctive, en impro totale ». La particularité de la BO c'est qu'elle a été composée au fur et à mesure que M regardait le film, s'inspirant par là de chaque rebondissements, de chaque face à face. C'est une véritable réussite. On est imprégné du son comme de l'envie d'aider les personnages dans leurs quêtes impossibles et infernales. C'est un vrai film d'action, un fil éprouvant, on souffle avec les acteurs, on veut le dénouement. C'est éprouvant aussi pour les nerfs qui sont mis à rude épreuve pendant deux heures. Pour dire, je n'ai presque pas mangé de M&M'S tant j'étais happé par l'ambiance magistralement filmée et les scènes à couper le souffle (une des scènes particulièrement réussie est celle où Alexandre doit traverser le périphérique pour échapper à la police qui le traque.). Il a fallu parait il des dizaines d'autorisation pour tourner la scène, et le carambolage finale pour lequel le periph a dû être fermé est une des splendeurs de ce film. Et enfin, que dire de cette histoire d'amour, cette passion qui unit les deux personnages. Cette quête inconsidérée de ces deux êtres prêts à tout pour être réunis. Ces images nocturnes où ils scellent leur amour d'enfance n'est pas (même si Guillaume Canet s'en défend) sans rappeler « Jeux d'enfants » dans lequel il a d'ailleurs joué. Alexandre et Margot vont-ils pouvoir de nouveau sceller leur amour ? Mais finalement, qui est en vie ? | ||||||||||||||||||||||
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