Le Hamas a un gouvernement. Et maintenant?
[cet article, qui s¹appuie sur un sondage récent, reflète très probablement
l¹état d¹esprit de la "rue palestinienne", qui soutient plutôt son nouveau
gouvernement et qui a aujourd¹hui en tête d¹autres priorités que celles qui
plairaient à Israël et à la communauté internationale. Remarquons, une fois
de plus, le parallélisme qui existe entre les deux sociétés, israélienne et
palestinienne : même scepticisme et même méfiance vis-à-vis de l¹autre côté,
même envie de "s¹occuper de ses affaires" sans tenir compte du voisin, même
recherche du consensus national]
http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=10&categ_id=5&article_id=
23098
The Daily Star, 21 mars 2006
Le Hamas a un gouvernement. Et maintenant?
par Daoud Kuttab (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Alors qu¹il vient à peine de former un gouvernement, le Hamas semble
préférer s¹en tenir aux versets de l¹Ecclésiaste plutôt que de répondre aux
désirs du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations Unies)
chargé de combler le fossé qui divise Palestiniens et Israéliens. "Il y a un
temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux", cela convient à
l¹ordre du jour actuel du Hamas, car ses priorités et sa perception du temps
sont différentes de celles de la communauté internationale qui le presse de
faire immédiatement un certain nombre de déclarations publiques, la plus
importante étant la reconnaissance du droit d¹Israël à exister.
Le Hamas a conscience des obligations politiques qu¹il doit remplir afin
d¹être pleinement accepté par la communauté internationale, mais ses
dirigeants préfèrent attendre d¹exercer complètement le pouvoir avant
d¹explorer ces questions. En outre, le Hamas, comme la plupart des
Palestiniens, est en train de réfléchir au meilleur chemin pour avancer dans
le processus de paix. A ses yeux, le processus actuel a produit des années
d¹inaction dans les négociations, et a permis que se poursuivent
l¹occupation et le vol de terres palestiniennes.
Par exemple, les dirigeants du Hamas font remarquer que tout au long de
l¹année qui vient de s¹écouler, alors que le modéré Mahmoud Abbas était
président, les Israéliens n¹ont même pas daigné négocier avec lui. Ainsi, de
leur point de vue, Israël ne va pas se précipiter pour négocier avec une
quelconque autorité palestinienne, qu¹elle reconnaisse son droit à
l¹existence ou non.
Les dirigeants nouvellement élus du Hamas se soucient plutôt de questions
essentielles comme la préservation de la cohésion entre Palestiniens, la fin
du chaos, l¹état de droit, la lutte contre la corruption et la réforme de la
gouvernance palestinienne. La plupart des Palestiniens sont en parfait
accord avec ces priorités.
De fait, le dernier sondage d¹opinion montre que 73% des Palestiniens se
sentent autant ou même davantage en sécurité aujourd¹hui qu¹avant les
élections. Sur un échantillon de 709 personnes, 30% ont dit qu¹elles
espéraient que le nouveau gouvernement du Hamas s¹attaquerait à la
corruption. 22% espèrent qu¹Ismaïl Hanniyeh, le nouveau Premier ministre,
mettra fin au chaos qui règne dans les villes palestiniennes et apportera la
sécurité intérieure et l¹état de droit. Près de 20% ont exprimé l¹espoir que
le problème du chômage serait traité. Ironie de la chose : alors que la
majorité des Palestiniens a porté au pouvoir un mouvement religieux, seules
1% des personnes interrogées ont dit que la priorité du Hamas devait être
l¹application de la loi musulmane en Palestine.
Alors que le sondage montre qu¹une écrasante majorité de Palestiniens (73%)
est toujours en faveur d¹un traité de paix avec Israël, les mêmes
Palestiniens ne voient nullement un quelconque accord à l¹horizon. Pour 11%
des personnes interrogées, c¹est la question des prisonniers qui doit
constituer la première des priorités pour le nouveau gouvernement, soit
presque le double de ceux pour qui c¹est la question d¹un accord de paix
avec Israël qui devrait intéresser en priorité le gouvernement. Plus de
8.000 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont beaucoup
sans inculpation précise ni procès. Néanmoins, 62% pensent que le Hamas doit
modifier sa position concernant la reconnaissance d¹Israël.
Pour une superpuissance, mondiale comme les Etats-Unis, ou régionale comme
Israël, il est difficile de comprendre qu¹un groupe ou un peuple ose avoir
des priorités différentes des leurs. Mais les Palestiniens ont montré au
cours des années qu¹ils sont un peuple fier qui ne pliera pas pour la simple
raison que l¹autre côté est plus fort, militairement ou politiquement.
De toute façon, on ne peut pas blâmer le Hamas de se servir de la promotion
de la démocratie par l¹Amérique pour chercher à atteindre ses propres
objectifs. Après tout, qui veut être réélu doit répondre en priorité aux
besoins de son propre peuple et pas nécessairement aux exigences de la
communauté internationale. Ce n¹est que lorsque les représentants élus
traitent les problèmes quotidiens auxquels leur peuple fait face qu¹ils
peuvent commencer à aborder les négociations sur le plan extérieur.
Ce qui est clair, c¹est que le Hamas et les Palestiniens veulent la fin de
cette occupation israélienne vieille de 38 ans, et que vendre aux
Palestiniens les mêmes plans que ceux qui ont été vendus à l¹OLP ne marchera
pas. Si Israël et la communauté internationale sont sincères et sérieux dans
leur intention d¹en finir avec l¹occupation, le Hamas coopérera.
Le Hamas doit montrer de la souplesse face aux demandes légitimes de la
communauté internationale, mais celle-ci se doit de présenter une feuille de
route efficace qui mène à la paix. Une fois les Palestiniens convaincus
qu¹il existe une chance véritable de parvenir à la paix et à l¹indépendance,
ils feront pression sur le Hamas pour agir, et sinon, ils éliront un autre
parti pour le faire.
Clairement, la communauté internationale a manqué de la volonté politique
nécessaire pour faire pression sur Israël afin que celui-ci change. Pour le
moment, et tant que cette volonté n¹est pas démontrée, le monde doit laisser
au Hamas le temps de s¹occuper des besoins quotidiens des Palestiniens.
Lorsque se profilera la possibilité de négociations sérieuses, un Hamas qui
aura amélioré la vie des citoyens palestiniens ordinaires sera en position
de mener les négociations nécessaires pour parvenir à un compromis
historique.
(1) Daoud Kuttab : journaliste palestinien, directeur de l¹Institute for
Modern Media à l¹université Al-Qods de Ramallah.
NB : article transmis par Balanced Middle East News MidEastweb
http://www.mideastweb.org, dont nous saluons une fois de plus l'excellent
travail de collecte d'articles.
l¹état d¹esprit de la "rue palestinienne", qui soutient plutôt son nouveau
gouvernement et qui a aujourd¹hui en tête d¹autres priorités que celles qui
plairaient à Israël et à la communauté internationale. Remarquons, une fois
de plus, le parallélisme qui existe entre les deux sociétés, israélienne et
palestinienne : même scepticisme et même méfiance vis-à-vis de l¹autre côté,
même envie de "s¹occuper de ses affaires" sans tenir compte du voisin, même
recherche du consensus national]
http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_id=10&categ_id=5&article_id=
23098
The Daily Star, 21 mars 2006
Le Hamas a un gouvernement. Et maintenant?
par Daoud Kuttab (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Alors qu¹il vient à peine de former un gouvernement, le Hamas semble
préférer s¹en tenir aux versets de l¹Ecclésiaste plutôt que de répondre aux
désirs du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations Unies)
chargé de combler le fossé qui divise Palestiniens et Israéliens. "Il y a un
temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux", cela convient à
l¹ordre du jour actuel du Hamas, car ses priorités et sa perception du temps
sont différentes de celles de la communauté internationale qui le presse de
faire immédiatement un certain nombre de déclarations publiques, la plus
importante étant la reconnaissance du droit d¹Israël à exister.
Le Hamas a conscience des obligations politiques qu¹il doit remplir afin
d¹être pleinement accepté par la communauté internationale, mais ses
dirigeants préfèrent attendre d¹exercer complètement le pouvoir avant
d¹explorer ces questions. En outre, le Hamas, comme la plupart des
Palestiniens, est en train de réfléchir au meilleur chemin pour avancer dans
le processus de paix. A ses yeux, le processus actuel a produit des années
d¹inaction dans les négociations, et a permis que se poursuivent
l¹occupation et le vol de terres palestiniennes.
Par exemple, les dirigeants du Hamas font remarquer que tout au long de
l¹année qui vient de s¹écouler, alors que le modéré Mahmoud Abbas était
président, les Israéliens n¹ont même pas daigné négocier avec lui. Ainsi, de
leur point de vue, Israël ne va pas se précipiter pour négocier avec une
quelconque autorité palestinienne, qu¹elle reconnaisse son droit à
l¹existence ou non.
Les dirigeants nouvellement élus du Hamas se soucient plutôt de questions
essentielles comme la préservation de la cohésion entre Palestiniens, la fin
du chaos, l¹état de droit, la lutte contre la corruption et la réforme de la
gouvernance palestinienne. La plupart des Palestiniens sont en parfait
accord avec ces priorités.
De fait, le dernier sondage d¹opinion montre que 73% des Palestiniens se
sentent autant ou même davantage en sécurité aujourd¹hui qu¹avant les
élections. Sur un échantillon de 709 personnes, 30% ont dit qu¹elles
espéraient que le nouveau gouvernement du Hamas s¹attaquerait à la
corruption. 22% espèrent qu¹Ismaïl Hanniyeh, le nouveau Premier ministre,
mettra fin au chaos qui règne dans les villes palestiniennes et apportera la
sécurité intérieure et l¹état de droit. Près de 20% ont exprimé l¹espoir que
le problème du chômage serait traité. Ironie de la chose : alors que la
majorité des Palestiniens a porté au pouvoir un mouvement religieux, seules
1% des personnes interrogées ont dit que la priorité du Hamas devait être
l¹application de la loi musulmane en Palestine.
Alors que le sondage montre qu¹une écrasante majorité de Palestiniens (73%)
est toujours en faveur d¹un traité de paix avec Israël, les mêmes
Palestiniens ne voient nullement un quelconque accord à l¹horizon. Pour 11%
des personnes interrogées, c¹est la question des prisonniers qui doit
constituer la première des priorités pour le nouveau gouvernement, soit
presque le double de ceux pour qui c¹est la question d¹un accord de paix
avec Israël qui devrait intéresser en priorité le gouvernement. Plus de
8.000 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont beaucoup
sans inculpation précise ni procès. Néanmoins, 62% pensent que le Hamas doit
modifier sa position concernant la reconnaissance d¹Israël.
Pour une superpuissance, mondiale comme les Etats-Unis, ou régionale comme
Israël, il est difficile de comprendre qu¹un groupe ou un peuple ose avoir
des priorités différentes des leurs. Mais les Palestiniens ont montré au
cours des années qu¹ils sont un peuple fier qui ne pliera pas pour la simple
raison que l¹autre côté est plus fort, militairement ou politiquement.
De toute façon, on ne peut pas blâmer le Hamas de se servir de la promotion
de la démocratie par l¹Amérique pour chercher à atteindre ses propres
objectifs. Après tout, qui veut être réélu doit répondre en priorité aux
besoins de son propre peuple et pas nécessairement aux exigences de la
communauté internationale. Ce n¹est que lorsque les représentants élus
traitent les problèmes quotidiens auxquels leur peuple fait face qu¹ils
peuvent commencer à aborder les négociations sur le plan extérieur.
Ce qui est clair, c¹est que le Hamas et les Palestiniens veulent la fin de
cette occupation israélienne vieille de 38 ans, et que vendre aux
Palestiniens les mêmes plans que ceux qui ont été vendus à l¹OLP ne marchera
pas. Si Israël et la communauté internationale sont sincères et sérieux dans
leur intention d¹en finir avec l¹occupation, le Hamas coopérera.
Le Hamas doit montrer de la souplesse face aux demandes légitimes de la
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qu¹il existe une chance véritable de parvenir à la paix et à l¹indépendance,
ils feront pression sur le Hamas pour agir, et sinon, ils éliront un autre
parti pour le faire.
Clairement, la communauté internationale a manqué de la volonté politique
nécessaire pour faire pression sur Israël afin que celui-ci change. Pour le
moment, et tant que cette volonté n¹est pas démontrée, le monde doit laisser
au Hamas le temps de s¹occuper des besoins quotidiens des Palestiniens.
Lorsque se profilera la possibilité de négociations sérieuses, un Hamas qui
aura amélioré la vie des citoyens palestiniens ordinaires sera en position
de mener les négociations nécessaires pour parvenir à un compromis
historique.
(1) Daoud Kuttab : journaliste palestinien, directeur de l¹Institute for
Modern Media à l¹université Al-Qods de Ramallah.
NB : article transmis par Balanced Middle East News MidEastweb
http://www.mideastweb.org, dont nous saluons une fois de plus l'excellent
travail de collecte d'articles.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
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publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
Les élections en Israël auront lieu le mardi 28 mars. Vendredi prochain (24
mars), pour les 97èmes "Chroniques pour la Paix", Claudine Korall recevra
Marc Lefèvre, porte-parole de La Paix Maintenant. Ensemble, ils aborderont
ces élections sous l'angle : "Les Israéliens sont-ils en train de changer?"
A écouter sur Judaïques FM (94.8) à 10h 15 (sur Internet :
www.judaiquesfm.com )
Rappel : nos Chroniques pour la Paix sont diffusées tous les 15 jours, les
vendredis des semaines paires, à 10h 15.
________________________________________________________________
Quelques nouvelles du cyberespace :
- Notre newsletter compte à ce jour 4.097 abonnés.
- L¹appel du collectif " Deux Peuples Deux Etats " (dont La Paix Maintenant
est membre fondateur) a recueilli à ce jour 7.137 signatures. Ceux qui ne
l¹ont pas fait peuvent toujours le signer à :
http://www.2peuples2etats.org/petition.php3
Merci à tous ceux, auteurs de blogs, responsables de sites web ou
intervenants sur les divers forums du web, qui donnent des liens vers notre
site. Cela contribue à nous faire connaître et à faire avancer notre cause.
______________________________________________________________
A Genève, du 5 au 9 avril, aura lieu une manifestation passionnante :
LE MANIFESTE A LA COMEDIE DE GENEVE : VERS UN ART DE LA PAIX ?
Breaking the silence : une exposition de photos prises par des soldats
israéliens qui témoignent . L'exposition est montrée pour la première fois
hors d'Israel.
Yehuda Saul et Avichai Sharon: Deux soldats israéliens seront présents les 5
jours pour pésenter leur travail et l'exposition.
Miki Kratsman : photographe du journal Haaretz (voir notre article "Où Miki
Kratsman retrouve Youssef Salah Haji"
http://www.lapaixmaintenant.org/article1090 )
Parents israéliens et palestiniens endeuillés par la violence du conflit se
retrouvent dans une association commune: le Cercle des Parents endeuillés.
Deux femmes : Shireen Essawi et Tal Kfir témoignent.
Débats avec : Naomi Chazan: ex Vice-Présidente de la Knesset (Meretz et
Shalom Arshav), Leila Shahid: Déléguée Génerale de la Palestine auprès de
l'UE, Elias Sanbar: écrivain et historien palestinien, David Grossman:
écrivain israélien.
Rencontre avec 4 dessinateurs de presse : Plantu - Chappatte - Khalil Abu
Arafeh Kichka
Voir le détail du programme : http://www.manifeste.ch/programme.htm
_________________________________________________________
Une fois n¹est pas coutumeS Une de nos abonnées, Véronique Massenot, auteure
de livres pour enfants et en particulier de "Soliman le Pacifique (journal
d¹un enfant dans l¹Intifada)", a un très joli blog. Lors d¹une rencontre
avec des élèves, consacrée à Proust, elle est "sommée" par les enfants de
répondre au questionnaire de Proust. Elle raconte :
À la question "Quel est votre héros dans la vie réelle ?" j'ai un peu
hésité, cherché dans le passé... Puis, tout à coup, j'ai pensé à un homme
dont je venais tout juste de découvrir l'existence, grâce à l'association
Shalom Arshav (La Paix Maintenant). Cet homme s'appelle Itzhak Frankenthal.
Il est israélien, juif orthodoxe et en 1994, il a perdu son fils Arik,
assassiné par des militants du Hamas. Face à ce drame personnel, inscrit
dans un drame évidemment bien plus grand, cet homme a réagi d'une manière
extraordinaire : "Je n¹ai pas voulu devenir un autre de ces parents
endeuillés qui ont perdu un enfant et qui soutiennent cette même politique
qui a causé sa mort. Je n¹ai pas voulu cela."
Pour lire la suite : http://correspondances.hautetfort.com
mars), pour les 97èmes "Chroniques pour la Paix", Claudine Korall recevra
Marc Lefèvre, porte-parole de La Paix Maintenant. Ensemble, ils aborderont
ces élections sous l'angle : "Les Israéliens sont-ils en train de changer?"
A écouter sur Judaïques FM (94.8) à 10h 15 (sur Internet :
www.judaiquesfm.com )
Rappel : nos Chroniques pour la Paix sont diffusées tous les 15 jours, les
vendredis des semaines paires, à 10h 15.
________________________________________________________________
Quelques nouvelles du cyberespace :
- Notre newsletter compte à ce jour 4.097 abonnés.
- L¹appel du collectif " Deux Peuples Deux Etats " (dont La Paix Maintenant
est membre fondateur) a recueilli à ce jour 7.137 signatures. Ceux qui ne
l¹ont pas fait peuvent toujours le signer à :
http://www.2peuples2etats.org/petition.php3
Merci à tous ceux, auteurs de blogs, responsables de sites web ou
intervenants sur les divers forums du web, qui donnent des liens vers notre
site. Cela contribue à nous faire connaître et à faire avancer notre cause.
______________________________________________________________
A Genève, du 5 au 9 avril, aura lieu une manifestation passionnante :
LE MANIFESTE A LA COMEDIE DE GENEVE : VERS UN ART DE LA PAIX ?
Breaking the silence : une exposition de photos prises par des soldats
israéliens qui témoignent . L'exposition est montrée pour la première fois
hors d'Israel.
Yehuda Saul et Avichai Sharon: Deux soldats israéliens seront présents les 5
jours pour pésenter leur travail et l'exposition.
Miki Kratsman : photographe du journal Haaretz (voir notre article "Où Miki
Kratsman retrouve Youssef Salah Haji"
http://www.lapaixmaintenant.org/article1090 )
Parents israéliens et palestiniens endeuillés par la violence du conflit se
retrouvent dans une association commune: le Cercle des Parents endeuillés.
Deux femmes : Shireen Essawi et Tal Kfir témoignent.
Débats avec : Naomi Chazan: ex Vice-Présidente de la Knesset (Meretz et
Shalom Arshav), Leila Shahid: Déléguée Génerale de la Palestine auprès de
l'UE, Elias Sanbar: écrivain et historien palestinien, David Grossman:
écrivain israélien.
Rencontre avec 4 dessinateurs de presse : Plantu - Chappatte - Khalil Abu
Arafeh Kichka
Voir le détail du programme : http://www.manifeste.ch/programme.htm
_________________________________________________________
Une fois n¹est pas coutumeS Une de nos abonnées, Véronique Massenot, auteure
de livres pour enfants et en particulier de "Soliman le Pacifique (journal
d¹un enfant dans l¹Intifada)", a un très joli blog. Lors d¹une rencontre
avec des élèves, consacrée à Proust, elle est "sommée" par les enfants de
répondre au questionnaire de Proust. Elle raconte :
À la question "Quel est votre héros dans la vie réelle ?" j'ai un peu
hésité, cherché dans le passé... Puis, tout à coup, j'ai pensé à un homme
dont je venais tout juste de découvrir l'existence, grâce à l'association
Shalom Arshav (La Paix Maintenant). Cet homme s'appelle Itzhak Frankenthal.
Il est israélien, juif orthodoxe et en 1994, il a perdu son fils Arik,
assassiné par des militants du Hamas. Face à ce drame personnel, inscrit
dans un drame évidemment bien plus grand, cet homme a réagi d'une manière
extraordinaire : "Je n¹ai pas voulu devenir un autre de ces parents
endeuillés qui ont perdu un enfant et qui soutiennent cette même politique
qui a causé sa mort. Je n¹ai pas voulu cela."
Pour lire la suite : http://correspondances.hautetfort.com
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
[le choix qu¹auront à faire les Israéliens : soit garder les yeux ouverts
avec le Meretz et reprendre le dialogue avec les Palestiniens, "partenaires
naturels", soit s¹enterrer dans une "mentalité de bunker", avec le Likoud ou
Kadima. Malheureusement, il est plus que probable que le Meretz n'aura que
très peu de sièges]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3229453,00.html
Yediot Aharonot, 19 mars 2006
par Amos Oz (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Quelle est la différence entre Ehoud Olmert et Benjamin Netanyahou ? Tous
les deux prétendent qu¹il n¹y a pas de partenaire à qui parler du côté
palestinien, et tous les deux sont de solides partisans des mesures
unilatérales imposées par Israël aux Palestiniens.
Olmert dit qu¹Israël doit fixer lui-même ses frontières, sans que le monde
extérieur n¹interfère. Netanyahou dit qu¹Israël doit continuer l¹occupation
et l¹agression partout dans les territoires, sans que le monde extérieur
n¹interfère.
Rechercher les modérés
Le parti Meretz nous offre une autre option : tenter de renforcer les
éléments modérés au sein des Palestiniens, ceux qui sont regroupés autour du
Président, négocier avec eux et signer avec eux des accords.
Un tel accord, dit le Meretz, modifierait fondamentalement l¹équilibre des
forces du côté palestinien et ferait pencher la balance en faveur des
modérés. Si Sharon, au lieu de s¹être retiré unilatéralement de Gaza, avait
effectué le même retrait dans le cadre d¹un accord avec Mahmoud Abbas,
celui-ci aurait gagné une immense popularité dans la rue palestinienne et la
victoire du Hamas aux élections aurait été évitée.
Aujourd¹hui aussi, nous ferions bien de garder à l¹esprit que seuls 41% des
Palestiniens ont voté pour le Hamas. Si le Hamas a la majorité au parlement,
ce n¹est qu¹à cause d¹un système électoral déformant.
Au lieu d¹humilier sans cesse Mahmoud Abbas et d¹autres Palestiniens
modérés, Israël ferait mieux d¹annoncer qu¹il ne reconnaît que la fonction
présidentielle de l¹Autorité palestinienne (Abbas a été élu avec 62% des
voix), et qu¹il ne reconnaît pas le gouvernement Hamas.
Même si ces négociations avec le cabinet du Président ne devaient produire
qu¹un projet d¹accord, il signifierait une percée par une "route de
contournement" qui éviterait le Hamas et pourrait conduire le camp modéré
palestinien à la victoire. Dans cette perspective, la proposition du Meretz
est la seule réponse possible au "il n¹y a personne à qui parler" d¹Olmert
et de Netanyahou.
Les autres options
Israël dispose d¹une autre voie pour contourner le Hamas : négocier avec les
Etats arabes pour parvenir à une solution globale de tous les éléments du
conflit, sur la base de la proposition de la Ligue arabe de 2003 (dite
"initiative saoudienne").
Cette proposition prévoit qu¹Israël jouirait d¹une reconnaissance
diplomatique pleine et entière, de traités de paix et de liens économiques
avec le monde arabe tout entier en échange d¹un retrait sur les frontières
de 1967 et d¹une solution pour les réfugiés de 1948 qui soit acceptable pour
les deux côtés.
Nul ne s¹attend à ce qu¹Israël signe un pareil accord. Mais nous ferions
bien, avant de nous enterrer dans la position du "il n¹y a personne à qui
parler", d¹entamer des négociations avec les Etats arabes sur la base de
cette proposition.
Nous devons nous rappeler que les Etats arabes ont, eux aussi, beaucoup à
craindre de la victoire du Hamas, et qu¹ils ont de bonnes raisons de
rechercher, comme nous, un chemin qui mène vers la paix, ce qui ferait
rentrer le génie du Hamas dans sa bouteille.
Si Israël se montre capable de parvenir à un pareil accord avec le monde
arabe, il est quasiment certain que les Palestiniens l¹approuveraient par
référendum national, sous la pression des Etats arabes.
Un retour en arrière de 30 ans
Olmert et Netanyahou sont prisonniers de l¹expression "il n¹y a personne à
qui parler" et de sa cousine "il n¹y a rien à négocier". Expressions de ceux
qui sont sûrs de leur bon droit. Expressions qui nous ramènent 30 ans en
arrière.
Contrairement à la position humiliante de Netanyahou et d¹Olmert, la
position du Meretz est réaliste : elle exige que nous ouvrions les yeux et
que nous voyions les possibilités de dialogue qui existent avec les
Palestiniens modérés et avec le monde arabe.
La vérité est que ces éléments modérés sont nos partenaires naturels dans le
combat contre l¹extrémisme du Hamas et du Jihad islamique.
Quid du Parti travailliste ? Là aussi, il y a un certain nombre de modérés
qui ont les yeux ouverts sur la réalité. Mais, comme d¹habitude, le Parti
travailliste compte d¹autres membres dont les positions sur le plan
diplomatique sont proches de la mentalité de "bunker" d¹Olmert et de
Netanyahou.
Je préfère donner ma voix au sixième candidat sur la liste du Meretz, qui
d¹ailleurs est une candidate, Tsvia Grinfeld (2), et dont les positions sur
les problèmes qui m¹importent sont claires, plutôt que prendre le risque
d¹élire le n° 18 ou 21 sur la liste travailliste, dont je ne connais pas
bien les positions et dont il est difficile de prévoir comment il se
comportera à l¹occasion de votes cruciaux à la Knesset. (3)
(1) Amos Oz est l¹un des romanciers israéliens contemporains les plus
importants. Il est l¹un des fondateurs du mouvement Shalom Arshav (La Paix
Maintenant)
(2) Nous avions passé un petit papier sur Tsvia Grinfeld :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1238
(3) Le système électoral israélien est un scrutin proportionnel par listes.
Le système palestinien combine deux modes de scrutin : majoritaire
uninominal (à un tour) et proportionnel par listes.
avec le Meretz et reprendre le dialogue avec les Palestiniens, "partenaires
naturels", soit s¹enterrer dans une "mentalité de bunker", avec le Likoud ou
Kadima. Malheureusement, il est plus que probable que le Meretz n'aura que
très peu de sièges]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3229453,00.html
Yediot Aharonot, 19 mars 2006
par Amos Oz (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Quelle est la différence entre Ehoud Olmert et Benjamin Netanyahou ? Tous
les deux prétendent qu¹il n¹y a pas de partenaire à qui parler du côté
palestinien, et tous les deux sont de solides partisans des mesures
unilatérales imposées par Israël aux Palestiniens.
Olmert dit qu¹Israël doit fixer lui-même ses frontières, sans que le monde
extérieur n¹interfère. Netanyahou dit qu¹Israël doit continuer l¹occupation
et l¹agression partout dans les territoires, sans que le monde extérieur
n¹interfère.
Rechercher les modérés
Le parti Meretz nous offre une autre option : tenter de renforcer les
éléments modérés au sein des Palestiniens, ceux qui sont regroupés autour du
Président, négocier avec eux et signer avec eux des accords.
Un tel accord, dit le Meretz, modifierait fondamentalement l¹équilibre des
forces du côté palestinien et ferait pencher la balance en faveur des
modérés. Si Sharon, au lieu de s¹être retiré unilatéralement de Gaza, avait
effectué le même retrait dans le cadre d¹un accord avec Mahmoud Abbas,
celui-ci aurait gagné une immense popularité dans la rue palestinienne et la
victoire du Hamas aux élections aurait été évitée.
Aujourd¹hui aussi, nous ferions bien de garder à l¹esprit que seuls 41% des
Palestiniens ont voté pour le Hamas. Si le Hamas a la majorité au parlement,
ce n¹est qu¹à cause d¹un système électoral déformant.
Au lieu d¹humilier sans cesse Mahmoud Abbas et d¹autres Palestiniens
modérés, Israël ferait mieux d¹annoncer qu¹il ne reconnaît que la fonction
présidentielle de l¹Autorité palestinienne (Abbas a été élu avec 62% des
voix), et qu¹il ne reconnaît pas le gouvernement Hamas.
Même si ces négociations avec le cabinet du Président ne devaient produire
qu¹un projet d¹accord, il signifierait une percée par une "route de
contournement" qui éviterait le Hamas et pourrait conduire le camp modéré
palestinien à la victoire. Dans cette perspective, la proposition du Meretz
est la seule réponse possible au "il n¹y a personne à qui parler" d¹Olmert
et de Netanyahou.
Les autres options
Israël dispose d¹une autre voie pour contourner le Hamas : négocier avec les
Etats arabes pour parvenir à une solution globale de tous les éléments du
conflit, sur la base de la proposition de la Ligue arabe de 2003 (dite
"initiative saoudienne").
Cette proposition prévoit qu¹Israël jouirait d¹une reconnaissance
diplomatique pleine et entière, de traités de paix et de liens économiques
avec le monde arabe tout entier en échange d¹un retrait sur les frontières
de 1967 et d¹une solution pour les réfugiés de 1948 qui soit acceptable pour
les deux côtés.
Nul ne s¹attend à ce qu¹Israël signe un pareil accord. Mais nous ferions
bien, avant de nous enterrer dans la position du "il n¹y a personne à qui
parler", d¹entamer des négociations avec les Etats arabes sur la base de
cette proposition.
Nous devons nous rappeler que les Etats arabes ont, eux aussi, beaucoup à
craindre de la victoire du Hamas, et qu¹ils ont de bonnes raisons de
rechercher, comme nous, un chemin qui mène vers la paix, ce qui ferait
rentrer le génie du Hamas dans sa bouteille.
Si Israël se montre capable de parvenir à un pareil accord avec le monde
arabe, il est quasiment certain que les Palestiniens l¹approuveraient par
référendum national, sous la pression des Etats arabes.
Un retour en arrière de 30 ans
Olmert et Netanyahou sont prisonniers de l¹expression "il n¹y a personne à
qui parler" et de sa cousine "il n¹y a rien à négocier". Expressions de ceux
qui sont sûrs de leur bon droit. Expressions qui nous ramènent 30 ans en
arrière.
Contrairement à la position humiliante de Netanyahou et d¹Olmert, la
position du Meretz est réaliste : elle exige que nous ouvrions les yeux et
que nous voyions les possibilités de dialogue qui existent avec les
Palestiniens modérés et avec le monde arabe.
La vérité est que ces éléments modérés sont nos partenaires naturels dans le
combat contre l¹extrémisme du Hamas et du Jihad islamique.
Quid du Parti travailliste ? Là aussi, il y a un certain nombre de modérés
qui ont les yeux ouverts sur la réalité. Mais, comme d¹habitude, le Parti
travailliste compte d¹autres membres dont les positions sur le plan
diplomatique sont proches de la mentalité de "bunker" d¹Olmert et de
Netanyahou.
Je préfère donner ma voix au sixième candidat sur la liste du Meretz, qui
d¹ailleurs est une candidate, Tsvia Grinfeld (2), et dont les positions sur
les problèmes qui m¹importent sont claires, plutôt que prendre le risque
d¹élire le n° 18 ou 21 sur la liste travailliste, dont je ne connais pas
bien les positions et dont il est difficile de prévoir comment il se
comportera à l¹occasion de votes cruciaux à la Knesset. (3)
(1) Amos Oz est l¹un des romanciers israéliens contemporains les plus
importants. Il est l¹un des fondateurs du mouvement Shalom Arshav (La Paix
Maintenant)
(2) Nous avions passé un petit papier sur Tsvia Grinfeld :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1238
(3) Le système électoral israélien est un scrutin proportionnel par listes.
Le système palestinien combine deux modes de scrutin : majoritaire
uninominal (à un tour) et proportionnel par listes.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
| Associated Press le 19/03/2006 14h35 |
| Séville, ville du sud de l'Espagne dont l'histoire est partagée entre les trois religions monothéistes, accueille dimanche soir et jusqu'à mercredi le 2e Congrès mondial des imams et rabbins pour la paix, forum de dialogue auquel participeront plus de 150 personnalités de l'islam et du judaïsme. Organisé par la fondation Hommes de parole, basée à Paris, dont l'objectif est "d'agir sur les causes des conflits", ce congrès réunit pendant quatre jours des dignitaires et ex perts venus du Proche-Orient, mais aussi d'Europe, d'Asie et des Etats-Unis, à l'heure où l'affaire des caricatures de Mahomet, l'arrivée au pouvoir du Hamas dans les territoires palestiniens et l'isolement croissant de l'Iran agitent le monde. Parmi les participants à ce congrès figurent le grand rabbin d'Israël Yona Metzger et Imad al-Falouji, imam de Gaza. Tous deux devaient s'exprimer dimanche à l'occasion de la soirée d'ouverture. Etaient également attendus André Azoulay, conseiller du roi du Maroc Mohammed VI, Ahmed Taoufiq, ministre marocain des Habous et des affaires religieuses, et de Miguel Angel Moratinos, chef de la diplomatie espagnole. Cette rencontre à huis clos, à laquelle se joindront des chrétiens et des représentants d'autres religions, vise à "favoriser la rencontre et le dialogue entre religieux juifs et musulmans afin de bâtir la confiance nécessaire à l'élaboration de projets communs", précise la fondation Homme de parole. Ces quatre jours de débats devront permettre aux religieux de "contribuer à la résolution des conflits dans de nombreuses régions du monde", à commencer par le Proche-Orient. Il s'agira également de "redonner à ces religieux porteurs de paix la parole prise en otage par les extrémistes qui encouragent la haine et la violence". Pour cela, les participants s'emploieront à "créer des structures et des initiatives de terrain pour poursuivre ce travail au jour le jour, dans les zones les plus concernées". Sous le thème "responsabilité et pouvoir des religieux dans l'éducation et la connaissance", ce Congrès se penchera notamment sur la question de l'influence qu'exercent les religieux auprès des pouvoirs politiques et des populations. En présence d'universitaires et d'étudiants d'écoles coraniques et judaïques, imams et rabbins tenteront aussi de déterminer si la relecture des textes sacrés peut con tribuer à la paix. Salué dans le monde comme "un pas historique dans le dialogue judéo-musulman", le 1er Congrès mondial des imams et des rabbins pour la paix s'était tenu en janvier 2005 à Bruxelles. Selon Homme de parole, cette rencontre de personnalités venues de 23 pays a été accueillie comme "un formidable témoignage de l'évidence d'une paix possible entre les peuples et les cultures". Sur le Net: Fondation Hommes de parole: AP tl/div/cr |
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