Le Hamas dément reconnaître implicitement l'Etat d'Israël
LE MONDE | 05.04.06 | 13h36 • Mis à jour le 05.04.06 | 13h36
JÉRUSALEM CORRESPONDANT
ressé par la communauté internationale de reconnaître Israël sous peine d'un boycottage financier, le Hamas continue à louvoyer entre son credo radical et les impératifs de la diplomatie occidentale. Alors que dans une lettre envoyée au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, le nouveau ministre des affaires étrangères palestinien, Mahmoud Zahar, se dit désireux de vivre en paix, "côte à côte" avec ses voisins, son porte-parole à Gaza a démenti que le texte implique une quelconque reconnaissance de l'Etat d'Israël.La missive, aux formules soigneusement travaillées, a été transmise à Kofi Annan pour protester contre les bombardements israéliens, mardi, de l'héliport de la présidence palestinienne à Gaza. "Nous souhaitons comme tous les Etats du monde vivre en liberté et en sécurité et que notre peuple puisse mener une vie digne, dans la paix et l'indépendance, côte à côte avec nos voisins, dans cette partie sacrée du monde, écrit M. Zahar. Mais les initiatives d'Israël dans les territoires occupés, poursuit-il, vont mettre fin à tous les espoirs de parvenir à un règlement final et pacifique sur la base d'une solution prévoyant deux Etats." Le chef de la diplomatie palestinienne appelle le Quartet, le groupe de contact qui réunit Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies, à nouer "un dialogue sérieux et constructif avec l'Autorité palestinienne et son nouveau gouvernement".
Selon Riad Mansour, le représentant palestinien à l'ONU, cette lettre marque une évolution "importante" dans la pensée du mouvement islamiste, dans la mesure où l'usage du terme "voisins" désigne implicitement Israël. Cette interprétation a cependant été réfutée par le porte-parole de M. Zahar, Taher Nounou. "C'est exact, M. Zahar a bien envoyé une lettre à M. Annan mais il n'a pas reconnu Israël et n'a fait aucune mention du droit d'Israël à l'existence, ni ne l'a suggéré."
Lundi, devant les employés du ministère des affaires étrangères réunis à Ramallah et à Gaza par l'entremise de la vidéoconférence, M. Zahar a tenu un discours beaucoup moins alambiqué. Selon des témoignages convergents, le ministre a fait l'éloge de "la Palestine de la mer au fleuve", c'est-à-dire la Palestine historique, d'avant la création d'Israël, jusqu'au Jourdain, tout en concédant être prêt à accepter, temporairement, la création d'un Etat sur l'ensemble des territoires occupés en 1967. "Il a également dit qu'il ne reconnaissait pas l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) de 1988, c'est-à-dire celle qui a accepté l'existence d'Israël, et qu'il préférait l'OLP de 1964, celle des origines, qui faisait de la lutte armée et de la disparition d'Israël les deux principes de son action", affirme un fonctionnaire, présent à cette réunion houleuse.
En réponse aux diplomates - pour la plupart membres du Fatah - qui s'inquiétaient de l'attitude à adopter face à leurs interlocuteurs étrangers à propos de la conduite à tenir vis-à-vis d'Israël, M. Zahar a finalement conseillé d'esquiver. Il a évoqué l'absence de frontières fixes de l'Etat hébreu. - (Intérim.)
Article paru dans l'édition du 06.04.06
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
Yediot Aharonot, 6 avril 2006
Une lettre a été placée à l'entrée du domicile de Yariv Oppenheimer,
secrétaire général de Shalom Arshav (La Paix Maintenant). Cette lettre
exige que Shalom Arshav cesse son action en justice auprès de la Haute
cour de justice concernant l'évacuation des colonies sauvages de
Cisjordanie.
Jeudi, Oppenheimer a déposé plainte.
Extraits du texte de la lettre anonyme :
"Si nous constatons que tu persévéres dans tes plans malfaisants, nous
n'aurons pas d'autre choix que de t'arrêter par la force. Et si cela ne
marche pas, il y a encore mieux : la vengeance. Alors, écoute bien : tu ne
vas pas saisir la Haute cour concernant toutes le colonies, comme tu en
avais l'intention. Tu vas rester chez toi, comme un gentil garçon, tu
comprends, Yariv? Il serait dommage d'en arriver là. Nous ne souhaitons
pas menacer. Pour l'instant, nous n'allons rien faire. Nous allons te
donner une chance d'expier tes crimes. Sache que sans toi, l'Etat
n'envisagerait même pas d'évacuer ne serait-ce qu'une colonie
sauvage.(...) Tu as le choix entre deux voies, l'une te mènera vers la
satisfaction, l'autre vers l'enfer."
Mercredi dernier, Shalom Arshav avait saisi la Haute cour de justice
concernant six colonies sauvages de Cisjordanie. Il pense pouvoir réussir
comme il avait réussi pour Amona, quand il a obtenu de la Cour qu'elle
ordonne la destruction de logements illégaux dans cette colonie sauvage.
Yariv Oppenheimer a déclaré : "j'espère que la police capturera quiconque
menace l'état de droit, la liberté d'expression et la démocratie."
Une lettre a été placée à l'entrée du domicile de Yariv Oppenheimer,
secrétaire général de Shalom Arshav (La Paix Maintenant). Cette lettre
exige que Shalom Arshav cesse son action en justice auprès de la Haute
cour de justice concernant l'évacuation des colonies sauvages de
Cisjordanie.
Jeudi, Oppenheimer a déposé plainte.
Extraits du texte de la lettre anonyme :
"Si nous constatons que tu persévéres dans tes plans malfaisants, nous
n'aurons pas d'autre choix que de t'arrêter par la force. Et si cela ne
marche pas, il y a encore mieux : la vengeance. Alors, écoute bien : tu ne
vas pas saisir la Haute cour concernant toutes le colonies, comme tu en
avais l'intention. Tu vas rester chez toi, comme un gentil garçon, tu
comprends, Yariv? Il serait dommage d'en arriver là. Nous ne souhaitons
pas menacer. Pour l'instant, nous n'allons rien faire. Nous allons te
donner une chance d'expier tes crimes. Sache que sans toi, l'Etat
n'envisagerait même pas d'évacuer ne serait-ce qu'une colonie
sauvage.(...) Tu as le choix entre deux voies, l'une te mènera vers la
satisfaction, l'autre vers l'enfer."
Mercredi dernier, Shalom Arshav avait saisi la Haute cour de justice
concernant six colonies sauvages de Cisjordanie. Il pense pouvoir réussir
comme il avait réussi pour Amona, quand il a obtenu de la Cour qu'elle
ordonne la destruction de logements illégaux dans cette colonie sauvage.
Yariv Oppenheimer a déclaré : "j'espère que la police capturera quiconque
menace l'état de droit, la liberté d'expression et la démocratie."
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
[après les heurts sanglants de vendredi dernier à Gaza, les choses sont
claires, même si elles ne sont pas dites : le Fatah a engagé le combat
contre le Hamas. Problème : qui soutient aujourd'hui le Fatah dans la rue
palestinienne ?]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/701610.html
Ha'aretz, 3 avril 2006
Le Fatah lutte pour sa survie face au Hamas
par Amnon Regular
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les événements de vendredi dernier dans la bande de Gaza, où trois
Palestiniens ont été tués et plus de 20 blessés, deux jours à peine après
que le gouvernement du Hamas eut prêté serment, ont révélé les forces à
l'oeuvre et les luttes qui les opposent.
Tout en surfant sur la vague de sa victoire électorale, le Hamas est
confronté à un certain nombre de groupes au sein du Fatah, emmenés par les
Forces de Sécurité préventive de Rashid Abou Shbak et Mohammed Dahlan,
ainsi qu'à des troupes dans la bande de Gaza dirigées par Souleiman Abou
Moutlek et Samir Ashrawi, et à d'autres encore. Ces confrontations se sont
cristallisées avec l'assassinat, vendredi après-midi, d'Abou Youssef
Al-Qouqa, l'un des dirigeants des Comités de Résistance Populaire (CRP)
soutenus par le Hamas, victime d'une voiture piégée à Gaza. Les chefs des
CRP, sorte de front pro-Hamas, ont transformé les funérailles - auxquelles
ont assisté le Premier ministre Ismaïl Haniyeh et le nouveau ministre de
l'Intérieur, Saïd Sayem, en une manifestation contre le Fatah et les
Forces de Sécurité préventive. Ils ont accusé ouvertement Abou Shbak,
Dahlan et Masrawi, ainsi que le chef des services de renseignements Tarek
Abou Rajab, d'avoir commandité cet assassinat.
Pour la première fois, le porte-parole des CRP, Mohammed Abdalaal (Abou
Abir), a osé prononcer les noms des chefs de la Sécurité préventive et les
présenter comme des collaborateurs d'Israël, chose impensable jusqu'à la
victoire du Hamas. Ces déclarations ont été faites au cours d'un défilé où
les partisans du Hamas ont crié "Dahlan collaborateur", et elles ont
déclenché des combats qui ont duré plusieurs heures. Tout le temps qu'ont
duré les affrontements, les leaders du Hamas n'ont pas démenti leurs
accusations.
Une commission d'enquête sur les troubles qui se sont déroulés vendredi a
été créée, composée de représentants des différentes forces. Tous les
groupes basés à Gaza ont diffusé des appels au calme, mais tout le monde
sait que cet embrasement ne fait qu'annoncer d'autres heurts. Entre temps,
le Hamas évite la confrontation frontale avec le Fatah et organise sa
branche armée, qu'elle jettera dans l'arène le moment venu.
Le premier ordre qu'a donné Saïd Sayem à la police palestinienne, qui est
placée sous son autorité, est que le policiers sont désormais autorisés à
porter la barbe, ce qui était interdit auparavant. Concernant les mesures
pratiques, plusieurs dizaines de gardes du corps issus de la branche armée
du Hamas accompagnent Haniyeh et Sayem dans leurs déplacements dans la
bande de Gaza. D'autres leaders de cette branche armée, actuellement
emprisonnés en Israël, ont publié un appel à soutenir le Hamas et à
coopérer avec le nouveau gouvernement, "contre tous ceux qui veulent le
faire échouer."
C'est à la suite de cet appel que le Hamas a aligné ses groupes alliés
dans la bande de Gaza, dont les CRP, contre les Forces de Sécurité
préventive [du Fatah]. Samedi dernier, au moment le plus aigu de la crise,
Sayem a annoncé la nomination d'un porte-parole, Khaled Abou Halal, qui se
trouve être un ancien chef de l'aile militaire du Fatah, et qui coopére
depuis quelques années avec le Hamas. Cette nomination, intelligente à
première vue, qui avait pour but de provoquer davantage encore de
dissensions au sein du Fatah, a eu pour résultat l'éviction d'Abou Halal
du Fatah.
Les groupes loyaux au Fatah sont eux aussi relativement actifs. Les
leaders du Fatah dans la bande de Gaza ne le diront pas ouvertement, mais
ils sont en train de mener une guerre pour leur survie contre le nouveau
gouvernement du Hamas et aussi contre la rue qui, en gros, soutient le
gouvernement.
claires, même si elles ne sont pas dites : le Fatah a engagé le combat
contre le Hamas. Problème : qui soutient aujourd'hui le Fatah dans la rue
palestinienne ?]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/701610.html
Ha'aretz, 3 avril 2006
Le Fatah lutte pour sa survie face au Hamas
par Amnon Regular
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les événements de vendredi dernier dans la bande de Gaza, où trois
Palestiniens ont été tués et plus de 20 blessés, deux jours à peine après
que le gouvernement du Hamas eut prêté serment, ont révélé les forces à
l'oeuvre et les luttes qui les opposent.
Tout en surfant sur la vague de sa victoire électorale, le Hamas est
confronté à un certain nombre de groupes au sein du Fatah, emmenés par les
Forces de Sécurité préventive de Rashid Abou Shbak et Mohammed Dahlan,
ainsi qu'à des troupes dans la bande de Gaza dirigées par Souleiman Abou
Moutlek et Samir Ashrawi, et à d'autres encore. Ces confrontations se sont
cristallisées avec l'assassinat, vendredi après-midi, d'Abou Youssef
Al-Qouqa, l'un des dirigeants des Comités de Résistance Populaire (CRP)
soutenus par le Hamas, victime d'une voiture piégée à Gaza. Les chefs des
CRP, sorte de front pro-Hamas, ont transformé les funérailles - auxquelles
ont assisté le Premier ministre Ismaïl Haniyeh et le nouveau ministre de
l'Intérieur, Saïd Sayem, en une manifestation contre le Fatah et les
Forces de Sécurité préventive. Ils ont accusé ouvertement Abou Shbak,
Dahlan et Masrawi, ainsi que le chef des services de renseignements Tarek
Abou Rajab, d'avoir commandité cet assassinat.
Pour la première fois, le porte-parole des CRP, Mohammed Abdalaal (Abou
Abir), a osé prononcer les noms des chefs de la Sécurité préventive et les
présenter comme des collaborateurs d'Israël, chose impensable jusqu'à la
victoire du Hamas. Ces déclarations ont été faites au cours d'un défilé où
les partisans du Hamas ont crié "Dahlan collaborateur", et elles ont
déclenché des combats qui ont duré plusieurs heures. Tout le temps qu'ont
duré les affrontements, les leaders du Hamas n'ont pas démenti leurs
accusations.
Une commission d'enquête sur les troubles qui se sont déroulés vendredi a
été créée, composée de représentants des différentes forces. Tous les
groupes basés à Gaza ont diffusé des appels au calme, mais tout le monde
sait que cet embrasement ne fait qu'annoncer d'autres heurts. Entre temps,
le Hamas évite la confrontation frontale avec le Fatah et organise sa
branche armée, qu'elle jettera dans l'arène le moment venu.
Le premier ordre qu'a donné Saïd Sayem à la police palestinienne, qui est
placée sous son autorité, est que le policiers sont désormais autorisés à
porter la barbe, ce qui était interdit auparavant. Concernant les mesures
pratiques, plusieurs dizaines de gardes du corps issus de la branche armée
du Hamas accompagnent Haniyeh et Sayem dans leurs déplacements dans la
bande de Gaza. D'autres leaders de cette branche armée, actuellement
emprisonnés en Israël, ont publié un appel à soutenir le Hamas et à
coopérer avec le nouveau gouvernement, "contre tous ceux qui veulent le
faire échouer."
C'est à la suite de cet appel que le Hamas a aligné ses groupes alliés
dans la bande de Gaza, dont les CRP, contre les Forces de Sécurité
préventive [du Fatah]. Samedi dernier, au moment le plus aigu de la crise,
Sayem a annoncé la nomination d'un porte-parole, Khaled Abou Halal, qui se
trouve être un ancien chef de l'aile militaire du Fatah, et qui coopére
depuis quelques années avec le Hamas. Cette nomination, intelligente à
première vue, qui avait pour but de provoquer davantage encore de
dissensions au sein du Fatah, a eu pour résultat l'éviction d'Abou Halal
du Fatah.
Les groupes loyaux au Fatah sont eux aussi relativement actifs. Les
leaders du Fatah dans la bande de Gaza ne le diront pas ouvertement, mais
ils sont en train de mener une guerre pour leur survie contre le nouveau
gouvernement du Hamas et aussi contre la rue qui, en gros, soutient le
gouvernement.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
["Notre but est de nous maintenir dans ces colonies sauvages à l'intérieur
de Jérusalem et de créer une situation irréversible dans le 'bassin sacré'
autour de la Vieille Ville". Un épisode parmi tant d'autres de la
"bataille pour Jérusalem capitale" (1)]
http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/701645.html
Ha'aretz, 3 avril 2006
Mercredi dernier, au lendemain des élections, l'association "Elad" a pris
le contrôle de deux importants groupes d'immeubles dans deux quartiers
arabes peuplés et sensibles de Jérusalem Est, Silwan et A-Tour (sur le
Mont des Oliviers)
Elad a l'intention d'y loger de 15 à 20 familles. "Notre but est de nous
maintenir dans ces colonies sauvages à l'intérieur de Jérusalem et de
créer une situation irréversible dans le 'bassin sacré' autour de la
Vieille Ville", a déclaré Adi Mintz, membre du conseil d'administration
d'Elad.
Elad est l'une des deux associations à objet non lucratif dont l'objet est
d'acquérir des immeubles dans des quartiers arabes de Jérusalem Est (en
particulier dans la Vieille Ville et à Silwan) et d'y loger des Juifs.
Adi Mintz parle de "réussite très importante" pour Elad, et il refuse de
préciser si Ehoud Olmert a été tenu au courant des détails de l'opération.
"Cela n'a aucune importance, les élections sont derrière nous", dit Mintz.
"Olmert a toujours soutenu les associations juives à Jérusalem Est."
(Olmert a été maire de Jérusalem de 1993 à 2003, ndt).
Il y a à peine une semaine, lors d'une conférence à Jérusalem, Otniel
Schneller, ancien secrétaire général du Conseil Yesha (conseil
représentatif des colons) et aujourd'hui nouveau député de Kadima, a
déclaré que pour son parti, la Vieille Ville et le "bassin sacré" - qui
comprend le Mont Scopus, le Mont des Oliviers, la Cité de David (à Silwan)
et le quartier de Sheikh Jarrah - resteront sous souveraineté israélienne
dans le cadre d'un accord de paix définitif, alors que les "quartiers
périphériques" comme Shoafat, Anata ou Abou Dis, reviendront à l'Autorité
palestinienne.
"Nous souhaitons voir une séparation entre nous et les Palestiniens qui ne
vivent pas dans le coeur de Jérusalem", a dit Schneller. Les deux groupes
d'immeubles sont situés dans le "bassin sacré", tel que Schneller le
définit.
Un premier groupe est constitué de deux immeubles de trois étages à
A-Tour, sur le Mont des Oliviers, et il surplombe le Mont du Temple. C'ets
la première fois qu'une association juive réussit à pénétrer dans A-Tour,
l'un des plus grands quartiers arabes de Jérusalem Est.
Le fait que ces immeubles soient situés sur une colline qui surplombe le
Mont du Temple inquiète les habitants palestiniens. "Nous irons en
justice, et si nous ne réussissons pas, nous détruirons les immeubles.
Nous trouverons un moyen", ont averti le week-end dernier de jeunes
Palestiniens alors qu'ils se tenaient face aux immeubles.
Ces immeubles d'A-Tour appartiennent à deux familles, Abou al-Hawa et
Kiswani. Mercredi, après que des gardes privés d'Elad eurent pénétré dans
les deux immeubles, des émeutes ont éclaté dans le quartier et un
restaurant appartenant à un membre de la famille al-Hawa a été incendié.
Selon des sources palestiniennes, un membre de la famille a été emmené à
Ramallah par les forces de sécurité palestiniennes pour y être interrogé.
Pour tenter d'obtenir sa libération, la famille a publié vendredi dans un
journal de Jérusalem Est un encart qui affirme que les immeubles n'ont pas
été vendus directement à des Juifs, mais à des acquéreurs palestiniens qui
les ont vendus à une société d'investissement jordanienne.
Mohammed Abou al-Hawa, membre de la famille, a dit à Meir Margalit, du
Comité israélien contre la Démolition des Maisons, que dans la soirée du
mardi, des individus sont arrivés chez lui, dans l'un des immeubles, ont
ouvert une valise pleine d'argent liquide et lui ont offert 300.000 $ pour
son appartement. Abou al-Ahawa affirme qu'il a décliné l'offre, après quoi
les inconnus lui auraient montré un contra qui stipule que les deux
immeubles étaient déjà vendus, y compris l'appartement qu'il occupe. Selon
lui, la signature de sa mère qui apparaît sur le contrat est un faux.
Adi Mintz dément et affirme que le contrat est en bonne et due forme. "Les
Arabes adorent vendre", dit-il. "Il est vrai que ces transactions prennent
du temps, mais c'est seulement pour préserver l'image des vendeurs",
explique-t-il. Mintz prétend ne rien savoir d'un prétendu enlèvement d'un
membre de la famille par l'Autorité palestinienne, mais il souligne
qu'Elad s'occupe de la protection des vendeurs palestiniens.
/...
(1) http://www.lapaixmaintenant.org/article1034
de Jérusalem et de créer une situation irréversible dans le 'bassin sacré'
autour de la Vieille Ville". Un épisode parmi tant d'autres de la
"bataille pour Jérusalem capitale" (1)]
http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/701645.html
Ha'aretz, 3 avril 2006
Mercredi dernier, au lendemain des élections, l'association "Elad" a pris
le contrôle de deux importants groupes d'immeubles dans deux quartiers
arabes peuplés et sensibles de Jérusalem Est, Silwan et A-Tour (sur le
Mont des Oliviers)
Elad a l'intention d'y loger de 15 à 20 familles. "Notre but est de nous
maintenir dans ces colonies sauvages à l'intérieur de Jérusalem et de
créer une situation irréversible dans le 'bassin sacré' autour de la
Vieille Ville", a déclaré Adi Mintz, membre du conseil d'administration
d'Elad.
Elad est l'une des deux associations à objet non lucratif dont l'objet est
d'acquérir des immeubles dans des quartiers arabes de Jérusalem Est (en
particulier dans la Vieille Ville et à Silwan) et d'y loger des Juifs.
Adi Mintz parle de "réussite très importante" pour Elad, et il refuse de
préciser si Ehoud Olmert a été tenu au courant des détails de l'opération.
"Cela n'a aucune importance, les élections sont derrière nous", dit Mintz.
"Olmert a toujours soutenu les associations juives à Jérusalem Est."
(Olmert a été maire de Jérusalem de 1993 à 2003, ndt).
Il y a à peine une semaine, lors d'une conférence à Jérusalem, Otniel
Schneller, ancien secrétaire général du Conseil Yesha (conseil
représentatif des colons) et aujourd'hui nouveau député de Kadima, a
déclaré que pour son parti, la Vieille Ville et le "bassin sacré" - qui
comprend le Mont Scopus, le Mont des Oliviers, la Cité de David (à Silwan)
et le quartier de Sheikh Jarrah - resteront sous souveraineté israélienne
dans le cadre d'un accord de paix définitif, alors que les "quartiers
périphériques" comme Shoafat, Anata ou Abou Dis, reviendront à l'Autorité
palestinienne.
"Nous souhaitons voir une séparation entre nous et les Palestiniens qui ne
vivent pas dans le coeur de Jérusalem", a dit Schneller. Les deux groupes
d'immeubles sont situés dans le "bassin sacré", tel que Schneller le
définit.
Un premier groupe est constitué de deux immeubles de trois étages à
A-Tour, sur le Mont des Oliviers, et il surplombe le Mont du Temple. C'ets
la première fois qu'une association juive réussit à pénétrer dans A-Tour,
l'un des plus grands quartiers arabes de Jérusalem Est.
Le fait que ces immeubles soient situés sur une colline qui surplombe le
Mont du Temple inquiète les habitants palestiniens. "Nous irons en
justice, et si nous ne réussissons pas, nous détruirons les immeubles.
Nous trouverons un moyen", ont averti le week-end dernier de jeunes
Palestiniens alors qu'ils se tenaient face aux immeubles.
Ces immeubles d'A-Tour appartiennent à deux familles, Abou al-Hawa et
Kiswani. Mercredi, après que des gardes privés d'Elad eurent pénétré dans
les deux immeubles, des émeutes ont éclaté dans le quartier et un
restaurant appartenant à un membre de la famille al-Hawa a été incendié.
Selon des sources palestiniennes, un membre de la famille a été emmené à
Ramallah par les forces de sécurité palestiniennes pour y être interrogé.
Pour tenter d'obtenir sa libération, la famille a publié vendredi dans un
journal de Jérusalem Est un encart qui affirme que les immeubles n'ont pas
été vendus directement à des Juifs, mais à des acquéreurs palestiniens qui
les ont vendus à une société d'investissement jordanienne.
Mohammed Abou al-Hawa, membre de la famille, a dit à Meir Margalit, du
Comité israélien contre la Démolition des Maisons, que dans la soirée du
mardi, des individus sont arrivés chez lui, dans l'un des immeubles, ont
ouvert une valise pleine d'argent liquide et lui ont offert 300.000 $ pour
son appartement. Abou al-Ahawa affirme qu'il a décliné l'offre, après quoi
les inconnus lui auraient montré un contra qui stipule que les deux
immeubles étaient déjà vendus, y compris l'appartement qu'il occupe. Selon
lui, la signature de sa mère qui apparaît sur le contrat est un faux.
Adi Mintz dément et affirme que le contrat est en bonne et due forme. "Les
Arabes adorent vendre", dit-il. "Il est vrai que ces transactions prennent
du temps, mais c'est seulement pour préserver l'image des vendeurs",
explique-t-il. Mintz prétend ne rien savoir d'un prétendu enlèvement d'un
membre de la famille par l'Autorité palestinienne, mais il souligne
qu'Elad s'occupe de la protection des vendeurs palestiniens.
/...
(1) http://www.lapaixmaintenant.org/article1034
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
fallait faire de la non-violence une manière de vivre"]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/699897.html
Ha'aretz, 31 mars 2006
"Excusez-nous, madame, il est 12h 30, c'est l'heure d'aller jeter des
pierres" - entretien avec Lucy Nusseibeh
par Gitit Ginat
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Ma première rencontre avec Lucy Nusseibeh a eu lieu à l'hôtel American
Colony, à Jérusalem Est, le jour des élections législatives
palestiniennes. L'hôtel était vide, car la plupart des clients étaient sur
le terrain, en train de couvrir les élections (1). Elle paraissait
optimiste. Comme de nombreuses autres militantes palestiniennes, elle
pensait que les électeurs reprendraient leurs esprits au dernier moment et
voteraient pour le Fatah.
Notre deuxième entretien s'est tenu après les élections. Oui, elle était
assommée par la victoire du Hamas, et non, elle ne pensait pas que "cette
organisation avait tant de soutien sur le terrain". Mais ceux qui prennent
un malin plaisir au malheur des Palestiniens modérés comme Lucy Nusseibeh
face au bouleversement qu'a connu l'Autorité palestinienne ne trouveront
pas chez elle ce qu'ils recherchent. Elle évolue, pense et parle dans un
monde où rien n'est complètement blanc ni complètement noir, et c'est la
raison pour laquelle elle pense que la victoire du Hamas pourrait bien
être aussi positive que négative. En tout cas, sur une question, Lucy
Nusseibeh n'a aucun doute : "Les Palestiniens en ont assez de la
violence", dit-elle. "Plus qu'à quoi que ce soit d'autre, ils aspirent à
une vie normale."
Lucy Nusseibeh est l'épouse de Sari Nusseibeh, ancien ministre de
l'Autorité palestinienne pour les affaires de Jérusalem, et initiateur
avec Ami Ayalon de "La Voix des Peuples". Elle est la fondatrice de
l'organisation MEND (Middle East Nonviolence and Democracy) qui, outre la
non-violence, milite pour les droits des femmes et des enfants. ?
L'histoire de sa vie est loin d'être banale. Elle est née dans une famille
d'intellectuels britanniques, et a décidé de se convertir à l'islam et de
s'installer ici. Son père, le célèbre philosophe britannique J.L. Austin,
enseignait à l'université d'Oxford, où Lucy passa son enfance et son
adolescence. Il n'y avait dans sa famille aucune attraction particulière
pour le Moyen-Orient, dit-elle, mais la porte était toujours ouverte aux
visiteurs d'autres pays et d'autres cultures. Parmi ces visiteurs, il y
avait Isaiah Berlin et l'historien palestinien Walid Khalidi.
?Après une licence à Oxford (philosophie, histoire et littérature
médiévale), Lucy Nusseibeh obtint une maîtrise à Harvard, en études du
Moyen-Orient. Lucy rencontra Sari Nusseibeh à Oxford, en 1970, et ils
tombèrent amoureux. En 1973, elle épousa Sari, se convertit à l'islam et
s'installa à Jérusalem Est.
Ha'aretz : Vous auriez pu continuer à vivre dans un pays riche, à mener un
carrière à Oxford et, en tant que femme, à bénéficier de bien plus grandes
occasions. Pourtant, vous avez choisi de vous convertir à l'islam et de
vivre à Jérusalem Est.
Lucy Nusseibeh : "Je suis venue ici parce que je suis tombée amoureuse de
Sari. Si je me suis convertie, ce n'était pas parce j'y étais obligée,
mais parce que j'ai jugé que c'était la chose à faire sur le plan
social."??Q. : Vous saviez que le statut de la femme dans le monde
musulman est pour le moins problématique. ??L.N. : "Peut-être est-ce la
famille de mon mari, mais je n'ai jamais trouvé que cela posait un
problème. On ne m'a jamais forcée à m'habiller ou à me comporter de telle
ou telle manière. Quand je travaillais à [l'université de] Bir Zeit, je
n'ai pas remarqué que les femmes était traitées sur un moindre pied
d'égalité qu'à Harvard. Je ne nie pas que les femmes musulmanes
connaissent de grandes difficultés - les femmes occidentales aussi - mais
pour moi personnellement, cela n'a jamais été un problème."??En 1998, Lucy
Nusseibeh a fondé MEND. "Avec cette association, j'ai voulu me consacrer à
un certain nombre de choses. D'abord, j'ai pensé que pour parvenir à une
paix durable dans la région, il fallait faire de la non-violence une
manière de vivre, et aussi faire savoir aux gens que cette manière de
vivre existe. Il est important que cela vienne de l'intérieur de la
société palestinienne, de l'école et de la famille. J'avais le sentiment
que cela finirait par rejaillir sur les relations entre l'Autorité
palestinienne et Israël."??Au début, l'association s'est concentrée sur la
prévention de la violence dans les écoles, puis avec les années, ses
membres ont conçu des ateliers qui proposaient des formes d'action
non-violente. Plusieurs centaines d'enfants de Cisjordanie participent
aujourd'hui à des ateliers et à des projets de MEND, à l'école ou à
l'extérieur, et des milliers d'autres regardent à la télévision les
coproductions MEND - "Rue Sésame" dont l'objectif est d'éduquer au respect
mutuel et à la tolérance. ??MEND a également une action en direction des
femmes palestiniennes. Peu de temps après sa création, l'association a mis
en oeuvre son projet "Choisir son Avenir" dans des écoles pour filles.
"L'idée était d'encourager les filles à choisir leur avenir par
elles-mêmes", dit Lucy Nusseibeh. "Ne pas quitter l'école et se marier
jeunes, à 14 ou 15 ans comme dans certains endroits. Nous avons utilisé
des programmes éducatifs qui traitaient de questions comme la reproduction
et le sexe, et nous les avons appliqués dans les écoles. De plus, nous
avons encouragé les filles à s'engager dans des travaux de volontariat,
car nous estimions qu'ainsi, elles feraient la preuve de leur force. Dans
une école, située dans un village très traditionaliste nommé Silwad, entre
Naplouse et Ramallah, les filles entre 14 et 15 ans ont pris l'initiative
de créer un dispensaire au village. Ce sont elles qui se sont débrouillées
pour faire venir les médecins, les infirmières et les médicaments."??"Les
Israéliens sont nourris d'images qui montrent des Palestiniens violents",
dit-elle, "mais j'ai des dizaines d'histoires qui prouvent le contraire.
Par exemple, après le premier atelier dans le camp de réfugiés de
Qalandiya, les gamins ont dit : 'excusez-nous, madame, il est 12h 30,
c'est l'heure d'aller jeter des pierres". Au deuxième atelier, leur
intérêt pour le lancer de pierres a diminué, et au troisième, ils sont
restés avec nous parce que ce que nous faisions les intéressait bien
davantage."??MEND croit au pouvoir des moyens modernes de communication :
ateliers de communication, production par des jeunes d'émissions de radio
et de télévision, ateliers de photographie et de montage vidéo. Les films
"La Mort d'un Rêve", qui raconte l'histoire de Fatima Moussa qui fit une
fausse couche à un check point, ou "La Détermination d'une Femme", qui
traite du combat de l'avocate Nawal Fatoun qui a réussi à faire son droit
malgré l'opposition de sa famille, sont des productions de ces ateliers
vidéo. Ces films, dont la qualité est du niveau des reportages télévisés,
ont été produits avec l'aide de l'UNIFEM, un fonds des Nations Unies, et
ils ont été filmés et produits par huit participants à l'un ateliers de
MEND. ??La manière dont MEND fait sa promotion reflète elle aussi cette
foi dans la communication moderne. Lucy Nusseibeh montre une affiche en
arabe qui cite pas moins de 198 manières non-violentes de combattre
l'occupation. Le design de l'affiche est occidental, loin des affiches
vociférantes du Hamas. Sous la liste, il y a le dessin d'un demie orange,
symbole d'un tout qui est la somme de toutes ses parties, et à côté, le
slogan de l'association : "On est plus malin sans violence". ??Q. : Il est
plus facile pour vous et pour votre mari, qui faites partie de la
bourgeoisie palestinienne éduquée, de parler de non-violence. La jeune
génération pauvre des camps de réfugiés a-t-elle le moyen de choisir cette
voie? ??L.N. : "D'abord, les gens qui travaillent avec MEND sont des
militants de la non-violence dans leurs communautés, ce ne sont pas des
bourgeois mais des gens qui travaillent avec les enfants des camps de
réfugiés d'égal à égal. Ensuite, les Palestiniens en ont de plus en plus
assez de la violence, et la haine des Israéliens n'est pas une drogue qui
les motive. Nos participants aux groupes de jeunes, à Hebron, Tulkarem,
Qalqiliya, Naplouse et Bethléem, des jeunes gens qui vivent dans les pires
conditions, qui n'ont pas de liberté de mouvement et qui risquent leur
vie, font d'abord preuve d'intérêt et non d'hostilité envers vous (les
Israéliens). Ils ont un tas de questions, comment vous vivez, vos enfants,
ceux qui ont leur âge, etc. Enfin, de la même façon que nous essayons de
présenter des voies non-violentes à la société palestinienne, nous
essayons aussi de combattre le stéréotype du Palestinien violent. Non pas
seulement parce que ce n'est pas honnête, mais aussi parce que ce
stéréotype augmente la peur vis-à-vis des Palestiniens, peur qui alimente
encore le conflit."??Dans une lettre à Lucy Nusseibeh, Nour el-Din
Shehadeh, qui coordonne les activités de MEND à Tulkarem, raconte comment
l'association a changé sa vie : "La force excessive qu'exerce l'occupation
israélienne contre le peuple palestinien, combinée au fait que je suis né
sous l'occupation, m'a poussé à choisir la voie de la violence. J'ai été
l'un des dirigeants les plus en vue de la première Intifada. Cela a
renforcé chez moi une tendance à la violence, qui s'exprimait aussi dans
les relations que j'entretenais avec mes proches."??"Pendant la deuxième
Intifada, qui a été bien plus violente encore, j'ai découvert MEND.
C'était en 2002, et à cette époque, je ne croyais pas à la lutte
non-violente. Je me suis inscrit à un cours de modération de groupes de
l'association. Je me souviens que je me disputais sans fin avec le
modérateur, mais à mesure que le temps a passé, j'ai commencé à comprendre
ce qu'était l'action non-violente, et j'ai été convaincu que je m'étais
trompé. Je sais aujourd'hui que les Palestiniens doivent trouver de
nouvelles formes de lutte, surtout quand on pense que nous avons perdu 40
ans dans la violence sans aucun résultat. La tactique de violence de la
révolution palestinienne a fait de nous des gens violents de l'intérieur,
et cette violence intérieure est une menace pour l'Etat démocratique que
nous voulons bâtir. Je pense que la lutte non-violente nous aidera à mieux
comprendre nos aspirations, à la fois en tant que personnes et en tant que
peuple."
Q. : Les Palestiniens auraient-ils pu mieux pénétrer dans la conscience
des Israéliens par la non-violence???L.N. : "Je pense que la première
Intifada a été essentiellement non-violente. Il y a eu des manifestations
de masse, des grèves d'impôt, des distributions de tracts. Elle a montré
l'unité des Palestiniens et leur capacité à s'organiser et à protester.
Pour nous, la violence de la deuxième Intifada a été un grand pas en
arrière."??Q. : Pourtant, de nombreux Israéliens de gauche, et des gens
partout dans le monde, vous rétorqueraient que soudain, avec ces pierres
qui étaient lancées, les Palestiniens sont devenus un fait vivant.??L.N. :
Est-il impossible de penser aux Palestiniens comme à un peuple vivant,
fier et brave, sans qu'ils lancent pas des pierres ou sans qu'ils
commettent des attentats terroristes? J'ai peur qu'aujourd'hui, les
Palestiniens soient perçus comme un peuple violent, et rien de plus."??Q.
: Bien entendu, la victoire du Hamas a encore contribué à ternir cette
image.
L.N. : "Peut-être, mais si les Palestiniens ont porté le Hamas au pouvoir,
c'est parce qu'ils ont été déçus par la direction du Fatah. Ils n'ont pas
voté pour l'Iran. La plupart ne sont pas intéressés par le modèle iranien.
De même, les femmes n'ont pas voté pour le Hamas pour voir leur statut
régresser. Pour l'instant, l'avenir est toujours ouvert."??Au cours de mon
dernier entretien avec Lucy Nusseibeh, elle m'a raconté qu'un militant de
MEND à Tulkarem avait reçu un coup de téléphone de la part de certains
membres du Hamas qui souhaitaient coopérer avec l'association dans la
ville. "Vous voyez, tout n'est pas noir", dit-elle. Quand je lui répond
que tout n'est pas blanc non plus, elle rit, puis elle soupire, comme si
elle avait affaire à un élève particulièrement lent. "Connaissez-vous
quelqu'un qui soit tout blanc?", répond-elle. ??
(1) L'hôtel American Colony de Jérusalem Est est l'une des résidences
favorites des correspondants étrangers qui couvrent les événements en
Israël et dans les territoires palestiniens.
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