Les Poèmes de l`Impératrice du Japon pourront contribuer à la formation des jeunes Angolais.
Luanda, 16/10 - Le contenu des poèmes du livre de l`Impératrice Michiko du Japon, récemment traduit en français, pourront certainement contribuer à la connaissance de la littérature nippon pour les jeunes africains, en particulier les jeunes Angolais par leur capacité à s`intégrer à la culture des autres peuples.
Ce point de vue a été exprimé aujourd`hui à l`ANGOP, à Luanda, par le Directeur du Dojo Central d`Afrique de Sûkyô Mahikari (Organisation Religieuse d`origine Japonaise), Ody-Marc Duclos, lorsqu`il commentait le livre de poésie de sa Majesté l`Impératrice Michiko, intitulé Sé-oto, Le chant du gué, auquel a eu accès ANGOP.
Le livre de 53 poèmes nommés waka, genre poétique traditionnel de 31 syllabes, différent du haiku qui en acompte 17. "En le lisant, j`ai été frappé par la pureté suprême qui s`y dégageait et qui pourra contribuer sûrement à apaiser le coeur des hommes des pays victimes de la guerre, comme l`Angola et la Côte d`Ivoire".
Publié en France, au Printemps 2006 traduit pour la première fois en français par Tadao Takemoto, descendant d`une très vieille famille de Samouraïs. Né au Japon en 1932, vit actuellement à Paris. Poète, écrivain, critique d`art et de lettres, il est surtout connu comme traducteur et ami d`André Malraux et auteur des écrits sur Mishima.
Le traducteur de cet ouvrage a eu le soutien d`Olivier Germain-Thomas, écrivain français et lauréat du Grand Prix de la Littérature de l`Académie Française en 2006.
Cet ouvrage est en soi un double évènement : la première traduction et la publication en français des poèmes de l`Impératrice Michiko du Japon qui a su, par la maîtrise de cet art "suprême" du waka (vieux de deux mille ans), exprimer les sentiments les plus intenses avec une musicalité, une légèreté et une retenue qui confèrent à ces poèmes une beauté lumineuse a écrit Tadao Takemoto.
Il ajouta que habitée par la poésie, l`Impératrice porte un amour profond à la musique et à la peinture. Destin étonnant que la postface de Tadao Takemoto évoque en détails. Tout le peuple japonais admire sa compassion, sa fraîcheur d`âme, ainsi que sa simplicité et son élégance qui, pour être perçues, n`exigent aucun effort.
Ody-Marc Duclos, Français d`origine Martiniquaise a été invité par le traducteur à donner son sentiment sur l`ouvrage. Il a été touché par le recueil de poèmes qui a permis de transposer vivement en français le Kotodama, l`âme du mot japonais, convaincu qu`elle pourra ainsi être transmise non seulement en Europe mais aussi bien en Afrique, où il vit actuellement.
Bien qu`il ait eu un contact avec ce genre de poésie japonaise lorsqu`il faisait ses études à l`école de Langues et Civilisations Orientales à Paris, il confesse qu`il a senti vibrer quelque chose du plus profond de son âme lorsqu`il a lu le recueil des poèmes "Sé-oto". Il s`est demandé si cela ne tenait pas à ce qu`il a ressenti de la profondeur de l`âme de l`Impératrice, pleine de compassion, ouverte à la puissance de vie jusqu`à la plus imperceptible qui vibre en chaque chose dans la nature et saisissant les rythmes pour les chanter.
L`un des poèmes qui l`a le plus touché est intitulé " Au Palais du Tokiwamatsu " : Dans ma paume / le grain d`une mûre / posé gracieusement par vous, mon seigneur. / Ce grain / quel poids !
" Une pureté, telle la neige immaculée qui brille au somment du Mont Fuji me dis-je. Puis, à mesure que je feuilletais les pages suivantes, j`ai eu la vision que tous ces poèmes étaient autant de chemins spirituels qui mèneraient de toute part au sommet de cette montagne sacrée. "
" Sa Majesté l`Impératrice du Japon, à travers l`âme des mots de ses waka, apporte un immense espoir et ouvre une voie de salut à l`humanité, telle une vivante Kannon-Bosatsu de la Miséricorde (déesse du panthéon bouddhiste). "
Terminant l`entretien Ody-Marc Duclos crois que " le poids du grain d`une mûre " suscitera l`émotion dans le cour des peuples de culture orale de la brousse, auprès de qui il veut s`honorer désormais de semer la graine du Sé-oto à chaque souffle de vent.