IL ETAIT UNE FOIS WALT DISNEY

Publié le par david castel

IL ETAIT UNE FOIS WALT DISNEY
Une exposition d’art
Par Cécile GIRAUD

Le Grand Palais consacre, jusqu’au 15 janvier 2007, une exposition aux inspirations et à la création des films produits par Walt Disney, de Mickey au Livre de la Jungle.



Disney au musée ? C’est par cette question étonnée moins qu’étonnante que s’ouvre le très beau catalogue de l’exposition consacrée à Walt Disney au Grand Palais. La bonne question serait plutôt Disney au Grand Palais ? On imaginait plutôt ça à la Cinémathèque... Mais peut-être les dessins animés du plus grand studio de l’histoire du cinéma d’animation sont-ils encore trop populaires. Pourtant, le Grand Palais a su composer avec ce fameux populaire pour l’emmener vers la réflexion créatrice qu’était celle de Walt Disney, lui qui avait peur d’être pris pour un intellectuel.

L’affiche de l’exposition comme le catalogue présentent Blanche Neige penchée sur le puis, quelques colombes autour d’elle. Le premier long-métrage des studios Disney est élevé au rang de symbole. Pourtant, à y regarder de plus près, on remarque les ombres grossières, l’étrangeté des contours. Il ne s’agit pas d’une image du film proprement dit, mais d’un décor de production. L’image nous invite à la fois à repenser aux émotions qu’a pu nous procurer le film, mais aussi à s’y pencher, à en découvrir les fondements. C’est à peu près ce que propose l’exposition, retracer les films produits par Walt Disney lui-même, entre 1937 (Blanche Neige) et 1967 (Le livre de la jungle, sorti quelque mois après la mort de Walt). On y trouvera également le fameux personnage de Mickey, le film jamais tourné avec Salvador Dali, et quelques œuvres d’artistes contemporains inspirées par Disney (à deux pas de Grand Palais se finissait d’ailleurs chez Artcurial une exposition intitulée « Mickey dans tout ses états »).

On savait que les films Disney, des premiers jusqu’aux plus récents (on devrait dire aux derniers puisque les studio ne produiront plus de films en 2D) s’inspiraient largement de films live (Le voleur de Bagdad pour Aladdin en est un exemple criant), mais l’on découvre que les liens entre les films Disney et les autres arts est bien plus conséquent qu’on ne le pensait. Lors d’un voyage en Europe, Walt et sa famille achetèrent 350 ouvrages d’arts qui constituèrent la bibliothèque du Studio, dans laquelle les illustrateurs embauchés par Disney pouvaient puiser leur inspiration. Grimshaw, Riemerschmid, Grasset, Landseer... Pas de toile de grands maîtres, mais des scènes, des ambiances, des lumières particulières qui permettaient à Walt et ses collaborateurs d’élaborer des films dont la renommée dépasse largement celle de leurs inspirations. Les tableaux côtoient les dessins de préparation, les séquences de films sont mises en parallèles : Fantasia avec le Faust de Murnau, The mad doctor (court-métrage avec Mickey) avec le Frankenstein de Whale.

On reste ébahis par les dessins préparatoires des illustrateurs aussi divers que l’américaine Mary Blair ou du Danois Kay Nielsen. Véritables œuvres d’art, elles avaient, pour la plupart, peu à voir avec le résultat final du film, chacun amenant sa patte, sa couleur, son style parfois aux antipode du style Disney (cette diversité se retrouve aussi d’un film à l’autre, l’esthétique de Blanche Neige à l’opposé de celle de La Belle au bois dormant).

Il était une fois Walt Disney n’est pas la vie et l’œuvre de Walt Disney. On en saura peu sur l’homme et les diverses polémiques qui tournèrent autour de lui. Il est ici présenté comme l’initiateur alors qu’une large place est faite aux artistes qui travaillèrent pour lui, volontairement ou non. On peut alors comprendre l’exposition comme un hommage à ceux qui travaillaient dans l’ombre.


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Publié dans LAETITIA

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