Collaboration entre services de renseignement syrien, iranien et russe avec le Hezbollah pendant la guerre du Liban

Publié le par david castel

http://haaretz.com/hasen/spages/769538.html

Ha'aretz, 3 octobre 2006

Collaboration entre services de renseignement syrien, iranien et russe avec
le Hezbollah pendant la guerre du Liban
Ze'ev Schiff

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Pendant les combats au Liban, le Hezbollah a bénéficié de l'aide directe des
services de renseignement syriens, en utilisant les informations récoltées
par des stations d'écoute opérées en commun par des équipes russes et
syriennes. Le Hezbollah a également reçu des renseignements à partir de
nouvelles stations d'écoute construites du côté syrien du plateau du Golan,
opérées en commun avec l'Iran.

Cette information a été récemment confirmée par Jane's, célèbre magazine
spécialisé dans les affaires militaires.

Le rôle central joué par la Syrie dans la collecte de renseignements et leur
transfert au Hezbollah se fonde sur des accords séparés qu'a signés Damas
avec Moscou et Téhéran sur une coopération de leurs services de
renseignement. L'accord avec la Russie est plus ancien que celui avec
l'Iran, signé cette année.

Comme cela s'est déjà produit avec le nombre important de missiles
anti-tanks modernes livrés à la Syrie puis transférés au Hezbollah, la
Russie s'est retrouvée en situation de collaborer indirectement avec
l'organisation chiite libanaise dans le domaine du renseignement.

En plus des profits qu'elle retire de ses ventes d'armes à la Syrie, la
Russie bénéficie de sa collaboration avec le renseignement syrien par les
informations de première main qu'elle reçoit par l'intermédiaire des
stations d'écoute.

La Russie est également impliquée dans l'agrandissement de deux ports
syriens sur la Méditerranée, Latakiyeh et Tartous. Cette information n'a été
révélée que très récemment.

Israël s'est plaint à la Russie de la livraison de missiles anti-tanks à la
Syrie. Moscou a démenti ces informations, mais a promis d'enquêter. Il n'est
pas certain qu'Israël se soit également plaint du transfert de
renseignements collectés par les stations d'écoute russo-syriennes au
Hezbollah.

Cet accord de coopération dans le domaine du renseignement entre la Syrie et
l'Iran est récent. Il fait partie d'un accord de coopération stratégique au
sens large entre les deux Etats conclu en novembre 2005 et confirmé lors de
la visite à Damas en janvier 2006 du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

L'accord entre services de renseignement met l'accent sur la surveillance
électronique (1) et comprend la construction de quatre stations d'écoute.

Selon Jane's, le financement de ces stations, évalué à plusieurs dizaines de
millions de dollars, provient essentiellement des Gardiens de la révolution
iraniens.

Deux de ces stations ont été construites avant le 12 juillet, date du début
des combats au Liban. L'une se trouve à Baab al-Hawa, près de la frontière
syro-turque, et l'autre, qui a commencé à fonctionner début juin, se trouve
sur le plateau du Golan. Les deux autres stations seront achevées avant
janvier 2007.

L'Iran se préoccupe des menaces potentielles contre son territoire à la
suite des frictions qui se sont produites entre Téhéran et la communauté
internationale après son refus de geler son programme nucléaire.

Les Gardiens de la révolution souhaitent élargir leur implication au
Moyen-Orient en général, et améliorer ses capacités de collecte de
renseignements sur ce qui se passe dans la région de la Méditerranée : outre
Israël, cible évidente de son activité d'espionnage, la Turquie, l'Egypte,
l'Arabie saoudite et les forces américaines basées dans la région les
intéressent beaucoup.

D'après les informations fournies par Jane's, dans le cadre de son accord de
coopération avec la Syrie, l'Iran a insisté pour qu'aucun officier de
renseignement russe ne soit autorisé à avoir accès aux nouvelles stations
d'écoute, et ce, malgré l'ancien accord entre Damas et Moscou.


(1) D'après une information publiée par Ha'aretz, le Hezbollah aurait eu
accès pendant la guerre aux transmissions au sein de l'armée israélienne.
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