Conflit israélo-palestinien : Une Journée Internationale pour la Paix ?
Publié le : 30-09-2006
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Traduit de l'anglais par Didier Torossian.
In English
Le 2 septembre, le Premier Minitre Ehud Olmert a autorisé un appel d'offres pour la construction de 690 nouvelles maisons dans les territoires palestiniens de la zone ouest. Elles seront construites dans deux zones près de Jérusalem – Ma'ale Adunim (les collines rouges en hébreu, avec une population de plus de 31 000 personnes) et Betar Illit (habitée par les haredim ou Juifs ultra-orthodoxes.).
La critique américaine d'usage face à ce dernier mouvement a été de rappeler à Israël que le plan – qui est assurément une pierre angulaire pour la paix entre Israël et les Palestiniens – n'autorise pas l'expansion des installations de la zone Ouest. Cependant, ayant déjà démontré par le passé qu'Israël conserverait ces deux installations dans le cas d'un éventuel accord, quel qu'il soit, avec les Palestiniens, Israël a répondu qu'il "n'étendait" pas ses installations mais qu'il "densifiait" celles-ci dans les zones déjà construites. En fait, cette décision a suivi le conflit entre Israël et le Hezbollah, et les experts politiques pensent que le gouvernement israélien est en train d'étendre ses installations, en mettant en suspens son manifeste Kadim qui aurait mené au retrait de la zone Ouest, pour détourner les critiques internes auxquelles il a dû faire face dans sa stratégie sans succès au Liban.
Cette dernière pièce du puzzle israélo-palestinien, mettant en lumière la géographie israélienne sans la démographie palestinienne, s'est mise en place quelques jours avant le 21 septembre, quand les gouvernements et les individus de 57 pays célèbreront la 5ème Journée Internationale de Paix de l'ONU. Cet événement annuel fut décidé lors de la 55ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU (A/RES/55/282) pour encourager la communauté mondiale à mettre en œuvre une journée de paix et de non-violence. Ces cinq dernières années, c'est aussi devenu un signe timide d'espoir et à lui seul un outil pour l'éducation dans un monde déchiré. Après tout, selon l'Institut International des Études stratégiques basé à Londres, il y a actuellement 65 conflits internationaux ou guerres civiles en cours à travers le monde, et cet événement de 24 heures est censé faire observer la paix et permettre un accès non entravé à l'aide humanitaire et à la diffusion d'informations, autant que la liberté de mouvement et d'assistance, autorisées par les forces armées.
Mais comment un Palestinien, homme, femme ou enfant, peut réagir à ce jour de paix à Gaza ou sur la zone Ouest ? Je pense qu'il y aurait deux sortes de réactions. La première serait une réaction d'espoir, embrassant chaque événement qui conduit à processus conceptuel de paix, de prospérité et de tranquillité pour plus de 3 millions d'habitants de la zone Ouest, encore sous occupation directe. Après tout, et laissant perplexe certains observateurs ne venant pas du Moyen-orient, les Palestiniens n'ont pas abandonné leurs espoirs d'une solution de double État malgré une myriade d'obstacles – depuis une occupation par des installations illégales de 39 années, l'appropriation des ressources naturelles pour la construction d'un mur de séparation et la suppression d'un peuple. Sans tenir compte des épisodes récurrents de peine et de ruine, de recours mal jugés envers ces violences meurtrières, les Palestiniens, dans leur majorité, continuent d'espérer en leur quête séculaire de paix, dans la justice et la dignité.
Mais la seconde réaction pourrait être un scepticisme défaitiste. Cela est dû au fait qu'ils ont été menés en bateau (pour utiliser une expression familière) tant de fois par Israël, les USA, comme les Etats-Unis et certains pays arabes, et qu'ils n'en ont plus rien à faire de croire que cette paix est accessible. Ce paradoxe au mouvement de yo-yo entre l'espoir et le cynisme, est la preuve de l'existence d'un peuple défié, qui lutte encore pour des droits inaliénables tel que le retrait des forces d'occupation, et la mise en place des différentes résolutions de l'ONU proposant l'établissement d'un état viable, souverain et géographiquement contigu que ce peuple pourrait appeler Palestine pour de vrai - et non pas virtuellement ou symboliquement. Il suffit au Premier Ministre britannique Tony Blair de visiter la région et d'utiliser le terme "Palestine" pour que cela devienne une réalité. Vraiment, cette réalité est une obligation pleine et entière pour les Palestiniens de mettre leur maison en ordre. Mais c'est aussi une obligation pour Israël et la communauté mondiale – particulièrement le quartet de l'ONU, des USA, de l'Europe et de la Russie – pour assurer qu'un tel Etat est autorisé à avoir une existence par des négociations minutieuses. Un exemple : Le Président palestinien Abbas et le Premier Ministre Haniyeh ont déclaré qu'ils étaient d'accord pour un gouvernement palestinien d'Union Nationale que le Ministre des Affaires étrangères Livni a rempli d'une quantité de nouvelles conditions avant que toute négociation soit entamée entre les deux protagonistes. La paix nécessite un travail rigoureux, de la discipline et de la bonne volonté, et mon avis est que même si nous devons toujours apprendre à changer notre façon de penser, de la confrontation à la conciliation de manière à constuire la paix. Quand réaliserons-nous enfin qu'un tel changement nécessite des compromis mutuels, concrets et difficiles ? Ou continuerons-nous à parler de façon éloquente deux langages différents ?
© hbv-H @ 17 September 2006
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