Examens de conscience : en Palestine aussi

Publié le par david castel

[Un porte-parole du gouvernement palestinien, représentant du Hamas,
critique le chaos et la violence à Gaza, et dit que l¹occupation n¹explique
pas tout. Il appelle les Palestiniens à admettre leurs erreurs.]

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3296410,00.html

Yediot Aharonot, 27 août 2006

Examens de conscience : en Palestine aussi
par Ali Waked

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Examen de conscience au Hamas. Le Dr Ghazi Hamad, porte-parole du
gouvernement palestinien, a durement critiqué le public palestinien, en
accusant les Palestiniens de faire de la bande de Gaza un endroit violent où
ne règne pas la loi.

"Ayez pitié de Gaza", a-t-il écrit dans un éditorial publié dimanche
dernier. "Après le retrait de Gaza, nous espérions un avenir radieux, nous
pensions que cette année, nous allions recueillir le fruit de nos
sacrifices. Mais aujourd¹hui, je me demande : pourquoi les forces
d¹occupation sont-elles retournées à Gaza ? L¹occupation, nous diront les
commentateurs et les intellectuels, est responsable. Je ne défends pas
l¹occupation, mais je veux que cessent nos erreurs, dont nous avons coutume
d¹accuser les autres."

"L¹anarchie, les assassinats gratuits, les vols de terre, les brutalités :
tout est-il de la faute de l¹occupation ?", demande-t-il et ajoute que les
Palestiniens doivent arrêter d¹épouser des théories du complot qui "limitent
notre réflexion".

Les espoirs de prospérité économique et de paix dans la bande de Gaza après
le retrait des troupes et des colons israéliens se sont évanouis, l¹Autorité
palestinienne n¹ayant pas réussi à imposer l¹état de droit ni à apporter aux
1,3 millions de Palestiniens les services minimum dont ils ont besoin.

Les terres agricoles évacuées par les colons juifs devaient créer 4.000
emplois et générer plusieurs millions de $ de recettes. Mais la corruption
au sein de la société chargée de gérer les terres a fait décliner
l¹agriculture naguère florissante du Goush Katif, et une bonne partie
d¹entre elles sert maintenant de terrain d¹entraînement pour différents
groupes palestiniens.


"Admettons que nous nous sommes trompés"

"Nous n¹avons pas su préserver la victoire de la libération de Gaza. 500
personnes sont mortes depuis le retrait, contre 3 ou 4 Israéliens tués par
des roquettes. La situation à Gaza, c¹est l¹abandon, la tristesse et
l¹échec. Quand quelqu¹un se trompe, nous avons peur de le critiquer par
crainte d¹être accusé d¹être contre la résistance", écrit Hamad.

"Quand des efforts sont faits pour ouvrir la frontière de Rafah, pour
soulager la crise humanitaire, il se trouve toujours quelqu¹un pour y tirer
une roquette. Et quand nous parlons de trêve, il y a toujours quelqu¹un pour
en tirer une autre."

Hamad en appelle aux leaders des factions palestiniennes, en disant que la
résistance face à Israël ne vaut rien quand "le territoire n¹est
qu¹anarchie, corruption, brutalités et assassinats mafieux. La construction
de la patrie ne fait-elle pas partie de la résistance ?"

Il critique également le phénomène des enlèvements d¹étrangers à Gaza. Deux
journalistes de Fox News enlevés il y a 15 jours par des miliciens
palestiniens ont été relâchés dimanche. Hamad écrit que les enlèvements sont
devenus un "commerce rentable" et accuse les ravisseurs d¹étrangers
innocents d¹être indifférents au mal qu¹ils font à la cause palestinienne.

"Admettons nos erreurs, faisons un examen de conscience rationnel, plaçons
l¹intérêt de notre peuple au-dessus du notre propre, et disons honnêtement :
Ici nous avons eu raison, là nous nous sommes trompés. Alors seulement, nous
verrons changer le visage de Gaza et de la patrie", conclut-il.
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