Les noces de Cana

Publié le par david castel

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Pierre Lefebvre


La guerre des images est bel et bien perdue. Si la communauté internationale réagit comme il l’a prévu, le Hezbollah pourra pousser ses habituels cris de vainqueur et clamer partout dans le monde arabe qu’il est bien le seul et héroïque mouvement de résistance à l’occupant sioniste.

Il aurait pourtant tort de penser qu'il va gagner sur le terrain. Les opérations israéliennes changent de portée.

Les déclarations de soutien du Hamas envers le Hezbollah ne doivent tromper personne. Il y a une jalousie entre ces deux mouvements unis de manière opportuniste par les évènements actuels. Le Hezbollah n'est perméable qu'à ses commanditaires et se fiche du Hamas comme d’une guigne. Un diplomate libanais avoue : « Le Hezbollah est une secte dont les adeptes trahissent rarement. Seuls les Iraniens et les Syriens ont les clefs du verrou

Cette secte a, depuis plusieurs années, instauré un régime de terreur dans les plaines du Sud-Liban. Créé en 1982 pour lutter contre l'occupation du Sud-Liban par l'Etat hébreu, il a grandi dans la région comme toutes les tumeurs: parce qu'il y a trouvé un terreau fertile. Le nombre d’assassinats, de crimes d’honneur est comparable à celui que la Fatah et le Hamas ont perpétré dans les territoires disputés.

C'est bien improprement qu'il s'attribue le retrait israélien du Liban. Il en est ainsi des lâches. Le Hamas a réagi de la même manière lorsqu'Israël s'est retiré de Gaza.

La faillite du pluralisme religieux

Le Liban a toujours cru en son pluralisme, toujours pensé qu’il pouvait être un exemple de coexistence pacifique entre les communautés. Et il aurait pu y parvenir sans l’invasion des troupes de Yasser Arafat qui ont massacré sans pitié des Libanais sans défense et accueillants. Yasser Arafat n’a-t-il pas proclamé un jour le Liban « Terre palestinienne » ?

Il a, ce faisant, reproduit sans vergogne et avec cynisme son comportement qui a été à l’origine même des combats de ce fameux Septembre noir en Jordanie. En 1970, Arafat a appelé au renversement de la monarchie des Hachémites, en arguant du fait que 75% des habitants de la Jordanie étaient désormais Palestiniens à un degré ou à un autre.

Hussein de Jordanie, soutenu par son armée et sa population, a eu la réaction que l’on sait et qui a entraînée le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens.

Yasser Arafat partira se réfugier au Liban avec ses Fedayins. Il y recommencera les mêmes horreurs, les mêmes exactions. Il y tiendra le même discours possessif, négationniste et expansionniste. De là, il organisera même l’assassinat du Premier ministre jordanien Wasfi Tal par l’intermédiaire de son groupe Septembre noir, composé exclusivement de membres de son parti, le Fatah.

Ce groupe deviendra ensuite célèbre pour la prise d’otages de Munich en Septembre 1972.

L'amour de la mort et le pouvoir

C’est bien à partir de ces années noires que le Liban vit la faillite de son système pluraliste. L’occupation du Liban par Israël dans les années 80 était déjà une réponse aux incessantes incursions des islamistes en territoire hébreu.

Mais, ainsi que les Chiites en ont la triste habitude, s’ils ne sont pas reconnus à leur valeur et propulsés aux postes de responsabilités, ils se disent méprisés, spoliés, exploités. Ils voulaient contrôler le Liban au nom de l'Islam.

Cet islam chiite, constitué de rejet, de violence et de haine, a de tout temps été insupportable aux Libanais, habitués à la tolérance et à la vie en commun de toutes les confessions. Cet Islam, représenté au Liban par le Hezbollah est celui de la Syrie et de l’Iran. C’est celui du non-respect des droits humains les plus élémentaires, l’exploitation de la vie humaine à des fins idéologiques

A tel point que personne, au Liban, ne veut prendre le risque de l'accuser publiquement. Les journalistes et envoyés spéciaux en sont réduits à quêter quelques paroles de désapprobation des actes du Hezbollah. Et timidement, ils s’en font parfois les échos. Mais si rarement !

Une population éduquée, riche d’une grande tradition, mais malléable car désarmée, est en butte aux vexations autoritaires de plusieurs milliers d’illettrés, fanatiques d’une interprétation rétrograde du Coran.

Depuis le début des frappes israéliennes, les femmes, les vieillards et les enfants reçoivent l’ordre soit d’évacuer soit de rester dans les immeubles, au bon vouloir des tyrans hezbollani, selon les impératifs stratégiques du moment.

La Croix Rouge est interdite d’action sur la majorité des secteurs. Les difficultés d’acheminement des vivres ne proviennent pas uniquement du fait de la rupture des voies de communication. Le Hezbollah veut affamer la population, la rendre servile et l’utiliser dans sa communication internationale.

Sinistres épousailles

Le Hezbollah ne vit que pour la mort. En de sinistres épousailles, ce mouvement, conforme à l’idéologie de mort véhiculée depuis la révolution khomeyniste, n’aspire qu’à mourir et entraîner le plus de victimes possibles dans l’au delà pour obéir à Dieu.

Est-il alors indécent de penser que Cana, à l’instar de la plage de Gaza, (lire sur Primo) serait l’une des multiples horreurs perpétrées par ce mouvement religieux fanatique ?

Est-il impossible d’envisager que ces valeureux et courageux guerriers ont soigneusement rempli de civils les caves d’un immeuble évacué quelques heures plus tôt et déjà ébranlé par les missiles israéliens pour le faire sauter ?

Hypothèse horrible et inenvisageable par des esprits rationnels et pétris de l’esprit des Lumières !

Hypothèse qui ne peut naître que dans l’esprit tourmenté d’un fanatique sioniste non-juif et aveuglé par son amour de la démocratie israélienne ?

Peut-être ! Mais il serait fort improbable qu’un missile n’explose que 7 heures après avoir atteint sa cible.

De même que le choix de Cana, lieu hautement symbolique dans la mémoire libanaise pour avoir été celui d’un bombardement sanglant il y a quelques années est à verser au dossier de ceux qui, honnêtement, ont envie de réfléchir.

Ceux là feront preuve de sang froid et analyseront, avec le même esprit critique les déclarations libanaises et arabes en les comparant à celles de l’armée israélienne : "Nous avons attaqué et endommagé ce bâtiment entre minuit et une heure du matin dans la nuit de samedi à dimanche, or l'annonce sur les victimes civiles a eu lieu sept heures après", a déclaré le général Amir Eshel, de l'armée de l'air.

Que s'est-il tramé entre 1h et 8h du matin à Cana ? On ne le saura peut-être jamais.

Si, un jour, les langues se délient parce qu’Israël aura débarrassé le Liban de ce mouvement fanatique, il sera possible de parvenir à la vérité. Mais Cana sera, à n'en pas douter, un nouveau et sinistre mariage entre le meurtre et la foi chiite.

Le Hezbollah vient de publier les bans pour une nouvelle tragédie. Le divorce d'avec la vérité est, lui, consommé.

Il conviendra alors de se souvenir, avant tout esprit de vengeance et de haine, que les Libanais auront payé le prix fort parce qu’ils n’auront pas suffisamment exercé leur pleine et entière souveraineté sur leur territoire.

Si les dirigeants européens devaient retirer une morale de cette histoire qui en est bien dépourvue, ce serait peut-être celle-là : ne donner aucune occasion à un mouvement islamiste de réclamer autre chose que ce qui concerne la sphère privée.

Pour l’instant, c’est mal parti

Pierre Lefebvre © Primo Europe, 30 juillet 2006

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D
c'est bien ! on s'en doutaiat un peu !
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