Eté 1936 : la guerre civile éclate en Espagne
LEMONDE.FR | 18.07.06 | 20h41 • Mis à jour le 18.07.06 | 20h41
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Les élections législatives du 16 février 1936 consacrent la victoire d'une coalition des partis de gauche, le Front populaire (Frente popular), qui réunit pour la première fois les communistes staliniens, les socialistes et les radicaux, comme en France au même moment. Le leader du Front populaire, Manuel Azaña (56 ans), est élu président de la République le 10 mai 1936. Le journal officiel du PSOE (Partido Socialista Obrero Español) promet : "Nous ferons la même chose qu'en Russie".
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Dans le climat insurrectionnel qui règne en Espagne en 1936, Francisco Franco apparaît comme l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un soulèvement armé. Mais Franco est alors peu convaincu de l'opportunité d'un coup d'Etat. Bien que monarchiste d'éducation, il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Franco ne sera donc ni l'inspirateur, ni l'organisateur du coup d'Etat de 1936. Il est au courant depuis le début des activités des conjurés, emmenés par Emilio Mola, mais il attend le 13 juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste José Calvo Sotelo, pour les rejoindre.
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Le 17 juillet, la garnison de Melilla se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. Des manifestations s'organisent dans le pays. Et notamment à Barcelone qui devient, jusqu'à sa prise par les armées franquistes en février 1939, le fief de la révolution. Laboratoire des réformes du Front populaire, bastion du POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista) et de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo), elle sera pendant toute la guerre le centre de la résistance à Franco et le lieu d'arrivée des Brigades internationales.
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Les manifestations deviennent plus violentes : c'est bientôt une guerre civile qui éclate spontanément, mettant aux prises les putschistes avec les milices des partis de gauche et l'armée régulière.
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En juillet 1936 a lieu l'une des batailles les plus marquantes de la guerre civile. La supériorité numérique des troupes régulières du général Riquelme et de la milice oblige un groupe de putschistes, sous les ordres du colonel d'infanterie José Moscardo, à se replier dans l'Alcazar (siège de l'école des cadets). Mais ceux-ci parviennent à résister, devenant pour le camp franquiste, le symbole de sa force.
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L'URSS s'implique aux côtés des communistes. L'Allemagne nazie et l'Italie fasciste apportent leur soutien militaire aux franquistes. La France et la Grande-Bretagne, les deux alliés objectifs de la République, choisissent, elles, la "non-intervention", laissant aux partis politiques le soin d'exprimer leur solidarité avec la République. Cette solidarité conduira, en octobre 1936, à la création des Brigades internationales.
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André Malraux rejoint la République espagnole et crée l'escadrille España. De cet écrivain français à Ernest Hemingway, de John Dos Passos à Wystan H. Auden, d'Arthur Koestler à George Orwell, d'Alejo Carpentier à Pablo Neruda, de Joris Ivens à Roman Karmen, des dizaines d'intellectuels rejoignent les Brigades internationale, ralliant le célèbre cri de guerre : "No pasaran !"
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Les généraux Franco et Mola, instigateurs du coup d'Etat avec Queipo de Llano et Sanjurjo, paradent dans les rues de Burgos. Un mois après le début de l'offensive, les armées de Mola et de Franco peuvent opérer leur jonction. Ce premier succès d'importance permet à la "junta" de se présenter comme le gouvernement de l'Espagne et de tenter d'obtenir une reconnaissance internationale.
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Un an après le début du conflit, le bombardement par les pilotes allemands de la légion Condor de la ville basque de Guernica, le 26 avril 1937, est un tournant dans la guerre. Le 1er avril 1939, Francisco Franco prend les rênes du pouvoir et les gardera jusqu'à sa mort, en 1975. Le conflit a fait au moins 300 000 victimes civiles et militaires.
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L'Espagne célèbre aujourd'hui le 70e anniversaire du début de la guerre civile et continue d'interroger sa mémoire. Un projet de loi sur la "récupération de la mémoire" a été déposé au Parlement par le gouvernement qui prévoit d'indemniser toutes les victimes du conflit et de la dictature et de donner une sépulture plus convenable aux personnes exécutées jetées dans les fosses communes.
AFP/LUIS GENE
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