La résolution 1559 (02/09/2004)
- Texte de la résolution
- Explication du vote du Représentant permanent de la France au Conseil de Sécurité
Texte de la résolution
LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT (LIBAN)
RESOLUTION 1559 ADOPTEE PAR LE CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES
(New York, 2 septembre 2004)
Le Conseil de sécurité,
Rappelant toutes ses résolutions antérieures sur le Liban, en particulier les résolutions 425 (1978) et 426 (1978) du 19 mars 1978, 520 (1982) du 17 septembre 1982 et 1553 (2004) du 29 juillet 2004, ainsi que les déclarations de son président sur la situation au Liban, en particulier celle du 18 juin 2000 (S/PRST/2000/21),
Réaffirmant qu’il appuie vigoureusement l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues,
Notant que le Liban est déterminé à assurer le retrait de son territoire de toutes les forces non libanaises,
Gravement préoccupé par la persistance de la présence au Liban de milices armées, qui empêche le gouvernement libanais d’exercer pleinement sa souveraineté sur tout le territoire du pays,
Réaffirmant combien il importe que le contrôle exercé par le gouvernement libanais s’étende à la totalité du territoire du pays,
Ayant à l’esprit l’approche d’élections présidentielles au Liban et soulignant qu’il importe qu’elles soient libres et régulières et se déroulent conformément à des règles constitutionnelles libanaises élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère,
1. Demande à nouveau que soient strictement respectées la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’unité et l’indépendance politique du Liban, placé sous l’autorité exclusive du gouvernement libanais s’exerçant sur l’ensemble du territoire libanais ;
2. Demande instamment à toutes les forces étrangères qui y sont encore de se retirer du Liban ;
3. Demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ;
4. Soutient l’extension du contrôle exercé par le gouvernement libanais à l’ensemble du territoire du pays ;
5. Se déclare favorable à ce que les prochaines élections présidentielles au Liban se déroulent selon un processus électoral libre et régulier, conformément à des règles constitutionnelles libanaises élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère ;
6. Demande instamment à toutes les parties concernées de coopérer avec lui pleinement et sans attendre afin que la présente résolution et toutes les résolutions relatives au plein rétablissement de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance politique du Liban soient appliquées intégralement ;
7. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport dans les 30 jours sur la manière dont les parties auront mis en œuvre la présente résolution et décide de demeurer activement saisi de la question./.
Explication du vote du Représentant permanent de la France au Conseil de Sécurité
LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT (LIBAN)
ADOPTION DE LA RESOLUTION 1559
EXPLICATION DE VOTE DU REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES
(New York, 2 septembre 2004)
Monsieur le Président,
La France se félicite de l’adoption de la résolution importante 1559, qu’elle a co-parrainée.
Le Liban a traversé plusieurs décennies tourmentées. Il a été confronté à la guerre. Sa stabilité intérieure et celle de son environnement régional ont été à de nombreuses reprises gravement menacées.
Sorti de la guerre, le Liban a amorcé sa reconstruction et s’est engagé à affermir l’Etat de droit, fidèle à ses aspirations démocratiques. Après une période fortement troublée, le Liban doit pouvoir retrouver la voie de la confiance et de la prospérité. Cela passe par la pleine restauration de sa souveraineté et le libre exercice de la démocratie.
Le Conseil de sécurité demande, depuis 1978 et bien après qu’il ait constaté le retrait israélien, le respect de l’intégrité territoriale, de l’indépendance politique et de la souveraineté du Liban. Il a régulièrement réaffirmé ces objectifs.
Or, aujourd’hui, des hypothèses graves pèsent sur l’avenir du Liban : l’ingérence syrienne dans la vie politique du pays, et plus particulièrement dans le processus électoral, qui marque la crise actuelle, mais aussi le maintien de l’occupation, la présence persistante des milices armées.
La France est profondément préoccupée par les risques d’un retour en arrière du Liban par rapport aux objectifs constamment réaffirmés par la communauté internationale. C’est pourquoi une mobilisation rapide et une réaction déterminée du Conseil de sécurité nous est apparue indispensable.
Le retrait des forces étrangères de tout le territoire libanais et le démantèlement des milices libanaises et non-libanaises ne doivent plus être différés. Le processus électoral au Liban doit se poursuivre sans aucune interférence étrangère.
Ces demandes que le Conseil de sécurité renouvelle aujourd’hui sont cohérentes avec les positions qu’il a régulièrement prises, depuis plus de vingt-cinq ans. Le Conseil ne commet pas d’ingérence en dénonçant le risque pour la paix et la sécurité internationales de la crise actuelle ; c’est au contraire en s’abstenant que le Conseil cautionnerait l’ingérence inadmissible d’un Etat dans les affaires intérieures d’un autre Etat souverain.
La France estime qu’en réagissant aujourd’hui avec fermeté, le Conseil de sécurité marque sa confiance en l’avenir du Liban. Cet avenir doit passer par la pleine restauration de sa souveraineté et non par l’intensification des ingérences extérieures.
Je vous remercie./.
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