Les Palestiniens marquent contre leur camp
[pour ce journaliste arabe israélien, le comportement des Palestiniens à
Gaza, et en particulier les tirs de roquettes, est incompréhensible : chaque
Qassam tirée sur Israël est un but des Palestiniens contre leur camp]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3271537,00.html
Yediot Aharonot, 5 juillet 2006
par Zohair Androus (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les faits : les tirs continuels de roquettes artisanales Qassam ont provoqué
des dommages massifs, peut-être irréversibles, pour le peuple palestinien
qui gémit sous la botte de l¹occupation israélienne. Ils donnent aussi à
l¹armée israélienne une raison de poursuivre sa politique des assassinats
ciblés.
D¹après des sources militaires israéliennes, plusieurs civils palestiniens
ont été tués suite à ce qu¹Israël appelle "des erreurs commises par l¹armée
de l¹air au cours de missions où des missiles ont été tirés sur des cibles"..
Les mêmes sources soulignent que plus de 1.000 Qassams ont été tirées depuis
Gaza depuis le retrait israélien d¹août 2005.
Le comportement des Palestiniens dans ce contexte illustre, mieux que tout,
le chaos politique et sécuritaire qui continue à régner dans la bande de
Gaza et à rendre celle-ci incontrôlable. Les politiques, emmenés par Mahmoud
Abbas et par le gouvernement Haniyeh, n¹ont pas su imposer une accalmie
temporaire aux groupes armés, alors qu¹Israël, de son côté, avait averti que
si les tirs se poursuivaient, il réactualiserait ses plans de réoccupation
de Gaza. Suite à l¹enlèvement du soldat Gilad Shalit, l¹opération "Pluies
d¹été" a débuté.
A la lumière de cette situation, toutes les factions palestiniennes doivent
entamer un sérieux examen de conscience pour parvenir à certaines décisions
stratégiques : la supériorité militaire d¹Israël est claire, et si l¹armée
met à exécution sa menace d¹entrer dans Gaza, les Palestiniens n¹ont pas les
moyens d¹y faire quoi que ce soit.
De plus, à cause du siège imposé par Israël, la bande de Gaza est devenue
une caisse d¹explosifs alors que la faim, la pauvreté et le chômage
atteignent des sommets. On a l¹impression que le pragmatisme a été rayé du
dictionnaire palestinien. Et l¹on a du mal à se libérer de l¹impression que
certains groupes n¹ont pas encore tiré les leçons de la résistance libanaise
: quand le sud Liban était territoire occupé, le Hezbollah tirait
régulièrement des Katioucha sur Kiryat Shmona [ville israélienne proche de
la frontière libanaise]. Mais depuis le retrait israélien en mai 2000, les
tirs de missiles sur le nord d¹Israël ont cessé.
Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils à tirer alors qu¹Israël a
quitté Gaza ?
La poursuite des tirs sur Israël prouve qu¹il n¹y a aucune raison. Au
contraire : chaque Qassam tirée sur Israël est un but des Palestiniens
contre leur camp. Chaque Qassam tirée nous fait perdre un peu de soutien de
la communauté internationale qui tend vers les Palestiniens quand des civils
sont tués.
Quand le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan s¹est plaint auprès
d¹Ehoud Olmert des attaques israéliennes qui ont fait des victimes civiles,
ce dernier a répondu simplement que les Palestiniens tiraient
systématiquement sur le sud d¹Israël, et Annan a dû battre en retraite.
Suspendre le feu apporterait d¹immenses bénéfices au peuple israélien, et
humilierait Israël. En l¹absence de tirs de Qassam, Olmert ne pourrait plus
présenter les actions israéliennes comme "de l¹autodéfense". Il est donc de
l¹intérêt national palestinien que les factions cessent immédiatement de
tirer sur Israël.
Concernant le prisonnier de guerre Gilad Shalit, je conseille au
gouvernement israélien de comprendre le message clair envoyé par le père de
Shalit : il n¹y a aucun moyen de restaurer la force de dissuasion de Tsahal..
Le refus d¹Israël de négocier avec ceux qu¹il insiste pour nommer des
"terroristes" est gouverné par l¹émotion et non par la raison. Après tout,
dans le passé, Israël a bien négocié avec Ahmed Jibril et avec Nasrallah, le
leader du Hezbollah. Si l¹on suivait cette logique jusqu¹au bout, ils
devraient être effacés de la liste des "terroristes" constituée par Israël.
(1) Zohair Androus est rédacteur en chef du journal arabe israélien Kul
al-Arab
Gaza, et en particulier les tirs de roquettes, est incompréhensible : chaque
Qassam tirée sur Israël est un but des Palestiniens contre leur camp]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3271537,00.html
Yediot Aharonot, 5 juillet 2006
par Zohair Androus (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les faits : les tirs continuels de roquettes artisanales Qassam ont provoqué
des dommages massifs, peut-être irréversibles, pour le peuple palestinien
qui gémit sous la botte de l¹occupation israélienne. Ils donnent aussi à
l¹armée israélienne une raison de poursuivre sa politique des assassinats
ciblés.
D¹après des sources militaires israéliennes, plusieurs civils palestiniens
ont été tués suite à ce qu¹Israël appelle "des erreurs commises par l¹armée
de l¹air au cours de missions où des missiles ont été tirés sur des cibles"..
Les mêmes sources soulignent que plus de 1.000 Qassams ont été tirées depuis
Gaza depuis le retrait israélien d¹août 2005.
Le comportement des Palestiniens dans ce contexte illustre, mieux que tout,
le chaos politique et sécuritaire qui continue à régner dans la bande de
Gaza et à rendre celle-ci incontrôlable. Les politiques, emmenés par Mahmoud
Abbas et par le gouvernement Haniyeh, n¹ont pas su imposer une accalmie
temporaire aux groupes armés, alors qu¹Israël, de son côté, avait averti que
si les tirs se poursuivaient, il réactualiserait ses plans de réoccupation
de Gaza. Suite à l¹enlèvement du soldat Gilad Shalit, l¹opération "Pluies
d¹été" a débuté.
A la lumière de cette situation, toutes les factions palestiniennes doivent
entamer un sérieux examen de conscience pour parvenir à certaines décisions
stratégiques : la supériorité militaire d¹Israël est claire, et si l¹armée
met à exécution sa menace d¹entrer dans Gaza, les Palestiniens n¹ont pas les
moyens d¹y faire quoi que ce soit.
De plus, à cause du siège imposé par Israël, la bande de Gaza est devenue
une caisse d¹explosifs alors que la faim, la pauvreté et le chômage
atteignent des sommets. On a l¹impression que le pragmatisme a été rayé du
dictionnaire palestinien. Et l¹on a du mal à se libérer de l¹impression que
certains groupes n¹ont pas encore tiré les leçons de la résistance libanaise
: quand le sud Liban était territoire occupé, le Hezbollah tirait
régulièrement des Katioucha sur Kiryat Shmona [ville israélienne proche de
la frontière libanaise]. Mais depuis le retrait israélien en mai 2000, les
tirs de missiles sur le nord d¹Israël ont cessé.
Alors, pourquoi les Palestiniens continuent-ils à tirer alors qu¹Israël a
quitté Gaza ?
La poursuite des tirs sur Israël prouve qu¹il n¹y a aucune raison. Au
contraire : chaque Qassam tirée sur Israël est un but des Palestiniens
contre leur camp. Chaque Qassam tirée nous fait perdre un peu de soutien de
la communauté internationale qui tend vers les Palestiniens quand des civils
sont tués.
Quand le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan s¹est plaint auprès
d¹Ehoud Olmert des attaques israéliennes qui ont fait des victimes civiles,
ce dernier a répondu simplement que les Palestiniens tiraient
systématiquement sur le sud d¹Israël, et Annan a dû battre en retraite.
Suspendre le feu apporterait d¹immenses bénéfices au peuple israélien, et
humilierait Israël. En l¹absence de tirs de Qassam, Olmert ne pourrait plus
présenter les actions israéliennes comme "de l¹autodéfense". Il est donc de
l¹intérêt national palestinien que les factions cessent immédiatement de
tirer sur Israël.
Concernant le prisonnier de guerre Gilad Shalit, je conseille au
gouvernement israélien de comprendre le message clair envoyé par le père de
Shalit : il n¹y a aucun moyen de restaurer la force de dissuasion de Tsahal..
Le refus d¹Israël de négocier avec ceux qu¹il insiste pour nommer des
"terroristes" est gouverné par l¹émotion et non par la raison. Après tout,
dans le passé, Israël a bien négocié avec Ahmed Jibril et avec Nasrallah, le
leader du Hezbollah. Si l¹on suivait cette logique jusqu¹au bout, ils
devraient être effacés de la liste des "terroristes" constituée par Israël.
(1) Zohair Androus est rédacteur en chef du journal arabe israélien Kul
al-Arab
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