Toni sur les traces de Rossi

Publié le par david castel


 
 
Photo : Reuters

Football, Coupe du Monde 2006 - Journal du Mondial, Zoom sur Luca Toni

Emmanuel Quintin, Sport24.com

Muet pendant quatre matches, Luca Toni a retrouvé son efficacité face à l’Ukraine. Toute l’Italie espère désormais le voir mener la Squadra Azzurra jusqu’au sacre. Comme Paolo Rossi en 1982…

Jusqu’à la 59e minute du quart de finale contre l’Ukraine, Luca Toni passait un peu au travers de sa Coupe du Monde. Elément incontournable du onze transalpin depuis sa première sélection il y a près de deux ans (première sélection le 18 août 2004), le buteur de la Fiorentina n’avait toujours pas trouvé le chemin des filets en quatre matches contre le Ghana, les Etats-Unis, la République tchèque et l’Australie. Déjà, la presse transalpine commençait à se poser des questions. Comment l’attaquant si efficace en Serie A (51 buts en deux ans) pouvait-il rester muet aussi longtemps ? Avait-il le niveau pour disputer une Coupe du Monde ? Autant de critiques qui ont blessé l’ancien joueur de Palerme. D’autant que si son compère d’attaque, Alberto Gilardino, avait lui trouvé le chemin des filets contre les Etats-Unis, le Milanais était bien moins présent que lui dans le jeu transalpin. Maladroit ou malchanceux, en tout cas très volontaire, Toni a encaissé sans broncher. Avant de répondre sèchement à ses détracteurs, sur le terrain.

Le souvenir de 1982
Une tête de près et une offrande de Zambrotta lui permettaient en effet de s’offrir un doublé et de propulser l’Italie dans le dernier carré d’une Coupe du Monde pour la première fois depuis 1994. Deux buts de renard, deux buts de chasseur venus récompenser les efforts de l’attaquant, esseulé en pointe durant toute la partie. «Je suis très heureux pour Luca», se réjouissait Marcello Lippi après la qualification contre l’Ukraine. «Il n’avait pas encore marqué dans ce Mondial et ce n’était pas normal pour un joueur comme lui qui a inscrit tant de buts cette saison. Mais pendant les premiers matches, cela ne s’est souvent joué qu’à quelques centimètres. Avant le match, je lui ai dit : «tu vas marquer. Peut-être même deux fois !» Grâce à ses deux buts, Luca grandit encore». Et l’Italie fait déjà la comparaison entre Toni et l’un de ses illustres prédécesseurs sous le maillot de la Nazionale, le grand Paolo Rossi. Flatteur pour le moment pour le Florentin mais assez juste si on regarde les chiffres. Revenu de suspension après une affaire de matches arrangés quelques semaines avant la Coupe du Monde 1982, Rossi avait en effet traversé le premier tour sans marquer le moindre but. Idem lors du face à face avec l’Argentine lors du premier match de la deuxième phase. Le futur héros de toute l’Italie, et meilleur buteur de la compétition, avait alors attendu le somptueux rendez-vous face au Brésil (3-2) pour ouvrir son compteur d’un triplé qui permettait à la Squadra Azzurra de se qualifier pour les demi-finales. Les Italiens jouaient alors leur cinquième match de la compétition. Et face à l’Ukraine, les hommes de Marcello Lippi disputaient leur… 5e match du Mondial. Un signe ?

«Est-ce que je vais faire comme Paolo Rossi ? Je ne sais pas. Je me sens bien», se contentait de déclarer le capocanoniere de la dernière saison du Calcio (31 buts). «J'ai un peu souffert des critiques. D'ailleurs, je dédie mes deux buts à tous ceux qui me sont restés fidèles, même quand ça allait mal», poursuivait le buteur revanchard. Désormais lancé, l’atout offensif numéro 1 des Italiens espère désormais conduire la Squadra Azzurra au titre mondial, après lequel elle court depuis…1982. Pour cela, il lui faudra se débarrasser de l’Allemagne, un adversaire contre lequel les Italiens sont invaincus en Coupe du Monde. «Italie-Allemagne, ça va être très dur, ils sont très costauds, mais je suis sûr qu'on va faire un grand match», affirme Toni. Pour mémoire, la dernière fois que les deux équipes se sont affrontées, le 1er mars dernier, les Transalpins avaient corrigé les hommes de Jürgen Klinsmann (4-1). C’était à Florence et, devant son public, Luca Toni avait marqué bien sûr.

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Publié dans Mundial 2006

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