OEil pour œil

Publié le par david castel


5 janvier 2006
Ondes de choc
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Ondes de choc : Archives

OEil pour œil
Richard Martineau
 
S'il y a un film que vous devez voir en ce début d'année, c'est Munich, de Steven Spielberg. C'est le pamphlet politique le plus virulent et le plus pertinent depuis Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

Je vous entends déjà crier votre indignation: "Quoi? Mettre le père de E.T. et Indiana Jones dans le même panier que le réalisateur de Bowling for Columbine et Roger and Me? Mais c'est une aberration, un sacrilège!"

Eh bien non. Ces deux films visent la même cible et rongent le même os.

Adaptation de Vengeance, best-seller du journaliste canadien George Jonas (un ouvrage-choc qui a causé une énorme controverse à sa sortie, en 1984), le film de Spielberg se déroule au lendemain des terribles événements qui ont secoué les Jeux olympiques de Munich en 1972. Afin de venger les 11 athlètes israéliens lâchement assassinés par Septembre Noir, un groupe terroriste pro-palestinien, Golda Meir, alors première ministre d'Israël, a mis sur pied un groupe d'intervention paramilitaire ultrasecret.

Sa mission: retrouver les 11 personnes responsables de cette attaque ignoble, et les abattre sur-le-champ.

Pendant deux ans, les membres de ce groupe ont patrouillé le monde. Ils ont amassé des informations, acheté des armes sur le marché noir, fabriqué de faux passeports et suivi leurs cibles à la trace. Ils ont abattu un homme dans le hall d'une tour d'habitation, placé des bombes dans un téléphone et sous un lit, et fait exploser une chambre d'hôtel à Athènes. Ils ont abattu

de sang-froid trois Arabes devant une église en Suisse, tué une femme dans une péniche en Hollande et fait sauter l'automobile d'un suspect à Paris.

Du 16 octobre 1972 au 11 novembre 1974, les membres de cette escouade ont tué 15 personnes.

Ils ont vengé leurs compatriotes, comme le souhaitait Golda Meir.

Mais ils ont aussi perdu leur âme en chemin.

La dernière scène de Munich se déroule à New York en 1975. Floué, déprimé, rongé par le doute, le chef de l'escouade antiterroriste se demande s'il a bien fait d'accepter cette mission. La caméra le suit alors qu'il longe la rivière Hudson.

On le voit marcher les mains dans les poches. On aperçoit les buildings de Manhattan. Puis la caméra effectue un lent panoramique à gauche et s'arrête sur les deux tours du World Trade Center.

The End.

Spielberg est un cinéaste intelligent. S'il a décidé de terminer son film sur des images du World Trade Center (un punch que j'ai trouvé aussi fort que celui de La Planète des singes), ce n'est pas innocent. C'est parce qu'il veut établir un parallèle entre Israël et les États-Unis, entre les décisions prises par Golda Meir en 1972 et celles prises par George W. Bush en 2001.

"La vengeance est une arme dangereuse, dit en substance Spielberg. Quand on terrorise des terroristes, quand on tue des meurtriers, quand on brise la loi pour attraper des gens qui brisent la loi, quand on bafoue les libertés individuelles pour punir des gens qui bafouent les libertés individuelles, on finit par perdre son âme et par descendre au niveau de ses ennemis. La meilleure façon de défendre la démocratie est de la respecter."

Si ce n'est pas un film politique, je me demande ce que c'est...

Ce n'est pas la première fois que Spielberg critique l'administration américaine. War of the Worlds, son film précédent, était aussi une métaphore sur la lutte antiterroriste menée par George W. Bush. À travers cette adaptation crépusculaire du classique de H.G. Wells, Spielberg montrait à quel point le recours aux armes est une solution inadéquate lorsque vient le temps de lutter contre une menace aussi insidieuse que le terrorisme. Rappelez-vous le personnage interprété par Tim Robbins. Sorte de "survivaliste" fou qui tripait sur les fusils et qui était prêt à écraser ses voisins pour tuer ses ennemis, il était dépeint comme un véritable crackpot.

Il a beau avoir fait des films sur des requins et des extraterrestres, Steven Spielberg n'en demeure pas moins un auteur important qui a des choses à dire. Suffit d'aller au-delà des apparences et de voir un peu plus loin que le bout de son nez...


 
 



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Les vengeances tardives n'ont pas la saveur qu'on leur imagine, parce qu'elles ont moisi... (Christiane Baroche)  
 
C'est une citation qui s'applique très bien quant à moi à la morale du film. Je suis aussi 100% d'accord avec Mr. Martineau lorsqu'il dit qu'il s'agit d'un film politique. Je n'ai pas encore vu celui-ci, mais la description, et toutes les critiques sont unanimes. Steven Spielberg fait maintenant des films sérieux, métaphoriques et oserais-je ajouter engagés...

Le seul problème, si je puis dire qu'il y a problème, c'est que plusieurs avant lui, et pas n'importe qui, ont osé dire ce que Spielberg répète dans son film. J'avance donc que Spielberg a opportunément dénoncé, de jolie façon probablement, ce que d'autres auront fait courageusement bien avant lui. Reprendre le discours de la masse n'est certe pas très méritoire.

Ce qui m'étonne un peu plus (pas tout à fait dans le fond mais bon...), c'est qu'une grande puissance comme les Etats-Unis s'affiche aussi comme LE modèle démocratique mondial. Les pays dominants comme eux refusent trop souvent de jouer le jeu démocratique à l'extérieur de leurs frontières, incitant les peuples étrangers à devenir réactionnaires. Notre monde est encore dangereux, toujours prêt à revivre de violents retours en arrière comme les dernières années nous l'ont malheureusement prouvé.

Ces idéologies extrémistes se seraient éteintes d'elles-même, si nos démocraties étaient si justes et égalitaires...

Dans un contexte plus général, je dirais que les élus respectent les droits des citoyens et acceptent le résultat des élections lorsqu'elles ont lieu, mais c'est bien souvent le seul pouvoir décisionnel accordé par les dominants au peuple. Et ce peuple, lorsqu'il est traité avec respect, justice, et sans manipulation, n'aspire qu'à la paix. Mais c'est loin d'être ce qui se passe.

Frédéric Tardif  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{6 votes}
10 janvier 2006

Spielberg parle enfin...  
 
Il y a longtemps que j'attendais une prise de position de Spielberg, sur la situation en Israel, l'administration de George Bush, sur le terrorisme. Il m'aparraissait évident que ce dernier vivait ces dernières années un boulversement en ce qui avait attrait à ses convictions personnelles et cela se voyait bien dans ses derniers films. Son oeuvre avait toujours été très claire en ce qui avait rapport aux gentils héros, aux méchants vilains et surtout, à toute la masse poplulaire qui semblait comme hypnotisée, prise entre les deux extrèmes. Puis, après Schindler's list, cela s'est mis à changer. Spielberg est entré en période de nuances. En commençant par Oscar Schindler (était-il vraiment bon, ou un peu méchant?) Puis le capitaine John Miller de Saving Private Ryan, un héros ou un soldat grogneur ne songeant qu'à rentrer à maison au plus vite? Et Frank Abagnale, l'ultime escroc de Catch Me If You Can...Et de film en film, ses protagonistes devenaient de plus en plus complexes, de plus en plus humains...Jusqu'au personnage de Avner Kauffman du film Munich, oeuvre quasi-miroir de Schindler's list, où l'assassin méthodique et froid est cette fois-ci quand même gentil et attendrissant, et où ses cibles sont également des humains attachants et interessants, et où tout notre monde semble tout à coup se retourner sur lui-même et où tous nos repairs de ce qui semble être bon et mauvais s'évanouissent, emportant avec eux nos prégugés et faisant place à la... réalité: Nous avons tous un peu de Hitler en nous, et un peu de Mère Thérésa également...Et c'est ce que Spielberg montre dans ce dernier film. La métaphore qu'il en fait est-elle trop floue? Peut-être. J'ai hate au jour où il ira plus loin et nous servira son ultime chef-d'oeuvre, le jour où il donnera en fin la vision d'HOMME LUCIDE qu'il a sur le monde et ce jour, cette "masse populaire hypnotisée" saura peut-être dans quel sens aller...

Jean-François Gagnon
{24 votes}
8 janvier 2006

Le mur des lamentations bing bang...  
 
M. Martineau, vous commencez votre chronique en ce début d'année, sur un sujet qui est vieux comme le monde, la loi du TALION, qui pour obtenir justice, consiste à rendre coup pour coup. Votre propos vient du fait que vous êtes allé voir le film, Munich, de Spielberg. Vous savez, beaucoup de gens, qui, comme moi, n'ont pas encore vu le film. Alors, pourquoi avez-vous mentionné le punch de la fin. Ça nous gâche le plaisir de le découvrir. Est-ce une petite vengeance de votre part? '' Martineau au poteau ''.

La vengeance est d'origine tribale, liée à la guerre et à la barbarie. C'est peut-être ce qui explique qu'on la retrouve d'avantage dans certains pays arabes, qui par leurs traditions, l'appliquent ou l'appliquaient pour se faire justice.

Quand un israélien tape sur un palestinien et vice versa, c'est le poing levé tout en criant vengeance et bing bang, la violence recommence, par ici le mur des lamentations et que ça saigne en gros plans sur l'écran couleur de nos téléviseurs. Voilà du boudin. (La java des bombes atomiques de Boris Vian) Toujours d'actualité ce cher Vian.

Vous dites, M. Martineau, par la signature de son film, Spielberg suggère que d'utiliser la vengeance comme arme, on y perd son âme. Encore faut-il en avoir une? Il parle d'ennemis. Quels ennemis? Alors descendre au niveau de ses ennemis me parait-être une aberration. Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que le pire ennemi que l'homme peut-avoir, n'est rien d'autre que lui-même.(Fuck Golda Meir, fuck George W. Bush)

Pour l'homme de bonne volonté, la démocratie demeure une voie intéressante pour l'évolution de son espèce... (jusqu'à preuve du contraire)
À propos, la Vengeance est un plat qui se mange froid. Bon appétit!

Serge Gagnon Parker
{45 votes}
7 janvier 2006

La marque de Caïn...  
 
Depuis toujours,l'homme engrange conquête et destruction...et cela n'est pas près de changer étant donné la nature "animale" de ce dernier.Voilà un film qui donne tout son sens au proverbe suivant:"La vengeance est un plat qui se mange froid".Je n'entrerai pas dans l'analyse du conflit parce que j'estime que certains lecteurs de VOIR l'ont déjà fait mieux que je ne saurais le faire.Ma touche personnelle consistera donc à parler simplement de ce que m'inspire ce besoin de venger l'offense qui nous habite tous.N'y a-t-il rien de plus illusoire que ce sentiment étant donné que la revanche n'efface pas la faute mais contribue au con-traire à l'entretenir d'où le cercle vicieux?Je n'ai pas encore vu le film et je ne sais pas si j'irai mais si je me fie à ce que Martineau laisse entendre,un des protagonistes se question-ne à la fin sur la pertinence de sa participation à cet acte.Cela me suffit pour croire que le ressentiment est un chemin plutôt ardu et pas particulièrement "jojo".
Dans toutes ces histoires de conflits,de guerres,de représailles,chacun cherche à prouver sa supériorité sur l'autre ainsi que son bon droit et tous les moyens sont bons à utiliser.Il n'est pas nécessaire de tuer son adversaire pour le punir,on peut aussi le châtier en s'attaquant à ses croyances et en les tournant en dérision.La liste des procédés que l'homme utilise pour discréditer son "ennemi" est impressionnante et il peut faire preuve d'une étonnante créati-vité à ce sujet.Or,dès que l'on touche à ce que représente pour l'homme sa nation,son ter-ritoire,ses croyances religieuses ou philosophiques, l'intolérance n'est pas loin. Et l'intolérance à mon avis ,est la mère de toutes les violences quelles qu'elles soient...

Sylvie Bourgon  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{10 votes}
7 janvier 2006

La politique au radar  
 
Si on peut comprendre de la part de quelqu'un comme Spielberg de ne pas être capable de voir objectivement les revendications des palestiniens et de les montrer comme appartenant tous à des mouvements d'extrémistes, cela ne nous dispense pas pour autant de nuancer les visions de celui qui à travers toute son oeuvre cinématographique s'est consacré à montrer la haine dont son peuple est l'objet. Ses invectives, il les avait jusque-là garder pour les nazis et leurs sympathisants. Malgré l'approche plutôt populiste qu'il avait employée pour le faire, nous ne pouvions qu'approuver ses intentions. Mais avec ce film, même si les meutres dont se sont rendus coupables ceux qui ont assassiné ces athlètes demeurent odieux, cela n'efface aucunement ceux dont l'État d'Israël s'est aussi rendu coupable, soit durant les guerres de représaille qu'il a mené, soit par le fait de s'être rendu indirectement responsable des assassinats dans des camps de réfugiés palestiniens. Ces meutres furent pourtant commis sous la responsabilité de celui qui passe maintenant pour un héros et une colombe, soit cet Ariel Sharon dont toute la presse occidentale se soucie de la santé pendant que des palestiniens croupissent dans des conditions de vie qui les emporteront dans la mort bien avant l'âge atteint par ce personnage dont tout le monde ou presque se soucie maintenant. C'est cette politique de représaille et d'oeil pour oeil qui a conduit Israël et la Palestine là où ils sont maintenant, c'est-à-dire au bord du gouffre. Laissons donc à leur Ancien Testament ceux qui désirent s'y cantonner malgré sa déraison et souhaitons à ces peuples des leaders qui feront autre chose que perpétuer des guerres inutiles.

Marc Audet  Internaute dans les 10 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{8 votes}
7 janvier 2006

le silence chez Spielberg  
 
Le cinéma est une invention de patenteux issus de la première grande industrialisation
de l'Occident,il y a cent ans.Il étaient des techniciens,plus ou moins ratés,des silencieux
faibles en thème mais illuminés d'idées,toutes plus folles les unes que les autres,en ruptu-
re totale avec la culture officielle de leur époque.Le cinéma,à son origine,est un art du
silence où l'image allume l'intelligence du spectateur en le projetant par le mouvement,
(24 images secondes)dans un univers hors de son contrôle.Le cinéma ne doit rien aux
autres arts,et en particulier à la littérature totalitaire,dont il est l'antithèse parfaite.
Et si une image vaut mille mots,aujourd'hui,ce n'est pas parce qu'elle est plus intelligente,
mais parce que la littérature refuse toujours de la prendre en compte,d'admettre que le mot
n'est plus le nec plus ultra du sublime, du sens en art et dans la vie réelle.
Spielberg est un cinéaste du silence,et ce silence n'est jamais aussi beau qu'au coeur-
même du vacarme de ses mises en scène.
Dans "Saving Private Ryan",une courte scène l'illustre avec génie.Une patrouille de sol-
dats s'avance dans un bois,fusils pointés,aux aguets,au milieu d'un épais silence.Tout à
coup,des gouttes de pluies,de plus en plus fréquentes à mesure que l'on s'avance,se
se mettent à tomber sur les feuilles,à tel point qu'à la fin cela ressemble à une mitraille
venue de partout et de nulle part à la fois.
Tout de suite j'ai compris que Spielberg nous annonçait ainsi le sort qui attendait ces
soldats,à la fin du film.
D'autres silences mis en image par Spielberg dans ses films,il y en a des tas.
Dans "Always",descendu par les critiques myopes comme des taupes,un cerf traverse
l'écran,pendant trois secondes,au milieu de cette scène surréaliste ou l'aviateur au
paradis se fait tondre les cheveux par Audrey Hepburn,morte,hélas ,depuis.
Cet ange furtif qui passe,je me suis laissé prendre à croire,un instant,que c'est Dieu.
Sublime,le silence ,chez Spielberg

Jean-Claude Bourbonnais  Internaute dans les 200 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{9 votes}
7 janvier 2006

Pour l'analyse politique, il faudra repasser!  
 
En 1972, j'avais 18 ans, et je me souviens très bien de la couverture médiatique de l'événement. Les affreux Arabes avaient tué 11 otages israéliens. Le drame dans son toute horreur était révélé au monde dans un bruit assourdissant qui ne voyait tout que d'un seul oeil. Celui des Israéliens.

Le monde entier était témoin de ce qui allait déterminer nos vies pour des décénies. Je ne veux pas insinuer que ce conflit entre Israel et la Palestine date de cette époque. Nous savons tous qu'il date de la création même d'Israel. Mais je crois que cet événement a servi à crystaliser ce qui est devenu maintenant une guerre planétaire. Je ne veux pas prendre partie. Ce qui compte c'est que le monde a changé depuis cet événement. Il a changé beaucoup a cause de cet événement. Et il m'est difficile d'y penser sans sentir un grand malaise. Celui que l'on sent quand les choses nous ont dépassés. Spielberg n'est pas objectif dans sa façon d'aborder ce sujet. Il veut traiter de toute cette pression d'avoir à venger un peuple qui s'est fait attaquer dans son identité. Comme le furent les USA au lendemain du 11 septembre.

En ce sens, ce film me fait penser à Octobre de Falardeau. Il focalise sur le 'human interest' alors que le véritable sujet est émiemment politique. Il met l'accent sur les drames humains. Celui de ces individus chargés d'exécuter la sale besogne plutôt que sur les impacts de ces gestes prémédités destinés à assouvir le besoin de vengeance d'un peuple dépassé par les ignominies commises pas son propre gouvernement. Spielberg évacue toute perspective historique pour faire place à un drame humain déterminé par des choix politiques qui se sont révélés être de terribles erreurs. Nous en vivons malheureusement encore aujourd'hui les désolantes conséquences. Mais celà ne semble pas le préoccuper outre cette référence grossière au 9\11 et les tours jumelles. Peut-être un bon film mais pour l'analyse politique il faudra cependant repasser.

Yves Bolduc  Internaute dans les 10 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{20 votes}
6 janvier 2006

Pourquoi Munich  
 
Munich a, dramatiquement, mis sur le devant de la scène la tragédie palestinienne, ensevelie sous l'indifférence. Plus de cinquante ans que l'essentiel persiste : la moitié des Palestiniens sont exilés, deux millions vivent sur un territoire quadrillé de routes militarisées. Et le récent désengagement de Gaza semble motivé par une volonté de redécoupage, par Israël, de la déjà minuscule Cisjordanie. Il y en aura encore qui s'étonneront de l'ampleur du Hamas.

Les moyens des dominants (armée high-tech, technologie d'espionnage, etc.) ont des conséquences sanglantes beaucoup plus marquantes que ceux des dominés, sans être garants de la finalité.

La filmographie de Spielberg joue sur deux registres : la sensation (ex : Duel, Les Dents de la mer, Indiana Jones, E.T.) et la perception (ex : Couleur pourpre, La Liste de Schindler, Amistad). Qu'il profite de sa renommée et de son indépendance financière pour ne pas se limiter à l'insignifiant (i.e. valeur existentielle nulle) en tentant le signifiant, c'est tout à son honneur. Mais l'acte créateur n'est pas dénué du stigmate idéologique. Et ce n'est pas un problème en soi. Il est de la responsabilité du spectateur, en l'occurrence, de le décoder. Juger le comment sans explorer sur le pourquoi, c'est handicaper la réflexion.

Aborder le doute des moyens semé chez le puissant représente une nouveauté intéressante dans le traitement de cette problématique par Spielberg. Il démontre que les exécutants peuvent aussi avoir un questionnement moral. Cette nuance rompt avec le manichéisme trop souvent présent dans les productions cinématographiques hollywoodiennes.

Sylvain Proulx  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{21 votes}
6 janvier 2006

Munich, horrible propagande anti-arabe  
 
M. Martineau,

Les pseudo ''pro-israël'' seront réconfortés dans leur mépris des arabes. Quoi de mieux pour détourner l'attention du massacre en irak en cours en ce moment Allez voir un film de ''méchants'' arabes...

Des gens pourtant intelligents (mes parents) ne comprennent pasque les arabes se sont fait épouvantablement niaiser (tuer, massacrer, déporter)
Et ce qui a causé la prise d'otage n'est pas montré (L'envahissement de 1967) (Un envahissement mille fois pire que la tuerie de 11 personnes)

La guerre de Bush tue 100 arabes par semaine...135 arabes sont morts aujourd'hui...
Est-ce que j'ai la force de voir 15 arabes se faire massacrer froidement un par un ? Je suis pro-arabe et je n'irai sûrement pas voir cette horreur épouvantable Je ne comprend pas comment vous faites pour endurer ça...
Vous êtes au courant que les arabes sont des humains ?

Ce que vous dites : ''les 11 israéliens lâchement assassinés'' est faux. Mais c'est bien ce que Spielberg veut faire croire.
UN seul otage a été lâchement assassiné,
Les autres sont morts quand la police allemande a forcé un assaut inutile à la fin Les palestiniens n'avaient pas tué les 10 autres. Ils voulaient partir.
L'assaut crétin des allemands à tué tout le monde
De toute évidence ce n'est pas montré dans le film non plus...évidement

Spielberg est un arrogant bouffon qui n'a pas lever le petit doigt pour arrêter Bush et sa gigantesque tuerie irakienne (pas mal plus que 11).

''C'est correct si on tue 100 arabes par semaine, ils ont tué 11 israéliens en 1972'' ??? Si vous trouvez que c'est stupide de penser comme ça, détrompez-vous ! Parce que des millions d'abrutis penseront exactement ça....

Si je veux voir des arabes se faire tuer je n'ai qu'à ouvrir la télé et regarder les nouvelles à tous les jours...
Pas besoin d'aller voir le film .

Etienne Devilliers
{44 votes}
5 janvier 2006

Un bric-à-brac  
 
Depuis Munich 1972 il en a coulé de l'eau sous les ponts. Bientôt, après le départ d'Ariel Sharon il en coulera encore et la loi du Talion sévira à chaque fois qu'elle sera nécessaire. La nature ayant horreur du vide, il ne faut pas se surprendre de la résurgence de scénarios insensés tous pleins de vengeances imbriquées les unes dans les autres.

Je ne connais pas la politique d'Israël ni celle du proche Orient. Mais l'Histoire démontre une instabilité constante dans cette partie de la planète et personne ne veut céder quoi que ce soit de ses acquis. A tort ou à raison les Etats Unis d'Amérique chevauchent ces régions en faisant de la haute voltige parfois sans filet. Je ne suis ni pro ni anti, je suis un parfait ignorant de la chose parce qu'à mes yeux elle demeure extrêmement compliquée. Même si des trésors de diplomatie parviennent à des accords ne fussent que temporaires, tout reste explosif. Il faut marcher constamment sur des oeufs même si ceux-ci sont déjà pourris.

Tout est politisé de nos jours. Il n'y a pas moyen de s'en sortir, il faut vivre avec. Du sport extrême aux enfants qui doivent travailler, du métro de Laval à la future autoroute 25 dans l'est de Montréal, rien n'y est oublié. Les décisions bien arrêtés qui ont été prises hier ne valent plus pour aujourd'hui, il faut en créer d'autres dans l'intérêt de tout le monde. C'est une bataille à longue échéance, une guerre sans fin. Dans un tel bric-à-brac politique je m'y perds de plus en plus. Alors j'écoute et je regarde ce qui se dit et se passe sans avancer d'un iota dans ma logistique personnelle. Mon logiciel est "out".

Ce n'est pas aussi simple de s'aventurer dans ces méandres minés. Ce n'est pas non plus en se fermant les yeux que le climat va s'améliorer. S'impliquer personnellement? Je n'ai pas la formation pour, encore moins la compétence pour émettre un point de vue, si primordial soit-il­. La vérité et l'ignorance se côtoient sans qu'on soit capable d'en discerner la moindre nuance

Yvon Turcotte  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{33 votes}
5 janvier 2006

Un vision partiellement polarisée  
 
Le film est intéressant et présente le point de vue des israéliens sur le phénomène du terrorisme qui est pratiqué contre eux. Il glorifie donc la lutte pour la survie et présente comme juste la leur. Par contre, le point de vu des palestiniens est presque complètement occulté. Il ne nous est pas présenté le spectacle des camps de réfugiés palestiens qui sont bombardés par Israel. Il devient facile de démoniser les méchants terroristes barbares et incultes palestiens.

Est-ce que l'état d'Israel qui s'est emparé des terres palestiennes et a tassé les palestiniens dans des camps de réfugiés, et est-ce que leur cause sont si vertueux? J'en doute.

Gilles Lafrenière
{25 votes}
5 janvier 2006

Vengeance, non; défense, oui!  
 
Les attentats de Munich et ceux du 9/11 n'ont rien de comparable: Alors que les premiers étaient perpétrés par un groupe qui voulait vivre dans la terre qu'il pensait défendre, les derniers aspirent au martyr et sont motivés par leur haine contre tout ce qui n'est pas musulman.

Le seul moyen d'y traiter, c'est de décapiter les têtes dirigeantes qui sont remplacées par d'autres plus radicales, perdant ainsi leurs appuis populaires jusqu'à la quasi-disparition.

Le gouvernement Algérien a assassiné les dirigeants du GIA dans la quasi-guerre civile des années 90:
Il en reste environ 2000 de ces « combattants », qui ne savent plus pourquoi ils se battent, et sont rendus à voler l'huile pour survivre l'hiver après avoir perdu toute sympathie populaire.

L'Égypte a agi de même pour contrer la vague de terrorisme des années 90:
Les fondamentalistes ont quasi-disparus, et les frère musulmans (instigateurs idéologiques) ont obtenu 100 sièges dans les dernières élections législatives en prêchant la modération!

Israël a assassiné Ahmed Yassine et El Rantisi, chefs du Hamas qui prônaient l'éradication des juifs:
Israël n'a jamais été aussi calme, et le Hamas compte participer dans les futures élections palestiniennes, alors qu'il dénonçait toutes les précédentes!

Les E.U. assassinent et kidnappent des dirigeants d'El Kaeda:
Ce mouvement s'est radicalisé avec l'émergence de fous sanguinaires tel El Zarquawi (accusé d'être un agent du Mossad) qui extermine les civils irakiens, réduisant la popularité de Ben Laden au quart dans le monde musulman alors qu'elle était des 2 tiers avant l'invasion de l'Irak.

C'est beau de parler des droits de la personne, mais comment neutraliser des fanatiques endoctrinés à mourir pour maximiser les pertes civiles de leurs adversaires?

En les invitant à se trouver un avocat tout en leur offrant le gym et la piscine dans la prison?

Comme le disait un bien pensant:
J'aime être de gauche quand la droite est au pouvoir!

Charles Azar
{1 vote}
9 janvier 2006

Fais ce que je te dis et non ce que je fais.  
 
Je n'ai pas encore vu ce film mais j'avoue que le sujet (peu connu) y est fort interessant. J'avais justement cette réflexion cette semaine à voir que l'on prêche souvent par l'exemple. Que ce soit dans nos milieux familiaux, sociaux mais surtout dans nos patries et où nos gouvernements par leurs actions ont et se doivent d'emettre et traçer les lignes de conduites.

De nos jours, avec les États de plus en plus policiers, nous sommes à resserrer les limites du commun des mortels tout en rendant laxistes et immorales les faits et gestes des puissances de ce monde. Prenons le fait que Bush se foute totalement de la torture faite dans les prisons de son clan un peu partout dans le monde dénote une inconsidération morale quasi dangeureuse pour la paix du monde entier. Ensuite que notre propre pays ne soit pas plus punitif quant aux magouilles financières flouant nombreux épargnants et que les criminels ne soient pas plus inquiets de leur sort s'ils se font pinçer, eh bien nous avons un parfait exemple de l'État se montrant de plus en plus mafieux et çe sans le moindre tintillement de désir de faire justice.

Tout ceci fait de notre planète de plus en plus la place du chaos et que les gens, les électeurs n'ont aucun intérêt face à la langue de bois, les discours vide de sens dans un monde où le paraître est l'unique vertue et où les cowboys aux gros bras, baffouent les conventions mondiales pour s'amuser à défier.

Claude Foliot
{6 votes}
7 janvier 2006

Nous devrions faire pareil  
 
La vengeance n'est pas la solution. Peu importe le niveau de violence ou l'agression subie, la vengence engendre l'escalade de la violence.

J'ai trouvé que Munich mettait bien en scène cette évidence surtout par le fait que le presonnage principal, quand il commence à douter, s'interroge sur l'utilité de sa mission à savoir l'extermination des "responsables" de l'organisation de la tuerie des Olympiques de Munich. En effet, les membres de la mission secrète se rendent compte assez vite que chaque personne tuée est rapidement remplacée par une autre personne, qui est parfois encore plus violente et radicale que la précédente. En effet, une culture de terreur et de vengeance entraîne des nouvelles générations qui n'ont connu que la violence et qui en font leur seul vrai modèle. Par exemple, lors de l'intervention à Beyrouth, un homme est tué sous les yeux de son fils. Il est donc prévisible que le fils voudra venger le père et qu'ainsi de suite la culture de la violence et de la vengeance se renouvellera sans fin.

Le conflit israélo-palestinien n'aura d'issue que par le biais de négociations et de compromis importants de la part des 2 parties. Au fond, ce que toute personne sur la terre veut et ce dont elle a besoin c'est le sentiment d'appartenance et une terre sur laquelle il peut revenir et se sentir chez lui. Après tout, ce besoin est fondamental et nous rapproche de la bête que nous sommes...chaque animal n'a-t-il pas besoin de son territoire?

Et réfléchissons bien, ne sommes nous pas très loin des aminaux dans plusieurs de nos comportements? Je pense bien que oui, mais les animaux sont plus intelligents que nous sur certains points...ils ne se détruisent que pour se nourrir et ne s'entretuent pas par vengeance...dans le ropyaume des animaux, chacun respecte le territoire de son voisin.

Nous devrions faire pareil.

Stéphanie Garon
{1 vote}
7 janvier 2006

Les cornes cornues  
 
Certains vont croire que le film ne vise qu'à montrer les arabes sous leur mauvais jour. A tous ceux qui croient qu'à chaque fois qu'il entend le mot arabe, des cornes poussent sur la tête du réalisateur de ET.
Je suis désolée de vous dire ça...mais
Vous n'avez pas très bien compris tout l'impact de ce film sur la société actuelle.
Monsieur Martineau voit une métaphore sur les événéments entre états-uniens et arabes.
Oui, bien sûr, mais je ne crois pas ce soit le seul pays à être ainsi. En effet, plusieurs pays restent dans l'ombre mais n'agissent sûrement pas plus intelligemment que le fait Monsieur Bush... Le film pousse beaucoup de gens à réagir. Pourquoi réagir aussi fort à un événement passé en 1972? Tout simplement parce qu'il se démontre tout aussi actuel. Il parle d'arabes... De quoi parle-t-on aujourd'hui dans les journaux? Certainement pas des esquimaux! Des arabes, bien sûr. Leur cote de popularité s'avère assez haute en ces temps. Je tiens à dire que je n'ai rien contre eux et que je les respecte tout autant que tous les autres personnes sur cette terre. Alors, Spielberg, en tant que personne intelligente, a utilisé le cinéma pour afficher un problème qui n'a pas encore été réglé dans la société. Il rappelle des faits antérieurs pour montrer que rien n'a changé. On a stagné. LA société a stagné.
Je félicite ce réalisateur d'avoir pris le sujet de la vengeance parce qu'il faut que ça change.
Et si Bush, Chirac et les autres pouvaient prendre le temps de se payer un petit cinéma, ils pourraient peut-être devenir meilleurs dirigeants ou au moins démissionner...
Monsieur Martineau, je suis toutefois déçue de voir que vous dévoilez la fin du film aux lecteurs. Cette image s'avère forte oui, mais l'impact aurait été encore plus grand si les gens l'avaient vue au cinéma. Le cinéma possède une force incroyable que bien des pays n'ont pas: montrer les choses, moraliser critiquer. J'avoue que ça nous manque parfois

Laurence Couture
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7 janvier 2006

Le conflit israelo-palestinien au cinéma  
 
Spielberg raconte maintenant la suite très méconnue d'«un des plus importants incidents» du conflit israelo-palestinien. Je ne suis cependant pas bien convaincu si Spielberg a posé par là un regard vraiment adulte sur un sujet moral et éthique. Le cinéma de fiction, par la durée relativement limitée d'un film, impose trop de simplification, et les questions posées restent somme toute très générales et à un degré premier.
L'histoire de la très mesquine magouille de Golda Meir procure selon moi une bonne trame pour un film d'espionnage mais pas une grande réflexion sur la bêtise humaine.
D'ailleurs, je trouve que le 7e art déçoit pas mal lorsqu'il aborde directement la question juive ou le conflit-israel-palestine. Les "Schindler's List", "Amen", "La Vita e bella" utilisaient le sujet pour davantage extirper des larmes plutôt que d'initier une réflexion qui va au delà des généralités.
Quant aux documentaires "Shoah", "A Day in September" ou ceux de Marcel Ophuls, ils ont un parti pris qui limite la portée du message.
Le cinéma, qui est en quelque sorte un art d'abord occidental, a traité abondamment de cette mauvaise conscience occidentale, et je ne crois pas que c'est avec Munich que le 7e art sortira de sa complaisance pour du larmoyant à partir d'un certain pseudo-remord.

Le conflit israelo-palestinien est une guerre entre deux peuples tous deux très revanchards qui fait couler beaucoup d'encre et imprime beaucoup de pellicule.
Alors qu'il y a juste Rémy Girard dans « Les Invasions barbares » qui rappelle les indigènes d'Amérique ou les noirs africains tués par centaines de millions par la chrétienté depuis le 16e siècle.

Hieu Ly  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
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7 janvier 2006

La Vérité sort parfois de la bouche des réalisateurs  
 
On a toujours dit que la violence entraîne la violence. Spielberg a décidé de nous le démontrer à sa façon. Pas avec des discours mais avec des images, un film n'est-il pas la meilleur façon de faire passer un message. Spielberg est un si grand réalisateur, un des plus connus. Son nom, seul, peut faire en sorte que les gens vont aller voir un film.

En ces temps où on voit de la violence gratuite partout, principalement au cinéma. Il est bon de voir un film qui nous oblige à réfléchir sur des enjeux de notre société actuelle. Et qu'il nous fait réaliser que les vengeances : « tu as tué mon frère, je vais te tuer » ne devrai
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Publié dans Munich Selon Spielberg

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