Les fusils, imbéciles, les fusils !
[le danger, ce ne sont pas les colonies sauvages, que le gouvernement
israélien n¹a d¹ailleurs toujours pas évacuées malgré ses promesses (dans un
avenir proche, peut-êtreS), mais les armes aux mains des colons]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3257343,00.html
Yediot Aharonot, 31 mai 2006
Les fusils, imbéciles, les fusils !
Par Arik Diamant (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
La presse est en ébullition, cette semaine, autour de la promesse d¹Amir
Peretz, ministre de la défense, de démanteler les colonies sauvages en
Cisjordanie. Selon une information, 12 de ces colonies allaient être
détruites, une autre parlait de 24, une troisième citait "un ministre de
premier plan" qui réclamait que plusieurs dizaines de ces colonies soient
évacuées.
Mais même les plus naïfs d¹entre nous ont du mal à croire ces déclarations.
Une simple recherche sur Internet avec les mots clé "évacuation de colonies
sauvages (outposts)" donne 166.000 résultats.
A peu près tous les hommes politiques ayant eu affaire à cette question ont
promis, d¹une manière ou d¹une autre, d¹évacuer ces colonies sauvages. Mais,
malheureusement, il n¹y a rien pour étayer le fait que ce soit davantage que
de simples menaces. C¹est même le contraire : il y avait environ 50 colonies
sauvages en 2001, il y en a 102 aujourd¹hui.
La réponse à la propagande sur les colonies sauvages est simple : quand vos
dirigeants disent qu¹ils vont évacuer des colons illégaux, ils veulent dire
en réalité qu¹ils vont construire. On parvient facilement à cette conclusion
en jetant un coup d¹¦il aux infrastructures qui ont permis de bâtir ces
colonies.
Des centaines de kilomètres de routes en bitume, un approvisionnement en eau
et en électricité, tout cela a été fourni par l¹Etat d¹Israël lui-même. Si
l¹Etat avait voulu mettre fin à ce phénomène, tout ce qu¹il avait à faire
était de stopper le flot des finances et des ressources.
Ce phénomène des colonies sauvages est si étendu qu¹il faut une flotte de
conteneurs d¹eau rien que pour alimenter les colons, à un coût de dizaines
de milliers de shekels par jour. Si nous fermions le robinet et mettions à
genoux les habitants des colonies sauvages, il ne faudrait que quelques
semaines pour certains se brisent et partent de leur plein gré.
L¹absurdité de cette charade de l¹évacuation des colonies sauvages a été
démontrée en septembre 2004 quand des membres de "Courage to Refuse" et de
Shalom Arshav (La Paix Maintenant) ont démantelé une colonie sauvage sans
verser une goutte de sang, et qu¹ils se sont même débrouillés pour placer
l¹une des maisons vides en face du ministère de la défense à Tel-Aviv.
Il n¹a fallu que quelques dizaines de personnes pour mener à bien cette
opération, avec pour seules armes deux camions et beaucoup de motivation. On
voit donc que l¹évacuation de colonies sauvages ne pose aucun véritable
problème. Quand la volonté existe, on trouve une solution.
Mais, comme il a été dit plus haut, le ministère de la défense ne démontre
aucune volonté de la sorte. Même si, symboliquement, une colonie sauvage est
détruite tous les mois, cela est fait principalement pour détourner
l¹attention de l¹opinion du vrai problème. Les délinquants ont alors le
temps de s¹organiser, de faire appel à leurs amis et de se barricader à
l¹intérieur de la clonie sauvage.
A la fin de la journée, comme on l¹a vu à Amona, ils en arrivent à frapper
des policiers, dont le corps est un objet légitime de la violence des
colons.
Les colonies sauvages sont devenues de la menue monnaie politique, quelque
chose qu¹on jette à l¹opinion quand les sondages n¹ont rien de mieux à
offrir (dans le meilleur des scénarios) ou pour détourner l¹attention de
l¹opinion d¹autre chose (dans le pire).
Binyamin Ben-Eliezer, Shimon Peres, Ariel Sharon, Shaul Mofaz, Ehud Olmert
et maintenant Amir Peretz ont tous promis d¹évacuer. Mais, alors que les
médias et l¹opinion se concentraient sur leurs promesses vides de sens, plus
de 30.000 nouveaux colons se sont installés dans les Territoires ces six
dernières années, et la construction réelle dans les grosses colonies se
poursuit à un rythme meurtrier.
La bonne nouvelle, c¹est que par le passé, les colonies sauvages
représentaient une réelle menace parce que toute colonie sauvage abandonnée
finissait par se transformer en une colonie beaucoup plus importante.
Aujourd¹hui, alors qu¹Israël se prépare à un retrait, c¹est surtout pour les
colons eux-mêmes que ces colonies sauvages constituent une menace.
Au lieu de concentrer leurs forces pour sauver les gros blocs de colonies,
les colons se sont dispersés sur des centaines de points de colonisation.
Or, il est clair que le jour de la grande évacuation, les points les plus
isolés seront abandonnés. Ils ne représentent donc pas une grande menace
dans l¹optique d¹un éventuel accord ou même d¹un retrait unilatéral.
Le ministre de la défense serait bien avisé de commencer à confisquer les
armes de colons, ceux des colonies sauvages comme ceux des colonies
importantes, plutôt que de se concentrer sur des avant-postes marginaux, en
ayant à l¹esprit l¹objectif de les ramener en Israël.
Les maisons vides au sommet des collines ne représentent aucune menace pour
la sécurité d¹Israël. Les fusils aux mains des délinquants des collines de
Samarie, si.
(1) Arik Diamant est l¹un des dirigeants du mouvement "Courage to Refuse"
("messarvim lema¹an Israel") : http://www.seruv.org.il/english/default.asp
israélien n¹a d¹ailleurs toujours pas évacuées malgré ses promesses (dans un
avenir proche, peut-êtreS), mais les armes aux mains des colons]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3257343,00.html
Yediot Aharonot, 31 mai 2006
Les fusils, imbéciles, les fusils !
Par Arik Diamant (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
La presse est en ébullition, cette semaine, autour de la promesse d¹Amir
Peretz, ministre de la défense, de démanteler les colonies sauvages en
Cisjordanie. Selon une information, 12 de ces colonies allaient être
détruites, une autre parlait de 24, une troisième citait "un ministre de
premier plan" qui réclamait que plusieurs dizaines de ces colonies soient
évacuées.
Mais même les plus naïfs d¹entre nous ont du mal à croire ces déclarations.
Une simple recherche sur Internet avec les mots clé "évacuation de colonies
sauvages (outposts)" donne 166.000 résultats.
A peu près tous les hommes politiques ayant eu affaire à cette question ont
promis, d¹une manière ou d¹une autre, d¹évacuer ces colonies sauvages. Mais,
malheureusement, il n¹y a rien pour étayer le fait que ce soit davantage que
de simples menaces. C¹est même le contraire : il y avait environ 50 colonies
sauvages en 2001, il y en a 102 aujourd¹hui.
La réponse à la propagande sur les colonies sauvages est simple : quand vos
dirigeants disent qu¹ils vont évacuer des colons illégaux, ils veulent dire
en réalité qu¹ils vont construire. On parvient facilement à cette conclusion
en jetant un coup d¹¦il aux infrastructures qui ont permis de bâtir ces
colonies.
Des centaines de kilomètres de routes en bitume, un approvisionnement en eau
et en électricité, tout cela a été fourni par l¹Etat d¹Israël lui-même. Si
l¹Etat avait voulu mettre fin à ce phénomène, tout ce qu¹il avait à faire
était de stopper le flot des finances et des ressources.
Ce phénomène des colonies sauvages est si étendu qu¹il faut une flotte de
conteneurs d¹eau rien que pour alimenter les colons, à un coût de dizaines
de milliers de shekels par jour. Si nous fermions le robinet et mettions à
genoux les habitants des colonies sauvages, il ne faudrait que quelques
semaines pour certains se brisent et partent de leur plein gré.
L¹absurdité de cette charade de l¹évacuation des colonies sauvages a été
démontrée en septembre 2004 quand des membres de "Courage to Refuse" et de
Shalom Arshav (La Paix Maintenant) ont démantelé une colonie sauvage sans
verser une goutte de sang, et qu¹ils se sont même débrouillés pour placer
l¹une des maisons vides en face du ministère de la défense à Tel-Aviv.
Il n¹a fallu que quelques dizaines de personnes pour mener à bien cette
opération, avec pour seules armes deux camions et beaucoup de motivation. On
voit donc que l¹évacuation de colonies sauvages ne pose aucun véritable
problème. Quand la volonté existe, on trouve une solution.
Mais, comme il a été dit plus haut, le ministère de la défense ne démontre
aucune volonté de la sorte. Même si, symboliquement, une colonie sauvage est
détruite tous les mois, cela est fait principalement pour détourner
l¹attention de l¹opinion du vrai problème. Les délinquants ont alors le
temps de s¹organiser, de faire appel à leurs amis et de se barricader à
l¹intérieur de la clonie sauvage.
A la fin de la journée, comme on l¹a vu à Amona, ils en arrivent à frapper
des policiers, dont le corps est un objet légitime de la violence des
colons.
Les colonies sauvages sont devenues de la menue monnaie politique, quelque
chose qu¹on jette à l¹opinion quand les sondages n¹ont rien de mieux à
offrir (dans le meilleur des scénarios) ou pour détourner l¹attention de
l¹opinion d¹autre chose (dans le pire).
Binyamin Ben-Eliezer, Shimon Peres, Ariel Sharon, Shaul Mofaz, Ehud Olmert
et maintenant Amir Peretz ont tous promis d¹évacuer. Mais, alors que les
médias et l¹opinion se concentraient sur leurs promesses vides de sens, plus
de 30.000 nouveaux colons se sont installés dans les Territoires ces six
dernières années, et la construction réelle dans les grosses colonies se
poursuit à un rythme meurtrier.
La bonne nouvelle, c¹est que par le passé, les colonies sauvages
représentaient une réelle menace parce que toute colonie sauvage abandonnée
finissait par se transformer en une colonie beaucoup plus importante.
Aujourd¹hui, alors qu¹Israël se prépare à un retrait, c¹est surtout pour les
colons eux-mêmes que ces colonies sauvages constituent une menace.
Au lieu de concentrer leurs forces pour sauver les gros blocs de colonies,
les colons se sont dispersés sur des centaines de points de colonisation.
Or, il est clair que le jour de la grande évacuation, les points les plus
isolés seront abandonnés. Ils ne représentent donc pas une grande menace
dans l¹optique d¹un éventuel accord ou même d¹un retrait unilatéral.
Le ministre de la défense serait bien avisé de commencer à confisquer les
armes de colons, ceux des colonies sauvages comme ceux des colonies
importantes, plutôt que de se concentrer sur des avant-postes marginaux, en
ayant à l¹esprit l¹objectif de les ramener en Israël.
Les maisons vides au sommet des collines ne représentent aucune menace pour
la sécurité d¹Israël. Les fusils aux mains des délinquants des collines de
Samarie, si.
(1) Arik Diamant est l¹un des dirigeants du mouvement "Courage to Refuse"
("messarvim lema¹an Israel") : http://www.seruv.org.il/english/default.asp
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