Abbas veut un référendum sur un Etat palestinien dans les frontières de 1967

Publié le par david castel

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http://www.lapaixmaintenant.org/article1279

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http://www.haaretz.com/hasen/spages/719390.html

Ha¹aretz, 25 mai 2006


par Arnon Regular

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Mahmoud Abbas, président de l¹Autorité palestinienne, a déclaré ce jeudi
qu¹il organiserait un référendum national sur la base d¹un document qui
appellerait à un Etat palestinien dans les frontières de 1967, si le Hamas
ne répondait pas favorablement à sa proposition dans un délai de 10 jours.

La question posée aux Palestiniens serait : acceptez-vous, ou non, le
document élaboré au début du mois par des dirigeants palestiniens détenus en
Israël (1) ? Ce document appelle à un Etat palestinien en Cisjordanie, dans
la bande de Gaza et à Jérusalem Est, territoires conquis par Israël à
l¹occasion de la guerre de 1967. Le document a été négocié pendant quatre
semaines par d¹importants prisonniers appartenant au Hamas et au Fatah dans
la prison israélienne de Hadarim, où se trouve actuellement en détention le
dirigeant du Fatah Marwan Barghouti.

Abbas a déclaré jeudi lors d¹une réunion de dirigeants palestiniens qu¹il
existe un consensus national sur les frontières du futur Etat palestinien :
"Tous les Palestiniens, du Hamas jusqu¹aux communistes, nous tous voulons un
Etat palestinien dans les frontières de 1967. Voilà ce qui est à notre
portée, ne parlons pas de nos rêves." Il a précisé que si 10 jours de
dialogue entre le Hamas et le Fatah (dialogue qui a commencé jeudi) ne
débouchaient pas sur un programme commun, il organiserait un référendum dans
les 40 jours qui suivraient.

 Interrogé sur le soutien dont auraient besoin les Palestiniens pour créer
leur Etat indépendant, Abbas a dit : "Les Etats arabes attendent que nous
adoptions cette attitude de réalisme, pour pouvoir travailler en harmonie et
faire avancer la cause palestinienne. Ils ne peuvent rien faire pour la
cause palestinienne si les Palestiniens s¹opposent à tout."

Les pourparlers [qui ont débouché sur le document qui constituerait la base
du référendum] ont eu lieu dans une aile réservée à 120 Palestiniens détenus
pour raisons de sécurité, a déclaré l¹avocat de Barghouti, Khader Shkirat.
Après que les dirigeants politiques des partis eurent donné leur accord,
Barghouti a rédigé un projet, amendé au cours des négociations. De
nombreuses sessions se sont tenues dans la cour de la prison.

Le Hamas est attaché à la destruction d¹Israël, et a repoussé les exigences
de la communauté internationale qui lui demandent de reconnaître Israël et
de renoncer à la violence. Depuis son accession au pouvoir, le mouvement
islamiste semble avoir assoupli sa position, mais il a refusé, jusqu¹à
présent, de renoncer à sa revendication s¹un Etat islamique sur toute la
Palestine historique, qui comprend Israël.

Il n¹est pas certain que Mahmoud Abbas ait tenu le Hamas informé avant son
annonce sur le référendum. Certains représentants du Hamas disent avoir été
pris par surprise, mais affirment soutenir l¹idée. S¹adressant aux
journalistes après son discours, Abbas a déclaré qu¹il ne considérait pas sa
proposition comme un jeu qui consisterait à déterminer jusqu¹où il est
possible d¹aller, mais qu¹un consensus national était urgent et nécessaire :
"La situation devient dangereuse. La nation tout entière est en danger. Nous
ne pouvons pas attendre pour le restant de nos jours". Parlant de
l¹opposition croissante entre le Fatah et le Hamas, Abbas a dit que les
tensions internes mettaient en danger les aspirations du peuple : "Tout le
monde ressent le danger de cette crise. Notre projet national est en
danger."


Ismail Haniyeh en appelle à l¹unité

A l¹entame des deux jours de dialogue, le premier ministre de l¹Autorité
palestinienne, Ismail Haniyeh (Hamas) a lui aussi dit que les parties
devaient travailler à l¹élaboration d¹un programme commun palestinien.
S¹exprimant par vidéoconférence depuis Gaza, Haniyeh a dit aux délégués
réunis à Ramallah : "Nous sommes très proches d¹un accord sur notre vision
politique, mais nous devons renforcer l¹unité nationale. Nous affirmons
notre volonté d¹unifier nos positions politiques, car cela nous apportera la
confiance de notre peuple.

"Ce dialogue national se concentrera sur la perspective d¹un accord
politique, par l¹adoption d¹une position pragmatique, afin qu¹il y ait une
base pour réaliser l¹union nationale", a pour sa part affirmé Yasser Abed
Rabbo (Fatah) avant la rencontre.

Certains représentants du Hamas disent craindre que ce dialogue soit utilisé
par certaines factions pour réclamer la démission du gouvernement, pour
cause d¹échec à diriger l¹Autorité palestinienne de manière efficace. "Si le
but de ce dialogue est de montrer que le gouvernement a échoué dans ses
tâches et qu¹il doit accepter une formule politique qui sous-entende des
compromis, alors ce dialogue échouera", a déclaré Khalil Abou Laïla, un
dirigeant du Hamas à Gaza.

Azzam al-Ahmad, leader du groupe parlementaire du Fatah, a dit qu¹un accord
était improbable. "Je n¹en attends pas de résultats concretz, en particulier
à cause du fossé politique qui sépare le Hamas du Fatah. Si le Hamas insiste
pour rester sur ses positions rigides et poursuit sa politique de
monopolisation du pouvoir, la crise ne fera qu¹empirer", a-t-il dit.


Les parties seraient parvenues à un accord verbal avant les pourparlers

De source palestinienne, le Fatah et le Hamas seraient parvenus à un accord
verbal en amont des pourparlers pour ce qui concerne la répartition des
pouvoirs au gouvernement et les négociations avec Israël. Le quotidien de
Londres Al Hayat al-Jadida rapporte que le Hamas aurait accepté qu¹Abbas
mène des négociations avec Israël sur la base des positions de l¹OLP. Tout
accord auquel Abbas parviendrait avec Israël devrait être approuvé par
référendum.

Le Hamas et le Fatah se seraient également mis d¹accord pour
l¹administration des finances de l¹Autorité palestinienne soit confiée à
Mahmoud Abbas, pour permettre à la communauté internationale de faire
parvenir son aide humanitaire aux Palestiniens. Les Etats-Unis et l¹Europe
ont stoppé leur aide humanitaire, par crainte que les fonds soient utilisés
par le Hamas pour des activités terroristes.

/S

D¹autres sources palestiniennes ont affirmé avant le sommet que les
différences entre les parties demeuraient très importantes, à la fois sur le
plan des principes politiques qu¹à propos du partage des pouvoirs au sein de
l¹Autorité palestinienne. Malgré les pourparlers, les heurts entre partisans
du Hamas et du Fatah ont continué jeudi à Gaza. Hier, un militant du Hamas
et un haut officier du service de sécurité préventive de l¹Autorité
palestinienne [contrôlé par le Fatah] ont été tués à Gaza.


(1) voir notre article : http://www.lapaixmaintenant.org/article1276


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Par ailleurs, un autre article d¹Ha¹aretz du même jour indique qu¹Amir
Peretz, ministre israélien de la défense, a autorisé la livraison de
plusieurs centaines d¹armes légères à destination des forces armées
palestiniennes fidèles à Mahmoud Abbas. Ces armes transiteraient par un pays
tiers, probablement l¹Egypte ou la Jordanie.

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