Munich de Spielberg déclenche une controverse

Publié le par david castel


par Renaud de Rochebrune
© Reuters*
Avec sa dernière réalisation autour de l’affaire des Jeux olympiques de 1972, Steven Spielberg, lui-même juif, est accusé de donner une mauvaise image d’Israël...

«Je ne peux rien vous dire... sinon ils vont me briser les jambes ! » L'individu qui prononçait cette phrase il y a six mois à Budapest n'était pas un membre de la mafia repenti recherché par ses anciens complices, mais tout simplement un acteur britannique répondant à l'invite d'un journaliste qui voulait l'interviewer sur le tournage auquel il participait. Il ne faisait qu'obéir à des consignes de discrétion totale du producteur et du réalisateur. Des consignes qui avaient déjà conduit ces derniers à faire confisquer tous les portables des figurants de peur qu'ils ne prennent clandestinement des photos sur le plateau.

Ce film n'était autre que le dernier Spielberg, Munich. Celui-ci raconte l'histoire d'une vengeance meurtrière opérée par un commando israélien après la plus célèbre des opérations terroristes palestiniennes. Le Mossad, sur instruction du Premier ministre Golda Meir, avait en effet décidé en 1972 de faire supprimer physiquement un à un, à n'importe quel coût, tous les Palestiniens qui avaient participé de près ou de loin à la prise en otages puis au massacre de onze sportifs israéliens lors des Jeux olympiques qui s'étaient déroulés cette année-là dans la capitale de la Bavière. Et c'est la traque de ces hommes inscrits hâtivement sur une liste noire de douze noms - au Liban, dans divers pays européens et même aux États-Unis - et le meurtre de beaucoup d'entre eux qui constituent la matière du long-métrage, réalisé un peu à la manière d'un thriller.

Pourquoi fallait-il maintenir à ce point le secret autour du film, inspiré du livre intitulé Vengeance du journaliste canadien, George Jonas, qui avait prétendu dévoiler toute la vérité sur cette opération ? Peut-être en partie pour des raisons de marketing : un film entouré de mystère est forcément très attendu et bénéficiera par là même d'une publicité gratuite lors de sa sortie. Mais aussi parce que les producteurs du film n'ignoraient pas qu'il y a des sujets qui se prêtent particulièrement à la polémique. Si on laisse les critiques fuser avant même qu'on puisse montrer le résultat du tournage sur l'écran, la controverse peut parfois non seulement décourager le grand public, mais surtout ruiner la réputation du film en décrédibilisant son scénario.
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Publié dans Munich Selon Spielberg

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