The White Countess, avec Ralph Fiennes

Publié le par david castel


Nouveauté

Une critique de Michel Coulombe

cote du film : 3
Calendrier Culturel

James Ivory affectionne les films en costumes. Ce cinéaste américain atypique a tourné en Inde (Heat and Dust), en Angleterre (Howards End), en Italie (A Room With a View), en France (Jefferson in Paris), aux États-Unis (The Bostonians), des films parfois insatisfaisants, jamais futiles, toujours soignés, invariablement défendus par des distributions prestigieuses. The White Countess se situe dans la continuité de cette oeuvre unique. Mais pour la première fois Ivory situe l'action en Chine. Et il s'agit de sa dernière collaboration avec le producteur Ismail Merchant, mort en 2005. Leur travail commun, une trentaine de films, s'est étalé sur 44 ans. Curieusement, leur dernier film témoigne de la fin d'une époque...

The White Countess

The White Countess constitue l'adaptation d'un roman japonais de Junichiro Tanizaki. On a confié le travail à un romancier anglais, Kazuo Ishiguro, dont Merchant et Ivory ont porté à l'écran l'oeuvre maîtresse, The Remains of the Day. L'histoire se passe à Shangai. En 1936 et en 1937, c'est-à-dire tout juste avant la guerre sino-japonaise. Shangai se révèle une ville très cosmopolite où se croisent des diplomates français, des hommes d'affaires américains, des aristocrates russes déchus et des Japonais en mission. Les Chinois quant à eux sont relégués à l'arrière-plan. Comme d'ailleurs certains acteurs de métier qui ont fort peu à faire dans ce film, à commencer par les soeurs Vanessa et Lynn Redgrave.

Excellent Ralph Fiennes

Le récit s'organise autour d'une boîte de nuit, lieu de toutes les intrigues. Le propriétaire (Ralph Fiennes) estime que la clé du succès de pareil établissement tient à la présence de femmes à la fois tragiques et érotiques. Tout à fait le profil de la comtesse russe à laquelle il s'associe (Natasha Richardson). On est tenté d'affirmer qu'ils se sont plu au premier coup d'oeil. Mais l'Américain est aveugle. Et Fiennes, comme toujours, excellent.

Deux heures plus tard

The White Countess fait revivre une page d'histoire où se rejoignent le désespoir de deux êtres. Une femme risque d'y perdre ce qu'un homme, lui, a perdu à jamais. Toutefois, ces deux parcours mettront beaucoup de temps à faire corps. Aussi le film traîne-t-il en longueur jusqu'au dénouement. Là, deux bonnes heures plus tard, il trouve un certaine force dramatique. Trop peu, trop tard.

Dans The White Countess, le propriétaire de la boîte de nuit se montre soucieux d'y nourrir une certaine tension afin d'assurer son succès. Le commentaire vaut aussi pour le film de Ivory. Il y manque cruellement cette tension. De sorte que le film laisse entrevoir des qualités qui ne se confirment jamais tout à fait. Fin d'une époque?

Publicité

Publié dans 1937

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article