L'ancienne annexe du Petit Palais
Conçue sur le thème des «arts et techniques dans la vie moderne» l'Exposition internationale de 1937 s'annonce grandiose. Pour l'État comme pour la Ville il faut faire vite et grand. Ensemble, en 1934, ils lancent un concours d'architectes pour la construction, à l'emplacement de l'ancienne manufacture des tapis de la Savonnerie, dévolu depuis 1836 à la Manutention militaire, d'un double musée d'art contemporain. Jean-Claude Dondel, André Aubert, Paul Viard et Marcel Dastugue sont préférés à Mallet-Stevens, Le Corbusier ou encore Tony-Garnier. La construction du «Palais de Tokyo» peut démarrer, elle durera moins d'un an. Une gageure qui expliquera des années plus tard la fragilité structurelle de l'édifice.
1937 fut également, pour la même raison, l'année d'une intense période d'acquisitions d'oeuvres modernes effectuées, alors, pour le Petit Palais, palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Citons La Danse de Matisse, Le Nu dans le bain et Le Jardin de Bonnard, L'Équipe de Cardiff de Robert Delaunay, La Rivière de Derain, Les Disques de Léger, l'Escale de Lhote, L'Oiseau bleu de Metzinger, quatre portraits d'artistes de Vuillard, des meubles de Pierre Chareau, André Arbus, Jacques Emile Ruhlmann, etc.,
Les décorations monumentales de Robert et Sonia Delaunay, d'Albert Gleizes et de Jacques Villon (don du Salon des réalités nouvelles en 1939), compléteront ce fonds. Dès lors, le Petit Palais commence à mériter son nom, les oeuvres y sont à l'étroit. En 1953, le legs Girardin conduira les autorités à garnir sa partie du Palais de Tokyo (l'aile est) du fonds moderne et contemporain. Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris naîtra officiellement huit ans plus tard.
É. B.-R.