Paris bohème, Paris glamour

Publié le par david castel

Paris bohème, Paris glamour

Willy Maywald au Musée Carnavalet

Musée Carnavalet, jusqu'au 30 septembre 2007

Le musée d’histoire de la ville rend hommage à Willy Maywald, photographe allemand tombé amoureux de Paris au point de s’y installer. En 300 photos, il met Paris dans tous ses états. Glamour et élégante avec des images de mode, mais aussi bohème avec des ateliers d’artistes de Montparnasse à Montmartre. Innovante et créatrice enfin avec une plongée dans l’Expo internationale de 1937.

« Vivre ici, vivre ici et voir tout ça… Oui, c’est ici que je veux vivre ! En remontant les Champs Elysées, je ne marchais pas, je volais ! ». Ainsi se souvient avec émotion Willy Maywald de sa première venue à Paris, à l’âge de 24 ans, alors qu’il était étudiant allemand aux Beaux-Arts. Une première visite, qui se prolongera jusqu’à sa mort… ou presque. Pendant la guerre, il est interné dans un camp de Montargis, puis placé dans une ferme, avant de se réfugier en Suisse et de revenir à Paris.
Totalement subjugué par la ville, le photographe autodidacte s’attache d’abord à en saisir les lieux phare. Sa première photo de Paris ? Une gargouille de Notre-Dame, en gros plan. C’était en 1931. Suivront de nombreux panoramas, toujours en noir et blanc, de la capitale française. Et des plongées dans les quartiers diablement vivants, bohèmes, de la cité. Dès 1932, Maywald s’installe à Montparnasse et arpente les ateliers d’artistes, peintres et sculpteurs, les terrasses des bistrots avec leur cortège de buveurs et parleurs, et tout simplement les rues. Il consacre de nouveau une part importante de son travail aux artistes à l’œuvre, après-guerre : foisonnante série de portraits qui embrassent Chirico au Café de Flore, Serge Poliakoff, Georges Braque, Fernand Léger ou Zadkine dans leurs ateliers respectifs.
Les bals se suivent et ne se ressemblent pas : de la porte Saint-Martin au café la Madelon, les femmes apprêtées se régalent des flonflons. Si les photos signées Maywald semblent stylisées, réfléchies, il dit travailler à l’instinct. « Tout ce que je fais est inconscient. »
Willy Maywald s’est aussi attaché au Paris créatif et innovant : reportage sur la recherche atomique au Collège de France et images de l’exposition internationale. En 1937, elle attira 31 millions de visiteurs au total et lui en livre un rare feuilleton, depuis l’installation des pavillons du monde à la construction du palais de Chaillot, en passant par les visites. Un témoignage d’autant plus exceptionnel qu’inédit. Il n’existait pas de tirage de ces images, dont Maywald croyait les négatifs disparus. On les a retrouvés dans ses archives, après sa mort, en 1985.

Mannequins dans la rue
C’est surtout pour son inlassable exploration de la mode qu’on connaît Willy Maywald. Pendant l’âge d’or de la maison Dior (47-57), il imprima durablement les créations du couturier, au rayon haute-couture, mais aussi parfums. Il en est l’un des photographes attitrés et poursuivra sa collaboration avec Yves Saint Laurent, devenu le directeur artistique de Dior.
Son goût pour la mode, le luxe et la création se confond singulièrement avec son amour de Paris. Le photographe est l’un des premiers à faire sortir les mannequins de leurs cocons feutrés pour les faire poser dans la rue, dans les hauts lieux parisiens soigneusement choisis : Tuileries, Pont Neuf, Ile de la Cité, Tour Eiffel, Quai Saint-Michel. Qu’elles sont belles, ces élégantes chapeautées à la taille de guêpe posant dans des décors prestigieux. Raffinement suranné garanti.

Exposition Willy Maywald
Jusqu’au 30 septembre, Musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné. Tlj sauf lundi, 10h-18h.

Photos (de haut en bas)
La Péruvienne, modèle de Christian Dior au Palais Royal, automne-hiver, Paris, 1949. Collection Association Willy Maywald, Copyright Association Willy Maywald, ADAGP
La Tour Eiffel avec la sculpture ornant le pavillon soviétique, Paris, Exposition universelle de 1937. Collection Musée Carnavalet, Copyright Association Willy Maywald, ADAGP
Chapeau et Voilette de Gérard Albouy, Paris 1938 - 1939. Collection Musée Carnavalet, Copyright Association Willy Maywald, ADAGP
La Péruvienne

Nedjma Van Egmond
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Publié dans LAETITIA

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