"dose minoritaire de proportionnelle"
Martine Archambault/Le Figaro
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Dans sa première interview depuis son élection, le chef de l'État réaffirme en exclusivité pour Le Figaro sa volonté de mettre en oeuvre son projet fondé sur "la franchise et la vérité" dès le lendemain du scrutin des 10 et 17 juin.
LE FIGARO - Quels enseignements tirez-vous de ce premier mois à l'Elysée ?Nicolas Sarkozy.- J'ai essayé de mettre à profit ce mois pour que - si les Français me donnent une majorité à l'Assemblée nationale - mon gouvernement puisse se mettre au travail dès le lendemain des législatives. J'ai été élu sur un projet fort, cohérent, basé sur la franchise et la vérité. Mon devoir c'est de mettre en oeuvre ce projet. J'ai eu l'occasion de dire qu'en matière économique et fiscale, je ne laisserai personne le dénaturer. Je veux dire, avec la même force, pour que cela soit bien compris de tout le monde qu'il en ira de même avec mon engagement en faveur d'une République irréprochable et d'une démocratie exemplaire.
Vous faites allusion à votre proposition de réserver la présidence de la commission des finances à l'opposition...
Notamment. Je comprends parfaitement que cet engagement, que j'ai pris devant les Français, puisse bousculer certaines traditions et peut être gêner des ambitions, mais tout cela a bien peu d'importance au regard de l'enjeu. Mon devoir de président c'est de rassembler une majorité et le devoir de la majorité c'est de s'ouvrir. Si la majorité ne s'ouvre pas, elle se condamne. Le président de la République ne peut être l'homme d'un parti ou d'un clan. Cet engagement sera donc tenu dès le lendemain des élections législatives. Mais j'irai plus loin.
Comment?
Je pense à la place qui doit être faite au développement durable. Je pense au rôle du Conseil économique et social, aux méthodes de travail du Parlement. Je pense aux droits de l'opposition qui doit enfin avoir un statut. Je pense à l'encadrement des nominations, à l'évaluation de tous les responsables sur leurs résultats. Je crois à cette politique. Je la mènerai. Je suis heureux d'avoir dans mon gouvernement des hommes de la qualité de Bernard Kouchner, de Jean-Pierre Jouyet, d'Eric Besson et Martin Hirsch. Ils ont été courageux. Si l'opportunité se présente, je proposerai à d'autres personnalités de gauche et du centre de nous rejoindre. Avec l'ouverture, je n'ai pas voulu faire un «coup». Je veux réformer en profondeur notre pays pour le moderniser. Parce que les changements seront forts, j'ai besoin d'une majorité large.
Cela devrait être le cas, si l'on en croit les sondages...
Rien n'est gagné. Rien n'est joué. L’heure n’est certes pas à la répartition de postes qui ne sont pas encore conquis. J'engage tous les responsables de la majorité à se battre jusqu'à la dernière minute, comme je l'ai fait moi-même, avant le premier tour et le second tour.
En demandant une large majorité, ne donnez-vous pas des arguments à ceux qui vous reprochent de «vouloir tous les pouvoirs»?
Ceux qui disent cela sont ceux qui se sont battus au côté de François Mitterrand pour lui donner la majorité que l'on sait! «Tous les pouvoirs», cela ne les gênait pas quand c'était pour la gauche! Qu'est ce que cela veut dire quand vingt régions sur vingt-deux sont à gauche, quand plus de la moitié des départements sont à gauche, quand tant de communes sont à gauche? Je n'essaie pas de savoir si la majorité sera trop grande ou trop petite. Je me bats pour obtenir le soutien parlementaire qui me permettra de mettre en oeuvre le projet ratifié par les Français. Je me bats pour avoir une majorité qui m’aide à appliquer le mandat qui m’a été confié.
Réformerez-vous le mode de scrutin des législatives ?
Je recevrai après l'élection toutes les formations politiques représentées à l'Assemblée, au Sénat et au Parlement européen...
Y compris le Front national ?
Au nom de quoi l'écarterais-je, dès lors qu'il a des élus? J'écouterai les propositions de chacun. Si un consensus se dégage en faveur d'une dose minoritaire de proportionnelle, nous en discuterons. Je ne suis pas fermé.
Les Français "imposeront" la proportionnelle, selon François Bayrou
AP | 07.06.2007 | 10:36
Le fondateur du MoDem (Mouvement Démocrate) François Bayrou a estimé jeudi que les Français "imposeront" l'introduction de la proportionnelle aux élections législatives, pour faire cesser le "verrouillage absolu du Parlement".
"Il faudra un jour remplacer cette loi électorale injuste par une loi électorale juste et vous verrez que les Français l'imposeront", a estimé François Bayrou sur France Info. "Un jour, les Français diront 'trop c'est trop'".
Le député des Pyrénées atlantiques, candidat à sa succession, a assuré qu'"il est impossible qu'on ait ainsi un verrouillage absolu de la République, du Parlement par une seule force, qui a remporté l'élection présidentielle, c'est vrai, mais qui pour autant ne représente pas l'ensemble des forces du pays".
"Il y a une loi électorale injuste, qui fait que le parti majoritaire va avoir une représentation - on dit un 'tsunami' avec peut-être 80% des sièges à l'Assemblée nationale, ce qui naturellement supprimera le débat (...) et fera que beaucoup de citoyens n'auront plus de recours", a prévenu François Bayrou.
Interrogé sur les déclarations du président Nicolas Sarkozy, qui se dit favorable à l'introduction d'une "dose minoritaire de proportionnelle" aux législatives, le fondateur du MoDem a rétorqué: "je ne sais pas ce qu'une dose veut dire". AP
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