Pal Schmitt, un champion d’escrime devenu député européen
| Sport - 01-06-2007 - 12:15 |
![]() Député européen et champion d'escrime : c'est bien le même homme ! |
Derrière un député européen se cache parfois une personnalité hors du commun, qui a brillé dans un tout autre domaine que la politique…Avec notre nouvelle série de portraits, vous découvrirez ces « outsiders », anciens sportifs ou artistes, finalement venus à la politique. Cette semaine : le hongrois Pal Schmitt qui, avant d’être député européen, était champion olympique d’escrime.
Il est frappant de constater l’abondance de talents sportifs parmi les députés européens. Y aurait-il un lien entre l’endurance nécessaire à tout exploit sportif, et celle nécessaire au succès politique ? Toujours est-il qu’on compte dans l’hémicycle un ex-pilote de rallye (le finlandais Ari Vatanen) ou un joueur professionnel de hockey sur glace (le slovaque Peter Šťastný). Le hongrois Pal Schmitt était, lui, champion d’escrime : il ouvre le bal de notre série sur les députés « hors du commun » du monde politique.
Pal Schmitt, un parcours atypique
Le hongrois Pal Schmitt, aujourd’hui député du Parti Populaire Européen-Démocrates Européens (PPE-DE), a exercé de nombreux métiers : après avoir travaillé dans l’hôtellerie, il excelle dans un sport tactique, l’escrime. En 1968 à Mexico, puis en 1972 à Munich, il remporte la médaille d’or d’épée par équipe aux Jeux des XIXe et XXe Olympiades ; il fut aussi champion du monde d’escrime en 1970 et 1971. Mais Pal Schmitt ne s’arrête pas là : il sera aussi Ambassadeur hongrois en Espagne et en Suisse, et chef du Protocole au Comité Olympique International.
Pal Schmitt, comment êtes-vous passé des pistes d’escrime au siège de député européen ?
« Au cours de ma carrière sportive, j’ai toujours pris soin de poursuivre parallèlement mes études. J’ai été diplômé de l’université des sciences économiques et j’ai appris les langues. Je n’aurais jamais pensé à l’époque devenir un jour député européen ; d’abord parce que lorsque j’étais sportif, la Hongrie vivait sous le communisme, avec un système totalitaire à parti unique. On ne pouvait pas imaginer vivre en démocratie et penser que la Hongrie ferait partie de l’Union Européenne et de l’OTAN. »
Vous avez présidé le Comité Olympique Hongrois pendant 18 ans et êtes membre du Comité International Olympique depuis 23 ans : au fil des années, quelles valeurs avez-vous développées, en tant que champion d’escrime, et lesquelles vous sont utiles pour votre travail quotidien de député européen ?
« Avant tout, laissez-moi dire qu’en tant que vice-président de la commission Culture au Parlement européen, je trouve essentiel d’accroître le niveau d’éducation au sein de l’Union Européenne, car elle est à la base d’une société de la connaissance. Ma carrière sportive m’a permis d’acquérir des talents que je n’aurais pas pu acquérir autrement. Le sport vous enseigne la concentration, la gestion de la monotonie, l’esprit d’équipe, le respect des règles, la résistance face à la douleur et la fatigue.
Ce que je dois au sport, c’est de pouvoir, à mon âge, 65 ans, continuer à travailler intensément. C’est aussi grâce à certains traits de caractère sportifs que l’on peut exceller parmi 785 députés européens. Une assiduité au dessus de la moyenne et une pro activité aident également à être efficace lors d’un débat ou lors de la présentation d’une résolution, par exemple. »
Vous êtes aussi président de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Croatie. Le Parlement vient d’adopter un rapport sur la Croatie : comment voyez-vous la perspective d’adhésion croate ?
« Depuis que les négociations d’adhésion avec l’UE sont basées sur les mérites propres de chaque pays -c’est-à-dire qu’elles sont découplés des négociations que l’UE poursuit avec la Turquie, je dois dire que la Croatie se développe bien. Elle a pratiquement clôturé la phase de screening (ndlr : phase de préparation des négociations d'adhésion, au cours de laquelle on identifie les domaines dans lesquels des progrès doivent être réalisés).
La Croatie ne sera pas un poids pour l’UE, dans la mesure où ses 4,5 millions d’habitants ont des niveaux de développement économiques avancés, parfois plus que certains membres actuels de l’UE -malheureusement c’est le cas pour mon pays, la Hongrie, ainsi que pour la Roumanie et la Bulgarie.
Si on parvient à adopter un projet de Constitution européenne d’ici à 2008, alors il se pourrait que la Croatie adhère à l’UE avant les élections européennes de 2009. Si ce n’est pas le cas, 2010 serait un scénario réaliste. »
Voilà trois ans que la Hongrie est membre de l’UE, et trois ans que vous êtes député européen. Qu’avez-vous accompli pendant cette période, et quelles sont vos priorités à venir ?
« Lorsque nous avons adhéré à l’UE, nous pensions enrichir l’UE avec notre langue, notre histoire, notre culture : cela, je pense que nous l’avons accompli. Je regrette cependant que sur le plan économique, nous soyons moins brillants. Et il est difficile d’être un bon député européen si son propre pays n’est pas performant ! Les indicateurs économiques de la Hongrie sont moins avancés que ceux des pays avec lesquels elle a rejoint l’UE en 2004. A l’époque, nous étions les leaders du groupe des 10 nouveaux pays, malheureusement nous en sommes maintenant les derniers !
La Hongrie supporte une dette publique énorme, un fort taux d’inflation (9%) et un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes. Je regrette aussi que l’entrée de la Hongrie dans la zone Euro soit sans cesse repoussée. Nous devons maintenant absorber efficacement les fonds alloués à la Hongrie par le budget européen 2007-2013 pour développer nos programmes nationaux. »
Pal Schmitt, un parcours atypique
Le hongrois Pal Schmitt, aujourd’hui député du Parti Populaire Européen-Démocrates Européens (PPE-DE), a exercé de nombreux métiers : après avoir travaillé dans l’hôtellerie, il excelle dans un sport tactique, l’escrime. En 1968 à Mexico, puis en 1972 à Munich, il remporte la médaille d’or d’épée par équipe aux Jeux des XIXe et XXe Olympiades ; il fut aussi champion du monde d’escrime en 1970 et 1971. Mais Pal Schmitt ne s’arrête pas là : il sera aussi Ambassadeur hongrois en Espagne et en Suisse, et chef du Protocole au Comité Olympique International.
Pal Schmitt, comment êtes-vous passé des pistes d’escrime au siège de député européen ?
« Au cours de ma carrière sportive, j’ai toujours pris soin de poursuivre parallèlement mes études. J’ai été diplômé de l’université des sciences économiques et j’ai appris les langues. Je n’aurais jamais pensé à l’époque devenir un jour député européen ; d’abord parce que lorsque j’étais sportif, la Hongrie vivait sous le communisme, avec un système totalitaire à parti unique. On ne pouvait pas imaginer vivre en démocratie et penser que la Hongrie ferait partie de l’Union Européenne et de l’OTAN. »
Vous avez présidé le Comité Olympique Hongrois pendant 18 ans et êtes membre du Comité International Olympique depuis 23 ans : au fil des années, quelles valeurs avez-vous développées, en tant que champion d’escrime, et lesquelles vous sont utiles pour votre travail quotidien de député européen ?
« Avant tout, laissez-moi dire qu’en tant que vice-président de la commission Culture au Parlement européen, je trouve essentiel d’accroître le niveau d’éducation au sein de l’Union Européenne, car elle est à la base d’une société de la connaissance. Ma carrière sportive m’a permis d’acquérir des talents que je n’aurais pas pu acquérir autrement. Le sport vous enseigne la concentration, la gestion de la monotonie, l’esprit d’équipe, le respect des règles, la résistance face à la douleur et la fatigue.
Ce que je dois au sport, c’est de pouvoir, à mon âge, 65 ans, continuer à travailler intensément. C’est aussi grâce à certains traits de caractère sportifs que l’on peut exceller parmi 785 députés européens. Une assiduité au dessus de la moyenne et une pro activité aident également à être efficace lors d’un débat ou lors de la présentation d’une résolution, par exemple. »
Vous êtes aussi président de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Croatie. Le Parlement vient d’adopter un rapport sur la Croatie : comment voyez-vous la perspective d’adhésion croate ?
« Depuis que les négociations d’adhésion avec l’UE sont basées sur les mérites propres de chaque pays -c’est-à-dire qu’elles sont découplés des négociations que l’UE poursuit avec la Turquie, je dois dire que la Croatie se développe bien. Elle a pratiquement clôturé la phase de screening (ndlr : phase de préparation des négociations d'adhésion, au cours de laquelle on identifie les domaines dans lesquels des progrès doivent être réalisés).
La Croatie ne sera pas un poids pour l’UE, dans la mesure où ses 4,5 millions d’habitants ont des niveaux de développement économiques avancés, parfois plus que certains membres actuels de l’UE -malheureusement c’est le cas pour mon pays, la Hongrie, ainsi que pour la Roumanie et la Bulgarie.
Si on parvient à adopter un projet de Constitution européenne d’ici à 2008, alors il se pourrait que la Croatie adhère à l’UE avant les élections européennes de 2009. Si ce n’est pas le cas, 2010 serait un scénario réaliste. »
Voilà trois ans que la Hongrie est membre de l’UE, et trois ans que vous êtes député européen. Qu’avez-vous accompli pendant cette période, et quelles sont vos priorités à venir ?
« Lorsque nous avons adhéré à l’UE, nous pensions enrichir l’UE avec notre langue, notre histoire, notre culture : cela, je pense que nous l’avons accompli. Je regrette cependant que sur le plan économique, nous soyons moins brillants. Et il est difficile d’être un bon député européen si son propre pays n’est pas performant ! Les indicateurs économiques de la Hongrie sont moins avancés que ceux des pays avec lesquels elle a rejoint l’UE en 2004. A l’époque, nous étions les leaders du groupe des 10 nouveaux pays, malheureusement nous en sommes maintenant les derniers !
La Hongrie supporte une dette publique énorme, un fort taux d’inflation (9%) et un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes. Je regrette aussi que l’entrée de la Hongrie dans la zone Euro soit sans cesse repoussée. Nous devons maintenant absorber efficacement les fonds alloués à la Hongrie par le budget européen 2007-2013 pour développer nos programmes nationaux. »
REF.: 20070531STO07250
Publicité
