Et maintenant qui sera le locataire de Matignon ?

Publié le par david castel

Publié le lundi 7 mai 2007 à 05H33

Composé d'une quinzaine de ministres, le gouvernement respectera la parité

François Fillon et Jean-Louis Borloo font partie des favoris au poste de Premier ministre.

François Fillon et Jean-Louis Borloo font partie des favoris au poste de Premier ministre.

©AFP

Le locataire de l'Élysée désigné, reste à trouver celui qui occupera Matignon pour conduire un "gouvernement resserré" d'une quinzaine de membres. Parmi les noms les plus cités:

François Fillon. Ce juriste de 53 ans, au sourire pincé, séguiniste, balladurien puis chiraquien, bénéficie d'un vrai label de qualité. Il est parvenu comme ministre des Affaires sociales à imposer la difficile réforme des retraites. Écarté du gouvernement après le "non" au traité constitutionnel européen, il se rallie à Nicolas Sarkozy dont il devient le conseiller de campagne. Ce dernier lui aurait beaucoup promis.

Jean-Louis Borloo. Son côté atypique et son allure d'échevelé surpris au saut du lit, en font l'un des "chouchous" des Français. 56 ans, ancien avocat, ministre délégué à la Ville puis de l'Emploi et de la Cohésion, il incarnerait une forme de "caution sociale". Mais Nicolas Sarkozy lui ouvrira-t-il d'emblée les portes de Matignon. Le nouveau chef de l'État se méfie de cet électron libre. Il préférera sans doute conserver ce fusible en cas de crise.

Xavier Bertrand.42 ans, le visage poupin, il a été un des fidèles de Jacques Chirac. Secrétaire d'État à l'Assurance maladie puis ministre de la Santé, il est jeune, expérimenté et présente un joli bilan: réforme de l'assurance maladie, chasse aux fraudeurs, médicaments génériques et interdiction de fumer dans les lieux publics. Il fut le porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne. Suffisant pour être propulsé à Matignon ?

Michèle Alliot-Marie. "Je m'y suis préparée", dit-elle. Lui offrir à 60 ans son bâton de maréchal serait une forme de pied de nez aux socialistes qui souhaitaient placer une femme à l'Élysée. Ministre de la Défense, elle a acquis à ce poste toute la respectabilité due au locataire de Matignon. Mais ce serait donner au gouvernement une tonalité conservatrice qui convient mal à l'homme de la rupture.

Et aussi. Parmi les fidèles qui devraient faire partie du gouvernement: Brice Hortefeux, Patrick Devedjian, Christain Estrosi... On évoque aussi le nom de Claude Guéant, chef de cabinet depuis 2002 puis directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. On lui prédit le ministère de l'Intérieur. La parité pourrait être incarnée par Rachida Dati, Valérie Pécresse ou Corinne Lepage de retour à l'Environnement. Parmi les UDF,on cite Christian Blanc. Côté personnalités de la société civile, on parle du bouillonnant Arno Klarsfeld mais aussi de Nicole Notat. Parmi les "régionaux", on avance le nom du député du Vaucluse, Thierry Mariani. La nomination "d'hommes de gauche" serait audacieuse. À moins que ce soit... Éric Besson, un caméléon dont on ne connaît plus vraiment la couleur.

Par Dominique Arnoult ( darnoult@laprovence-presse.fr )


Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ? Réponse dimanche, 20 heures (Photo Reuters)
Royal ou Sarkozy, qui sera leur Premier ministre

Une fois élu dimanche soir, le 6e président de la Vè République - Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy - désignera son Premier ministre sous quelques jours. PLUSnews.fr dresse le portrait des candidats au poste: 7 noms pour Ségolène Royal, 4 pour Nicolas Sarkozy.
Ce choix est crucial, explique Guy Carcassonne, constitutionnaliste (interview vidéo). L'hôte de l'Elysée pourra ensuite modifier les statuts du Premier ministre, pour s'accorder plus de pouvoir ou renforcer le Parlement.
Les Premiers ministrables des candidats

Quel que soit le candidat élu dimanche, le choix du Premier ministre sera déterminant. Le locataire de Matignon pourra sérieusement infléchir le programme politique du président de la République. «Dans notre système, l'essentiel du pouvoir d'agir n'est pas entre les mains du président de la République mais du Premier ministre», explique le constitutionnaliste Guy Carcassonne.


Ségolène Royal et les 7 premiers ministrables
Le choix de Ségolène Royal, si elle était élue, pourrait surprendre. Pas moins de sept personnalités politiques sont encore en concurrence. Elles ont des options politiques souvent différentes. «Le jeu est très ouvert et dépendra de l’équilibre des forces politiques», résume Jérôme Batout, secrétaire général adjoint du PS.

Dominique Strauss-Kahn (photo Reuters)Dominique Strauss-Kahn, le social-démocrate. Ancien ministre de l’économie et des finances, candidat à l’investiture socialiste à l’automne dernier, «DSK» est plébiscité par une partie de la gauche. Il représente la sensibilité sociale-démocrate du parti. Il compte, parmi ses soutiens, Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis, Catherine Trautmann, Jean-Paul Huchon, Michel Rocard ou encore Robert Badinter.

«C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix», a déclaré Ségolène Royal.
Sa force : son expérience politique et ses compétences économiques.
Sa faiblesse : sa relation avec Ségolène Royal, souvent conflictuelle.

Jean-Marc Ayrault (photo Reuters)Jean-Marc Ayrault, l’élu de terrain. Président du groupe socialiste a l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a l’habitude de coordonner les élus socialistes, quelle que soit leur sensibilité. Il est aussi le maire de Nantes depuis 1989. Proche de Lionel Jospin, il a été l’un des premiers «poids lourds» du PS à soutenir Ségolène Royal lors de la primaire socialiste. Il est souvent cité comme un favori dans la presse, mais les éléphants du parti socialiste ne le voient pas dans le costume du premier ministre.
Sa force : il bénéficie d’une excellente image auprès des élus socialistes.
Sa faiblesse : son manque de charisme.

François Bayrou (Photo Reuters)François Bayrou, le centriste. Le candidat centriste a réuni 18,5% des suffrages au 1er tour de l’élection présidentielle. Il peut trouver plusieurs points d’accord avec Ségolène Royal, notamment sur la réforme des institutions, la négociation sociale, ou la relance européenne. Il bénéficie de la bienveillance de Jacques Delors, Bernard Kouchner et Michel Rocard, très populaires auprès des sympathisants socialistes.
Sa force : son positionnement «ni droite ni gauche» pourrait dérouter, au moins au début, une partie de l’opposition.
Sa faiblesse : il n’est pas socialiste, ce qui est un élément dirimant pour François Hollande, le 1er secrétaire du PS.


Jean-Louis Bianco (Photo Reuters)Jean-Louis Bianco, le mitterrandien. Le co-directeur de campagne de Ségolène Royal connaît très bien les arcanes du pouvoir. Il a été secrétaire général de l’Elysée pendant 9 ans et deux fois ministre sous Mitterrand. En mauvais termes avec Lionel Jospin, il a connu une traversée du désert. Depuis 1997, il se consacre à Digne, dont il est maire, et aux Alpes de Hautes-Provences, dont il est le président du conseil général.
Sa force : Son soutien sans faille à Ségolène Royal, dès les primaires socialistes.
Sa faiblesse : Son manque de popularité.

Michel Sapin (Photo Reuters)Michel Sapin, le rocardien. Ancien ministre de la justice et de l’Economie, maire d’Argentan et président de la Région Centre, ce rocardien concilie expérience gouvernementale et expérience du terrain. Après la démission d’Eric Besson, il a pris le poste de secrétaire national du PS chargé de l'économie. Il a réussi à faire taire la polémique sur le chiffrage du programme socialiste.
Sa force : Ami intime du couple Royal-Hollande, il a le privilège de bénéficier de leur confiance absolue.
Sa faiblesse : Comme Bianco, il reste mal connu des Français.


Jean-Pierre Chevènement (photo Reuters)Jean-Pierre Chevènement, le souverainiste. Le fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), candidat à l’élection présidentielle de 2002, pourrait être, d’après plusieurs cadres du PS, le Premier ministre surprise de Ségolène Royal. Co-fondateur du PS en 1971 et plusieurs fois ministre, il a une solide expérience gouvernementale.

Il a appelé à voter «non» au traité constitutionnel en 2005. Après une mise à l’écart du PS, il est aujourd’hui très proche de Ségolène Royal.

Sa force : il plaît aussi bien au centre – 38% de ses électeurs de 2002 se sont tournés vers Bayrou en 2007 –, qu’à l’extrême-gauche.
Sa faiblesse : son âge, 68 ans.

Arnaud Montebourg (photo Reuters)Arnaud Montebourg, le rénovateur. Après avoir milité, en 2005, pour le «non» au traité constitutionnel, cet avocat de 45 ans a fondé le courant «Rénover maintenant» et défend ardemment la VIe République. Ségolène Royal a repris à son compte son projet de réforme institutionnelle, l’un des piliers de son pacte présidentiel.

Sa force: Il a noué une alliance avec Ségolène Royal dès le printemps 2005.
Ses faiblesses : Il n’a jamais exercé de responsabilités gouvernementales ; il n’a pas la confiance des ténors du parti.

Le choix de Nicolas Sarkozy
Le choix est plus serré dans le camp de Nicolas Sarkozy. François Fillon et Jean-Louis Borloo sont aujourd’hui les favoris. Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy, et Claude Guéant, son directeur de campagne, apparaissent comme de sérieux challengers.

Claude Guéant, François Fillon, Jean-Louis Borloo et Xavier Bertrand (photos Reuters)François Fillon, le gaulliste. «Il a le profil pour le job», dit de lui Nicolas Sarkozy. Sénateur de la Sarthe et plusieurs fois ministre, Fillon représente la fibre «gaulliste sociale» de l’UMP.

Jadis plus jeune député de France, il s’est forgé à l’ombre de Philippe Séguin, avec lequel il partage le républicanisme. Sa rupture avec le chiraquisme est son principal point commun avec Nicolas Sarkozy.

Sa force : Ses faits d’armes politiques, en particulier la réforme des retraites, en 2003, réputée infaisable, et le projet législatif de l’UMP.
Sa faiblesse : Malgré leur rapprochement, en 2005, Sarkozy et Fillon ont des sensibilités politiques très différentes.

Jean-Louis Borloo, le radical. «C'est un de ceux, avec François Fillon, qui compteront demain autour de moi», souligne Nicolas Sarkozy. Le ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale, vice-président du Parti radical, incarne une droite sociale et décomplexée.

Il a attendu le mois de mars avant d’accorder son soutien à Nicolas Sarkozy. Il aurait pu monnayer ce soutien contre Matignon. Il a déjà sorti un livre en forme de «programme gouvernemental».
Sa force : sa cote de popularité. Il a même déjà un comité de soutien, Matignon 2007 avec Jean-Louis Borloo (cliquer ici).
Sa faiblesse : sa relation avec Nicolas Sarkozy, moins complice qu’il n’y paraît.

Xavier Bertrand, la «génération terrain». Comme Jean-François Copé ou François Baroin, Xavier Bertrand fait partie des quadras médiatiques de la droite française. Il est issu de ce que la presse a appelé la «génération terrain»: des élus locaux qui ont souvent ramené à droite des villes de gauche avant d'entrer à l'Assemblée Nationale.

Il a démissionné de son poste de ministre de la Santé pour se consacrer pleinement à la campagne de Nicolas Sarkozy.

Sa force : Son ambition, appréciée par Nicolas Sarkozy.
Sa faiblesse : Les sondages disent que 1% seulement des Français le veulent à Matignon…

Claude Guéant, l’homme de l’Intérieur. Ce préfet de 62 ans a rencontré Nicolas Sarkozy dès 1986, en tant que secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine. Ancien directeur général de la police nationale, il est entré en politique sur le tard; il n’a adhéré à l’UMP qu’en 2005, pour suivre Nicolas Sarkozy.

Sa force : Sa grande rigueur professionnelle,.
Sa faiblesse : son manque d’expérience politique ; il se voit plutôt secrétaire général de l’Elysée que ministre.

La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a déclaré vendredi, sur France Info, s'être «préparée» à la fonction de Premier ministre en cas de victoire de Nicolas Sarkozy. «Coup de bluff», réplique-t-on à l'UMP comme à Matignon, où beaucoup parient sur la nomination de François Fillon.
Héloïse Lhérété, heloise@plusnews.fr
Les premiers Premiers ministres depuis 1959

Alain Juppé a été nommé par Jacques Chirac à son arrivée à l'Elysée en 1995 (Photo Reuters).Depuis De Gaulle, la personnalité du chef du gouvernement s'est toujours révélée déterminante pour la conduite de l'action politique.

1959 : Charles De Gaulle nomme Michel Debré

Le lien entre le Général De Gaulle et Michel Debré remonte la Résistance. En 1943, de Gaulle charge Michel Debré d’établir la liste des préfets qui remplaceront ceux du régime de Vichy à la Libération.

Dès 1945, Debré intègre le Gouvernement provisoire, où il s’occupe de la réforme de la Fonction publique, en créant, notamment, l’ENA. Il devient Garde des Sceaux en 1958 et participe activement à la rédaction de la Constitution de la Cinquième République. Celle-ci acceptée, il inaugure la nouvelle fonction de Premier ministre.

Après le référendum du 14 avril 1962 approuvant les accords d’Évian, De Gaulle le remplace par Georges Pompidou (1962-1968). Maurice Couve de Murville fait en passage éclair à Matignon (juillet 1968-avril 1969), avant l’élection de George Pompidou à l’Elysée.

1969 : Georges Pompidou nomme Jacques Chaban-Delmas
Georges Pompidou arrive à l’Elysée un an après la révolte de mai 68. La situation politique et sociale est tendue ; le général de Gaulle vient de démissionner suite au rejet du référendum sur la régionalisation. Georges Pompidou a besoin de décrisper le climat politique.

Jacques Chaban-Delmas semble l’homme de la situation : ancien résistant, il est un gaulliste modéré, avec une fibre sociale prononcée. Il prône la «société nouvelle» qui doit allier participation gaulliste et réforme sociale. La «société prospère, jeune, généreuse et libérée» qu’il veut créer répond aux idéaux exprimés en 1968. L’une de ses premières mesures, emblématique, est la suppression des bidonvilles en France.

Les relations se tendent progressivement entre les deux hommes. Jacques Chaban-Delmas a tendance à éclipser le président au profit du Parlement ; Georges Pompidou est agacé par ses élans libertaires. Il le démissionne en 1972.

Pierre Messmer s’installe alors pour 2 ans à Matignon (1972-1974).

1974 : Valéry Giscard d’Estaing nomme Jacques Chirac
Pendant la campagne de 1974, Jacques Chirac a trahi Jacques Chaban-Delmas pour faire la campagne de Valéry Giscard d’Estaing. Lorsque Giscard arrive à l'Elysée, il le nomme à Matignon : il compte sur lui pour ressouder une majorité minée par les dissensions. Les relations entre les deux hommes se dégradent progressivement, chacun disputant à l’autre la conduite de l’action gouvernementale.

Jacques Chirac démissionne avec éclat en 1976, en déclarant à la télévision : «Je ne dispose pas des moyens que j’estime nécessaires pour assurer efficacement mes fonctions de Premier ministre.»
Raymond Barre lui succède à la tête du gouvernement (1976-1981).

1981 : François Mitterrand nomme Pierre Mauroy
En 1981, Pierre Mauroy était responsable de la puissante fédération socialiste du Nord et numéro 2 du PS. Il avait l’avantage de séduire à la fois les communistes de Georges Marchais et les radicaux de gauche de Michel Crépeau. Sa nomination à Matignon, s’inscrivait, pour Mitterrand, dans une volonté d’ouverture à l’ensemble de la gauche.

A partir de 1983, le problème du chômage puis la crise monétaire poussent Pierre Mauroy à abandonner sa politique. Il est chargé de mettre en œuvre la «politique de rigueur», incarnée par le ministre des Finances, Jacques Delors. L'indexation des salaires sur les prix est abandonnée, la réforme de l'enseignement privé est repoussée. En juillet 1984, François Mitterrand décide de remplacer Pierre Mauroy par Laurent Fabius (1984-1986).

Pendant la cohabitation (1984-1986), Jacques Chirac se réinstalle à Matignon.

La réélection de Mitterrand en 1988 aboutit à la nomination de Michel Rocard. Ce dernier bénéficiait du soutien de nombreux militants et permettait au président socialiste d’arguer une nouvelle fois de son ouverture politique.
Edith Cresson (1991-1992) et Pierre Bérégovoy (1992-1993) sont successivement Premiers ministres à la fin du second mandat mitterrandien.

1995 : Jacques Chirac nomme Alain Juppé
Alain Juppé a commencé sa carrière politique sous l’aile de Jacques Chirac, dès 1976, et a mené tout son parcours à ses côtés. En 1995, le poulain est devenu incontournable dans le paysage politique. Ancien ministre des Affaires étrangères et des Finances, président du RPR, largement majoritaire au Parlement, il est considéré par le Président Chirac comme «le meilleur d'entre nous».

A Matignon, Alain Juppé découvre vite son impopularité. Il affronte des grèves massives durant l'hiver 1995-1996. Devant l'essoufflement de sa majorité, Jacques Chirac risque une dissolution en 1997. La gauche plurielle l’emporte ; Jacques Chirac nomme Lionel Jospin à Matignon (1997-2002).

Réélu en 2002, Jacques Chirac nomme Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) puis Dominique de Villepin (2005-2007).

Les chiffres clefs

32 gouvernements
Depuis la fondation de la Ve République, il y a 49 ans, 32 gouvernements se sont succédé : 7 sous De Gaulle, 4 sous Pompidou, 4 sous Valéry Giscard d'Estaing, 10 sous François Mitterrand et 7 sous Jacques Chirac.

18 premiers ministres
On compte seulement 18 chefs de gouvernements depuis 1958: 3 sous la présidence du général De Gaulle (Debré, Pompidou et Couve de Murville), 2 sous Pompidou (Chaban-Delmas et Messmer), 2 sous Valéry Giscard d'Estaing (Chirac et Barre), 7 sous Mitterrand (Mauroy, Fabius, Chirac, Rocard, Cresson, Bérégovoy et Balladur) et 4 sous Chirac (Juppé, Jospin, Raffarin et Villepin). Chirac est le seul à avoir été Premier ministre sous deux présidents différents, Valéry Giscard d'Estaing entre 1974 et 1976 et dix ans plus tard, sous Mitterrand pendant la cohabitation de 1986 à 1988.

6 ans, 2 mois et 26 jours
Georges Pompidou détient le record du mandat de premier ministre le plus long, du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968, soit 6 ans, 2 mois et 26 jours (5 gouvernements successifs). La palme du mandat le plus bref revient à Edith Cresson, Premier ministre du 15 mai 1991 au 2 avril 1992, soit 10 mois et 16 jours.
Le statut du Premier ministre va-t-il changer ?

Dans la Ve République, le Premier ministre dirige l’action du gouvernement, fait voter les lois au Parlement et dirige l’administration. Le président de la République a besoin de son aval, en permanence, pour mettre en œuvre ses grandes orientations politiques.

Une mise en cause régulière
Cette dyarchie du pouvoir exécutif – le Président de l’a République d’un côté, le Premier ministre de l’autre – est régulièrement remise en cause. Certains l’accusent de mener à l’impuissance politique, d’autres estiment qu’elle aboutit à une trop grande concentration des pouvoirs, au détriment du Parlement.

Nicolas Sarkozy s’est prononcé, avant de nuancer ses propos, en faveur d’un pouvoir présidentiel qui aboutirait à la réduction des pouvoirs du Premier ministre. Quant à Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal, il a carrément proposé la suppression du poste de Premier ministre : «Je pense qu’il serait plus démocratique si le président de République assumait pleinement ses fonctions d’exécutif avec suppression de la fonction de premier ministre, sorte de paravent qui a survécu à l’Ancien Régime », a-t-il déclaré, le 13 mai 2006, dans L’Humanité.

Selon Guy Carcassonne, aucun candidat à l’élection présidentielle ne changera fondamentalement les statuts du Premier ministre.



Nicolas Sarkozy et son Premier ministre
Nicolas Sarkozy défend la Constitution de la Ve République. «Ce n’est pas en la démolissant (…) que l’on répondra aux difficultés qui sont les nôtres aujourd’hui», affirme-t-il dans son projet présidentiel.

A priori, le candidat de l’UMP conservera donc un exécutif bicéphale. «Le statut juridique du Premier ministre n’évoluera vraisemblablement pas, explique le constitutionnaliste Guy Carcassonne. Mais on peut imaginer que Nicolas Sarkozy voudra être un président extrêmement pressant, et que le rôle du chef de gouvernement s’en trouvera quelque peu affecté.» Sans que ses prérogatives soient expressément modifiées, le chef de gouvernement pourrait avoir un rôle de chef d’équipe.

Ségolène Royal et son Premier ministre

Ségolène Royal, au contraire, veut sortir de la Ve République. Elle s’est engagée sur des modifications profondes des institutions. Si elle est élue, le Premier ministre devra rendre des compte non seulement devant le Parlement, mais aussi devant des «jurys populaires». Il n’aura plus l’arme de l'article 49-3, qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans le soumettre au vote du Parlement, et que la candidate socialiste veut rayer de la Constitution.

En contrepartie, les pouvoirs du Premier ministre pourraient s’en trouver renforcés. «Elle a mis en avant la volonté de rendre la république plus parlementaire, rappelle Guy Carcassonne, ce qui réhausse fatalement le rôle du Premier ministre. Car celui qui va au Parlement, qui défend les projet de loi devant le Parlement, ce n’est pas le président de la République, c’est le Premier ministre.»
Pour en savoir plus

Les ministrables des candidats

Les 100 ministrables du trio de tête selon Profession politique (cliquer ici)

Sur RTL 2007, la chronique de Franz-Olivier Giesbert sur les premiers ministrables de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy (cliquer ici)


"Les Premiers ministrables préférés des Français", les résultats d'un sondage TNS-Sofres/Le Figaro (cliquer ici)

"Le gouvernement rêvé des Français", les résultats d'un sondage IPSOS/Acteurs publics (cliquer ici)

Les prérogatives du Premier ministre
Le site de Matignon propose un dossier pour mieux comprendre les pouvoirs du Premier ministre (cliquer ici).

Le site du Conseil constitutionnel propose une synthèse sur la place du gouvernement dans la Constitution (cliquer ici).

Sur le site de la Convention pour la 6ème République, un manifeste "Pour de vrais premiers ministrables" (cliquer ici).

Les Premiers ministres dans l'Histoire
Une chronologie des Premiers ministres français depuis 1815 (cliquer ici).

Un sondage TNS-Sofres sur la côte de popularité des présidents de la République et de leurs Premiers ministres (cliquer ici).
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Publié dans Découpage électoral

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