Tous les partis, sauf l'UMP, veulent une "dose" de proportionnelle aux législatives

Publié le par david castel


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LEMONDE.FR | 14.02.07 | 13h18  •  Mis à jour le 14.02.07 | 13h30

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PS, Verts : une "part" de proportionnelle

Ségolène Royal propose d'"introduire une part de proportionnelle pour l'élection des députés", dans son "pacte présidentiel". Les modalités exactes ne sont pas encore fixées, la réforme pouvant concerner entre 78 et 120 sièges de députés, sur 577, précise Jean-Pierre Bel, sénateur et auteur du rapport sur les institutions remis à la candidate socialiste.

"Suivant comment on s'y prend, la proportionnelle peut nous amener vers un éclatement du système représentatif, en introduisant à l'Assemblée toute une série de petits partis sans plate-forme politique commune, explique Bruno Leroux secrétaire national du PS aux élections. Ou au contraire, nous permettre de conforter des majorités plus larges. En faisant des projections, on se rend compte que la proportionnelle aurait pu faire émerger dans le passé d'autres majorités qui correspondaient aux aspirations des électeurs."

En prônant la proportionnelle, le PS ne tend-il pas la main aux petits partis de gauche, mais aussi à l'UDF de François Bayrou ? "Cette mesure est dans notre programme depuis l'après-2002, affirme Bruno Leroux. Si M. Bayrou pense que cela peut lui bénéficier, tant mieux, mais je n'en suis pas si sûr. L'UDF est déjà bien représenté à l'Assemblée nationale."

Dominique Voynet, la candidate des Verts, souhaite dans son programme "introduire une part de proportionnelle pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale pour que l'ensemble des courants d'opinion soient représentés. Le Sénat sera transformé en une Chambre des régions, élue à la proportionnelle au suffrage universel direct".

Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, pêche, nature, traditions, estime dans un entretien au site Clemspolitique que "dans un souci de démocratie et pour permettre à chaque Français de pouvoir être représenté et ainsi éviter la confiscation du pouvoir par quelques-uns et la sclérose du débat, il faut instaurer dans chaque élection, et notamment aux législatives, une dose de proportionnelle, tout en veillant à garantir un fonctionnement des institutions".

Corinne Lepage, la candidate de Cap 21, dans son projet de Constitution, souhaite qu'un tiers des députés soient désormais élus à la proportionnelle, une façon de rendre le système politique moins bipartisan, selon elle.

Alexandre Piquard

UMP : pas de proportionnelle à l'Assemblée nationale

Il faut "introduire une dose de proportionnelle aux élections sénatoriales permettant de représenter l'ensemble des partis politiques au Parlement", prône le projet législatif de l'UMP. "Le risque à l'Assemblée nationale, c'est de voir monter le Front national", avait justifié Yves Jégo, le député UMP de Seine-et-Marne, interpellé sur le sujet lors du colloque "Diversité et représentation politique", organisé le samedi 28 octobre 2006, à Paris. "Il est plus compliqué de favoriser la diversité lorsqu'on a 365 députés sortants", avait-il ajouté.

Pourtant, un débat a existé au sein de l'UMP. "J'ai bien entendu la proposition d'Edouard Balladur d'instiller une dose de proportionnelle", avait souligné François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, lors de la convention UMP sur les institutions, en avril 2006, avant de se dire favorable au maintien du scrutin majoritaire aux législatives : "L'instauration de la proportionnelle risque de conduire à un émiettement de la représentation nationale et à une absence de majorité de gouvernement."

Cette question pourrait resurgir dans le cadre des négociations avec l'UDF, qui doivent avoir lieu le "moment venu", selon Dominique Paillé, ancien élu centriste passé à l'UMP. "Le programme de l'UMP nous offre des marges de manœuvre, notamment sur la question de la proportionnelle", a-t-il estimé le 23 janvier.


UDF, MPF : mi-majoritaire, mi-proportionnelle

"Je propose d'attribuer 50 % des sièges par circonscription des députés qui représentent les territoires ; et 50 % des sièges à la proportionnelle par liste nationale, comme en Allemagne. Ainsi la réalité territoriale de la nation et sa réalité politique sont-elles représentées à égalité." C'est ce qu'avance François Bayrou dans son programme.

Selon le candidat UDF, le système actuel est "un réseau opaque d'intérêts partisans, claniques, économiques, médiatiques", une "monarchie sans transparence" qui s'appuie sur un Parlement sans pouvoir.

Philippe de Villiers estime, lui aussi, que l'Assemblée nationale "n'est pas représentative". Le candidat du Mouvement pour la France a proposé le 19 janvier que "la moitié des 577 députés soit élue sur des listes à la proportionnelle avec obligation d'y faire figurer des artisans, des commerçants, des agriculteurs, des professions libérales, tous ceux qui créent des richesses".


FN, PCF, LO, LCR, Bové : proportionnelle intégrale

Jean-Marie Le Pen a raillé la proposition de Ségolène Royal d'instaurer des "jurys populaires de sinistre mémoire, quand il suffirait pour rendre le pouvoir aux citoyens de rétablir la proportionnelle intégrale". Le président du Front national rappelait ainsi, lors de l'annonce de sa candidature au Bourget, en novembre 2006, la position de son parti, qui a obtenu 35 députés grâce à la proportionnelle en 1986 et n'a aujourd'hui aucun élu à l'Assemblée nationale.

"Il est d'ores et déjà possible d'agir pour promouvoir une démocratie de proximité s'appuyant sur la mobilisation des citoyens et non sur la 'bonne gouvernance' chère aux libéraux. Le b.a.-ba, c'est l'élection des assemblées locales à la proportionnelle intégrale et non la suppression des timides éléments de proportionnelle existants", avance la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) dans son manifeste. Le parti d'Olivier Besancenot revendique "depuis des années" l'instauration d'une "Assemblée unique élue à la proportionnelle".

"Si les élections législatives étaient à la proportionnelle intégrale, un courant recueillant 1 % des suffrages devrait avoir cinq élus. Avec le mode de scrutin majoritaire par circonscription, un courant politique comme le nôtre, qui a recueilli lors de l'élection présidentielle de 2002 un peu plus d'un million six cent mille suffrages, est écarté de toute représentation", a de nouveau dénoncé Arlette Laguiller le 13 décembre 2006, lors d'un meeting de Lutte ouvrière, à Beauvais (Oise).

"La proportionnelle sera généralisée à toutes les élections", prône Marie-George Buffet, la candidate du Parti communiste dans son programme. C'est la position recommandée dans les 125 propositions actées par les collectifs antilibéraux en octobre, qui constituent aussi la base du programme de José Bové.

Alexandre Piquard
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Publié dans Découpage électoral

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