PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a présenté à plusieurs centaines de professionnels de la culture, réunis dans une boîte de nuit du VIIIe arrondissement de Paris, les "cinq priorités" qu'il assignera à la politique culturelle s'il est élu à la présidence de la République.
Le candidat de l'UMP s'est engagé à défendre la "diversité culturelle", notamment en militant au sein de l'Union européenne pour que les activités culturelles se voient reconnaître un statut dérogatoire par rapport au droit de la concurrence.
"Je demanderai à nos partenaires que la spécificité des activités culturelles soit consacrée dans les traités, de sorte que les aides publiques à la culture ne puissent faire l'objet d'aucune contestation", a-t-il expliqué.
Il a fait allusion au passage au débat, objet de vives polémiques, qu'il a lancé sur l'identité nationale.
"A tous ceux qui défendent la diversité, j'aimerais rappeler qu'il est difficile d'invoquer la diversité si on ne croit pas à l'identité", a déclaré l'ex-ministre de l'Intérieur.
La deuxième priorité sera la "valorisation du patrimoine" et la troisième l'enseignement artistique, qui doit aussi être, a-t-il dit, l'affaire des artistes.
La quatrième priorité sera de "faire entrer la culture et l'art dans les quartiers" avec la création de lieux de rencontre avec les artistes et de création, avec l'implication de "toutes les institutions culturelles" et des collectivités locales et le soutien de l'Etat.
La cinquième priorité "sera de faire se rencontrer le monde de la culture et de l'art avec celui des technologies de l'information", a déclaré Nicolas Sarkozy, pour qui "le monde virtuel qui émerge avec la révolution numérique" ouvre "un nouveau champ de création et de diffusion des oeuvres".
Il a souhaité que ces technologies "fassent émerger un nouveau modèle économique viable, qui respecte le droit des auteurs, des créateurs, des artistes."
"Moi je me battrai pour le respect des droits d'auteur", a-t-il dit. "Si je suis président de la République il n'y aura pas de licence globale" pour le téléchargement des oeuvres sur internet. "Je n'accepterai pas l'idée du vol organisé sous prétexte du jeunisme et de la société de l'information parce qu'avec ça on tuera définitivement toute forme de création."
INTERMITTENTS DU SPECTACLE
Nicolas Sarkozy a d'autre part promis de renforcer les missions et les moyens du Centre national du livre, d'encourager le marché de l'art par les commandes publiques, de rendre la France plus attractive pour les artistes étrangers.
Il s'est engagé à se "battre" à Bruxelles pour obtenir que la TVA à l'importation soit réduite pour les arts décoratifs, les meubles et les manuscrits, "ce qui est une nécessité si on veut concurrencer le Royaume Uni, où la TVA n'est que de 5%".
Il a souhaité que les professionnels soient davantage associés à la distribution des aides au théâtre privé et au spectacle vivant et plaidé pour la mise en place d'un système "gagnant-gagnant" pour les intermittents du spectacle.
"Il est normal qu'ils bénéficient d'un régime d'indemnisation du chômage particulier", a-t-il déclaré. "Je suis favorable à une indemnisation généreuse qui permette à ceux qui décident de travailler pour la culture de vivre convenablement, quitte à leur demander en contrepartie de contribuer au développement de l'enseignement artistique et à la découverte pour les jeunes des métiers de la culture."
Il a estimé qu'il fallait "laisser vivre" l'accord récemment signé et en faire le bilan "tranquillement dans quelques mois".
Il a promis de "tout faire" pour le développement de l'emploi culturel, d'aider davantage "l'écriture des films" et de mener une politique "de soutien efficace" aux entreprises innovantes dans le domaine des nouvelles technologies.
"Dans cet esprit, je souhaite que les universités deviennent des zones franches fiscales pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs, qui déposeraient des brevets et créeraient des entreprises", a souligné Nicolas Sarkozy.
Il a enfin plaidé pour une réforme des aides et du système de distribution de la presse écrite, ainsi que du système de financement de l'audiovisuel public.
"L'Etat doit jouer pleinement son rôle parce qu'il n'y a pas de pluralisme de l'information, et donc de démocratie véritable, sans des entreprises de presse rentables et économiquement viables", a déclaré Nicolas Sarkozy.