Boxe : l'Américain Don King s'intéresse à la France
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on King, le promoteur américain de combats aux cheveux dressés sur la tête, adore la France, qui pourrait être pour lui un nouveau terrain d'opérations. Dès qu'il le peut, il lance d'enthousiastes "vive la France", de préférence en agitant mécaniquement de petits drapeaux tricolores. C'était le cas, en janvier 2006, à New York, lors du combat que Jean-Marc Mormeck perdait face à O'Neil Bell, pour le titre mondial unifié des lourds-légers. Ce sera encore le cas, samedi 17 mars, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), lorsqu'il présidera la revanche entre les deux boxeurs, tous deux membres de son écurie. Francophilie fugace ? Probablement pas. Le promoteur devait en effet se rendre à la Fédération française de boxe (FFB), vendredi 16 mars. "Je suppose qu'il a l'intention de travailler en France", déclare Humbert Furgoni. Selon le président de la FFB, le but de Don King serait d'acquérir une licence de promoteur qui lui permettrait d'organiser des rencontres sur le territoire français. L'Américain avait déjà fait une apparition à Villeurbanne, en décembre 2000, pour un combat entre Fabrice Tiozzo et Virgil Hill, perdu par le Français. La carrière officielle de promoteur de Don King débute en 1972 lorsque, grâce à la collaboration de Mohammed Ali, il organise une soirée de combats d'exhibition afin de sauver de la disparition un hôpital de la communauté noire de Cleveland (Ohio). Des quarante années précédentes, on ne sait sans doute pas tout, mais une chose est sûre : il est né, le 9 décembre 1932, dans le ghetto noir de Cleveland. Certains biographes mentionnent des activités à la limite de la légalité, deux homicides, l'un en légitime défense, l'autre involontaire, quelques années de prison. "COMBAT DU SIÈCLE" Il ne faut que deux ans à Don King pour se faire connaître du monde entier, en tant que promoteur, grâce à l'organisation du "combat du siècle" entre Mohammed Ali et George Foreman, à Kinshasa (Zaïre), le 30 octobre 1974. La suite se déroule en une longue série de chiffres astronomiques parmi lesquels on dénombre plus de 500 championnats du monde, près de 100 boxeurs millionnaires grâce à lui, un total de 120 millions de dollars alloués à Mike Tyson en 15 mois (entre 1995 et 1996). Mais Don King, ce sont aussi des boxeurs qui se retournent contre lui pour lui réclamer des arriérés, ou des poursuites avortées pour fraude fiscale. "Certains disent qu'il est un voleur, d'autres ceci ou cela, explique Jean-Marc Mormeck. Pour moi, c'est avant tout un homme d'affaires, avec lequel j'ai une certaine complicité qui me permet de lui dire, à l'occasion, d'aller se faire voir. Mais il y a autre chose que la façade qu'il montre." Le promoteur français Gérard Teysseron déplore que la venue de Don King, en France, mette surtout en relief "la difficulté que nous avons à faire vivre nos boxeurs. Le marché américain faiblit, c'est pourquoi Don King vient prendre de l'argent où il y en a." Pour Louis Acariès, en contrat avec Canal Plus jusqu'au 31 décembre 2007 (un nouveau combat de Brahim Asloum pour un titre mondial est prévu avant cette date), la rencontre Mormeck-Bell "ne représente rien. Si elle représentait quelque chose, elle aurait eu lieu aux Etats-Unis." Jean-Louis Aragon |
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