Bug

Genre : Drame - Durée : 1H42 mn
Par Cédric Jager
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Présenté à Cannes, Bug est l’adaptation d’une pièce de théâtre – le film est pour l’essentiel un huis clos dans une chambre de motel – qui a connu un grand succès. Le titre n’a rien à voir avec des problèmes informatiques mais il s’agit simplement du mot anglais pour désigner insecte. Des insectes, il en est question tout au long du film, des insectes imaginaires, des insectes issus d’une paranoïa contagieuse. Comment sont-ils arrivés là, Où est-ce qu’ils vivent, qu’est-ce qu’ils provoquent ? Réalité ou fantastique ? Une serveuse de bar qui a perdu son seul enfant il y a plusieurs années de cela, très bien interprétée par Ashley Judd, fait la connaissance d’un vagabond très sympathique, vagabond qui est le seul à pouvoir voir des insectes dont on se demande s’ils ne sont pas le résultat d’une expérimentation militaire à laquelle il aurait été soumis puisqu’il a participé à la première guerre du golfe.
Film très ambigu, à l’instar des autres films de Friedkin, Bug ne trace pas de ligne bien définie entre le bien et le mal. Au travers du thème central du film, la contamination, la contamination de la paranoïa notamment, le cinéaste fait un portrait de la pensée politique américaine depuis l’assassinat de Kennedy, avec au centre de celle-ci, la théorie du complot. Bug rappelle A scanner darkly dans lequel déjà était filmé la paranoïa avec ce pouvoir perçu comme une gigantesque pieuvre dont le seul but serait de faire en sorte que tout reste tel quel, au détriment des citoyens.
Le film peut également se voir comme une métaphore d’une Amérique malade, une Amérique qui se replie sur elle-même, qui dresse des murs infranchissables, murs qui eux-mêmes alimentent la paranoïa du complot.
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