Royal, Bayrou, Sarkozy, Le Pen, Buffet… Qui est vraiment pour la rénovation démocratique ?

Publié le par david castel


Lundi, 19 Février 2007

Le thème de la rénovation démocratique s’immisce peu à peu dans la campagne électorale. Ce week-end, Marie-George Buffet a déploré que Ségolène Royal n’ait pas une position tranchée sur cette question : La candidate socialiste est-elle pour une «nouvelle république» ou pour une «république nouvelle» ? Royal oscille entre ces deux approches qui laissent planer bien des interrogations. Quant à Nicolas Sarkozy, pour lui c’est une Cinquième République au pouvoir présidentiel renforcé.

Nous allons ici vous resservir la «leçon» que nous dispensons à longueur de colonnes sur ce site Internet. Cet enseignement n’est autre que le concept fondateur de Rénovation-démocratique qui vise à imposer une plus juste représentation des Françaises et des Français, là où se décide leur sort. «Généralités», rétorqueront certains. Certes, mais de celles qui sensibilisent les opinions et les préparent au changement… inéluctable.

Delors, Rocard, Borotra… ils tirent tous le même constat

Commençons par fixer le contexte… qui s’impose d’évidence : Ça commence par la perte de légitimité des «élites» politiques déplorée par quelques personnalités de renom, telles que Jacques Delors, Michel Rocard ou Franck Borotra (un proche de Jacques Chirac, ancien Président du Conseil général des Yvelines) ; ça passe par le fait qu’un parti politique, l’UMP, qui draine entre 20 et 30% de l’électorat, dispose d’une MAJORITÉ ABSOLUE à l’Assemblée nationale ; ça finit sur des crises majeures et répétées depuis 2002 : Défaite de l’UMP aux élections régionales, «Non» au Référendum européen suivi de la crise des banlieues, puis par celle du CPE, sans omettre quelques affaires «sulfureuses», comme le dossier Clearstream, et autres sondages qui attestent que 75% des Françaises et des Français ne se sentent pas représentés à l’Assemblée nationale. Une fois que nous vous avons écrit ça, nous avons tout dit. Il ne faut pas chercher d’autres motivations à notre engagement.

Nous sommes incapables de rebondir

Le contexte fixé, il est temps de s’intéresser à celles et ceux qui, dans quelques mois, vont devoir répondre ou non à cette nouvelle donne sociétale. Comment allons-nous vivre ensemble ces 5 prochaines années et les décennies à venir ? La France va-t-elle poursuivre sur la voie des replis identitaires et communautaristes, des fractures sociales et générationnelles, ces gouffres qui se creusent comme notre dette et notre incapacité à rebondir dans un monde qui s’accélère ?

Sarkozy renforcera ses prérogatives présidentielles

Se pose alors à nous la question de savoir vers quelle candidate ou vers quel candidat s’orientent nos convictions. Nicolas Sarkozy s’est placé hors-jeu. Quand, fin 2006, Jacques Chirac a mis en garde les Français contre toute aspiration au changement de République, estimant que la Cinquième avait assuré à la France «stabilité et prospérité» (omettant de dresser le bilan calamiteux de ces 5 dernières années), Nicolas Sarkozy s’est empressé de le rassurer en annonçant qu’il ne cédera pas une once de ses futures prérogatives présidentielles. Ne comptons donc pas sur le candidat UMP pour que les Français soient plus équitablement représentés à l’Assemblée nationale et que les députés disposent de nouveaux pouvoirs d’évaluation de l’action gouvernementale et de sanction des dysfonctionnements.

Royal oscille entre «nouvelle république» et «république nouvelle»

Ségolène Royal, elle, sur cette question, se fonde dans le flou à mesure que passent les semaines. Si le pré-projet socialiste envisage bien un référendum sur la rénovation de nos institutions à l’automne 2007, sa candidate surfe allégrement sur les ambiguïtés que recèlent les formules «nouvelle république» et «république nouvelle» pour éviter de se prononcer formellement en faveur de la 6e République ; et pour cause ! Le Parti socialiste aurait beaucoup à y perdre car une Assemblée constituante imposerait un bilan de l’état politique et social de la France qui sanctionnerait, immanquablement, ses années de gouvernance.

Bayrou dans l’ombre de l’hégémonique UMP

Le Pen ne cache son intention de réformer la Constitution ; il a tout à y gagner. Le mode de scrutin électoral retenu pour désigner les parlementaires (au Sénat et à l’Assemblée) suffit à justifier son engagement dans le sens d’une 6e République, lui dont la formation politique, le FN, ne dispose pas d’un seul représentant dans les deux chambres. François Bayrou est pour sa part favorable au changement de république que lui a sans doute inspiré ces cinq années de purgatoire passées à l’ombre d’un groupe parlementaire UMP hégémonique qui peut se passer, en toutes circonstances, du soutien de son ex-allié UDF pour voter les lois. Aujourd’hui, le groupe parlementaire de François Bayrou n’a pas plus de pouvoir à l’Assemblée nationale que les trois députés Verts. Le candidat UDF ne peut évidemment pas se contenter des strapontins de la République pour asseoir ses ambitions et celles de ses amis.

Buffet est, une fois de plus, dans une position intenable

Reste les autres candidats, notamment Laguiller, Voynet, Besancenot et Bové, toutes et tous favorables à la réforme qui, seule, peut leur assurer une représentativité à la hauteur de leurs scores électoraux… qui apparaissent aujourd’hui bien maigrichons au regard de ce qu’ils furent en 2002 (10% pour les seules FO et LCR). Reste le cas Buffet qui se trouve dans une situation bien inconfortable, presque intenable. Si elle se fâche avec ses «ex-futurs alliés socialistes» sur ce dossier ou sur les autres, dans le contexte qui sera celui des prochaines élections législatives, le Parti communiste qu’elle conduit pourrait bien perdre la majeure partie de ses députés. Pour éviter cette éviction, elle sera contrainte de passer des accords électoraux avec son puissant mentor. Faute de quoi… Cependant, Marie-George Buffet est favorable à la 6e République qui serait alors la seule porte de sortie honorable pour un Parti communiste en constante perte d’influence.

Quand les clivages politiques tombent

La rénovation démocratique revêt donc des enjeux cruciaux, refondateurs même devrions nous écrire en première intention. Soit, nous ne sortons pas de l’actuel statu quo et les tensions ne feront que s’exacerber. Soit, la mise en œuvre d’une rénovation démocratique fixera les perspectives de la France de demain, celle que nos enfants partageront, celle que nous leur léguerons. Autant dire que la portée de notre engagement échappe aux clivages politiques traditionnels, ce qui garantit notre impartialité. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Sympathisants du PS, de l’UDF, du FN, du PC, des Verts, de LO, de la LCR, des anti-libéraux… plus de 60% des Françaises et des Français sont – consciemment ou non – favorables à la rénovation de nos pratiques démocratiques !

Yves Barraud pour Rénovation-démocratique
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Publié dans Découpage électoral

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