Dans l’intimité de Lou et d’Anna, remparts affectueux autour de Freud

Publié le par david castel

À l’ombre du père. Correspondance, 1919-1937. Lou Andreas-Salomé, Anna Freud.

Préface et traduction de l’allemand

par Stéphane Michaud. Texte établi

par Dorothee Pfeiffer. Hachette Littératures, 2006, 660 pages, 35 euros.

Trouvant une place originale

parmi les correspondances publiées

à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Freud,

dont les Lettres à Fliess évoquées

en octobre dernier dans ces mêmes colonnes, la correspondance entre Lou Andreas-Salomé, femme de lettres et psychanalyste au destin extraordinaire, et Anna Freud, qui deviendra

la « gardienne » du temple freudien, constitue

un document remarquable qui s’étend sur dix-huit années, ne s’interrompant qu’avec la mort de Lou Andreas-Salomé, en 1937.

C’est Freud lui-même qui met sa fille Anna en relation avec cette femme qu’il admire passionnément et qui restera toujours pour lui une interlocutrice privilégiée, sans que ce lien connaisse les vicissitudes que Freud connaîtra par ailleurs avec la plupart des psychanalystes qui le côtoieront.

Très vite, les échanges entre les deux femmes prennent un tour très personnel, intimité d’ailleurs anticipée par Lou-Andreas Salomé dès la première lettre, au début de laquelle elle gratifie Anna Freud d’un « Chère Mademoiselle Freud », ajoutant malicieusement : « J’ai déjà remplacé le "très honorée" par quelque chose de plus libidinal, pour parler freudien. » Tout au long de leurs lettres, d’une ligne à l’autre, elles passent de considérations sur leurs propres vies, la vie politique,

le mouvement psychanalytique, ou encore

des questions théoriques, à des préoccupations

que l’on pourrait qualifier de beaucoup plus quotidiennes : tissage et broderie sont des sujets

qui reviennent fréquemment. Mais toutes ces lettres, sans exception, ont cette caractéristique d’être comme aimantées par Freud qui y tient

une place centrale. De ce point de vue, le titre

donné à cet ouvrage, À l’ombre du père, se justifie pleinement, même s’il risque précisément de faire un peu d’ombre à la réelle personnalité de chacune de ces deux épistolières.

Dotée d’un appareil critique très conséquent, cette correspondance, qui présente la particularité d’être quasi complète (sur 433 pièces, 419 ont été conservées), intéressera, au-delà d’un public sensible à la psychanalyse et à son histoire, les psychanalystes et chercheurs qui y trouveront un point de vue tout à fait inédit et précieux sur l’inventeur de la psychanalyse.

Sophie Aouillé, psychanalyste

Article paru dans l'édition du 20 janvier 2007.

1937 : autre qualif', autre temps (443)

"Au pays d'Aragon, il y avait une fille qui mangeait des glaces citron et vanille...". Bon, commençons d'abord par un petit rappel historique en ce jour de match de coupe d'Europe à Northampton.


En ce mois de janvier 1937, le problème biarrot est simple. Pour se qualifier pour les seizièmes de finale du championnat, les Rouge et Blanc doivent gagner à Brive mais avant cela il leur faut disposer de l'AS Bayonne, le 27 janvier 1937à Aguiléra. Face aux autres voisins bayonnais, toujours en course pour la qualification, le BO est brillant. An centre, Paquin fait un récital aux côtés de Haget . Quant au demi de mêlée Laborde, il éclabousse le match de sa classe et de ses nombreuses percées. Devant Muniain, Arrizabalaga et Lafourcade font la loi. Aux dires des journaux d'époque, la force de l'équipe biarrote réside dans sa défense: un véritable mur (tiens, tiens comme en 2007). Les vaillants Bayonnais de Saint Esprit perdent les leurs et rendent l'âme, battus (20-6). A l'issue du match, les pronostics vont bon train, après une telle démonstration, le BO peut gagner à Brive dans quinze jours. En attendant Haget, Paquin, Laborde, Daguerre et Arrizabalaga joueront pour l'équipe de Côte Basque qui défiera le Littoral, dimanche prochain à Toulouse.


Voici quelques résultats de cette avant-dernière journée des matches de poule. Victoires de Montferrand à Bort-les-Orgues, de Narbonne à Tyrosse et de Carcassonne au Boucau. L'Aviron concède le nul devant Lézignan (0-0) tout comme l'USAP devant Grenoble et Toulon face à Agen (3-3). La surprise du jour vient de la victoire de Nantes sur Brive et de la déconfiture paloise à Chalon. Enfin, Lons-le-Saunier s'incline de justesse à Bègles (3-0) tandis que Oloron bat Pézenas (19-0). Ah! Pézenas! le pays de Molière qui y séjourna quelques années...et le berceau de Bobby Lapointe. Vous savez, le chanteur ami de Georges Brassens, auteur de "Au pays d'Aragon, il y avait une fille qui mangeait des glaces citron et vanille..."

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Publié dans LAETITIA

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