Le remplacement de trois membres du CSA suscite la polémique

Publié le par david castel

AFP/JACQUES DEMARTHON
Dominique Baudis (G), président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), s'entretient avec Francis Beck, membre du CSA, lors de son audition le 6 avril 2006, devant la commission d'enquête parlementaire sur Outreau.
LE MONDE | 12.01.07 | 15h13  •  Mis à jour le 12.01.07 | 15h13
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Dominique Baudis, dont le mandat de président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'achève le 23 janvier, a présenté ses ultimes voeux, jeudi 11 janvier, dans le grand salon de la Sorbonne à Paris.

Mêlant adieux et remerciements, M. Baudis a souligné les actions entreprises sous sa présidence par le collège : lutte contre le racisme, protection du jeune public, diversité des origines dans la représentation à l'antenne et défense du pluralisme.


COMPOSITION DU CSA

 COLLÈGE DE 9 MEMBRES (CONSEILLERS).

Nommés pour six ans par décret du président de la République ; 3 sont désignés par le président de la République, 3 par le président du Sénat et 3 par le président de l'Assemblée nationale.

TROIS RENOUVELLEMENTS.

Le 23 janvier, à minuit, les mandats de deux conseillers (Francis Beck et Philippe Levrier) ainsi que celui du président Dominique Baudis prendront fin.

LES AUTRES MEMBRES

. Agnès Vincent-Deray (janvier 2009), Michèle Reiser (janvier 2011), Elisabeth Flüry-Hérard (janvier 2009), Marie-Laure Denis (janvier 2011), Christian Dutoit (janvier 2009) et Sylvie Genevoix (janvier 2011).

 


Il a surtout insisté sur le succès du lancement de la télévision numérique terrestre (TNT) qui, selon M. Baudis, "oblige la puissance publique à accélérer et à intensifier son déploiement". Dès février, M. Baudis devrait être nommé à la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), où il succédera à Yves Guéna qui ne souhaite pas finir son mandat.

Outre le président du CSA, nommé par le président de la République, deux autres membres achèvent leur mandat de six ans et seront remplacés par deux nouvelles personnalités désignées par Jean-Louis Debré, président (UMP) de l'Assemblée nationale et Christian Poncelet, président (UMP) du Sénat.

Il s'agit de Philippe Levrier, nommé en 2001 par M. Poncelet, et de Francis Beck, ancien directeur de cabinet de Jack Lang, nommé, en 2001, par Raymond Forni (PS), et à ce titre dernier membre du CSA représentant de la gauche. Selon des sources parlementaires rapportées par l'AFP, les noms des successeurs de MM. Baudis, Beck et Levrier devraient être connus la semaine prochaine.

Ainsi, à moins de cent jours de l'élection présidentielle, le CSA sera intégralement composé de conseillers nommés par la droite. Une situation inédite qui a fait réagir François Hollande, premier secrétaire du PS. Après avoir demandé solennellement à Jacques Chirac de "surseoir" à ces nominations, il a fustigé "la République des drôles d'amis" et indiqué que si la gauche revenait au pouvoir, elle ferait voter une loi "qui changera la composition, le mode de nomination et des compétences" du CSA.

FOIRE D'EMPOIGNE

Le renouvellement des trois membres du CSA a donné lieu à divers marchandages. Pour la présidence de l'institution, la nomination de Michel Boyon, ancien président de Radio France et ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, semble acquise. Actuellement président de Réseau ferré de France, il a les faveurs de Jacques Chirac et de son entourage.

Ce parachutage devait favoriser Dominique Perben, ministre des transports, qui cherchait à s'implanter à Lyon. Dans cette perspective, il avait sollicité le député UMP sortant du Rhône, Christian Philip, afin qu'il lui laisse sa circonscription.

En contrepartie, M. Perben promettait à M. Philip sa nomination à la tête de Réseau ferré de France en remplacement de M. Boyon. "Je ne me laisserai pas acheter", avait rétorqué M. Philip (Le Monde du 20 octobre). Résultat : M. Perben est en grande difficulté à Lyon, et M. Boyon devrait s'installer à la présidence du CSA en laissant vacante la présidence de Réseau ferré de France...

Pour les deux autres postes de conseillers, c'est la foire d'empoigne. Selon un membre du CSA, depuis la rentrée de septembre, près de 90 personnalités issues de tous les grands médias et des grands corps d'Etat sont venues voir M. Baudis pour "lui demander conseil" et "le sonder". M. Baudis leur a répondu qu'il n'avait aucun pouvoir sur ces futures nominations. Néanmoins, plusieurs noms circulent.

Les deux favoris sont Yves Marek, conseiller technique pour l'audiovisuel de M. Poncelet, et Gabrielle Gauthey, membre de l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Laurence Franceschini, directrice adjointe du cabinet du ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, et Emmanuel Gabla, ex-conseiller technique pour les télécommunications de Jean-Pierre Raffarin, restent en lice.

Selon nos informations, M. Baudis aurait encouragé Amirouche Laïdi, président du club Averroès et conseiller municipal (UMP) de Suresnes (Hauts-de-Seine), à se présenter. "J'ai été approché, reconnaît M. Laïdi, mais je ne suis pas trop intéressé. Je préfère continuer mon combat sur le terrain", a-t-il déclaré au Monde.

Daniel Psenny
Article paru dans l'édition du 13.01.07
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Publié dans Découpage électoral

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