J'ai le droit de vivre

Publié le par david castel

Titre original : You Only Live Once
Fiche du film

Film réalisé par Fritz Lang
 
Genre Comédie dramatique
Durée 86 mn | Sortie 1937 | Noir et blanc
Résumé

Un ancien prisonnier tente de refaire sa vie malgré les préjugés des gens.


 

Par Jean-Michel Deroussent
Fritz Lang arrive à peine aux Etats-Unis, qu’il parvient à sortir, fin des années 40, un de ses plus grands films : J’ai le droit de vivre.

L’inestimable opportunité de ce film coïncide avec une période trouble en Amérique. Le besoin de justice se fait sentir. Il apparaît a priori d’actualité et à posteriori aussi. Le film aborde un sujet qui par nature est plutôt « réservée » à Alfred Hitchcock, les préjugés. En ce sens, le film est un formidable plaidoyer contre les prénotions. Fritz Lang à la manière d’Hitchcock construit la trame autour d’Henry Fonda, un prisonnier fraîchement sorti de prison. L’habileté du scénario est d’instaurer une dualité dans l’intensité dramatique, Henry Fonda tente de vivre avec XXX, une romance simple et heureuse. D’un côté, Fonda est surveillé par tout ce qui l’entoure. D’un autre, XXX est averti par tout le monde que son histoire n’a aucun avenir avec cet ancien prisonnier. Tout dans le film est propre à créer une issue fatale. Dès le départ, le spectateur est averti de la fin tragique. Mais alors d’où provient le suspense ? Assurément de cet intervalle de temps entre la sortie de prison et la prise d’otage dans la prison. Fritz Lang adapte des procédés largement connus mais d’une grande efficacité comme un environnement relativement petit pour renforcer un sentiment d’oppression, ainsi que d’abondants plans de visages désespérés.

Le suspense atteint son paroxysme à la fin où Fritz Lang mêle incompréhension et fureur de vivre. Henry Fonda vient d’être disculpé. On peine à lui annoncer alors qu’il a pris en otage le directeur de la prison. Pourtant celui-ci refuse de se laisser berner par ses propos dilatoires. On se rend compte que l’utilisation des préjugés aboutit comme une sorte de fatalité abscons propre au personnage du film noir. Le film ne sert qu’à montrer combien le personnage est prisonnier de son statut, et ce quoi qu’il fasse. Contrairement aux Hitchcock plus souvent enclin à une fin heureuse, Fritz Lang va jusqu’au bout de la logique « noire ». Le héros est condamné. Henry Fonda fait une très grande apparition. Il n’a pas encore la notoriété qu’il aura dans le faux coupable, ce qui renforce l’adhésion autour de sa prestation. C’est en ce sens qu’on retrouve une trace de génie dans Fritz Lang, l’art de faire tout parfaitement et avant les autres.

L’un des œuvres les plus soignées du réalisateur expatrié dans le début de sa période hollywoodienne.




La Grande illusion
Fiche du film

Film réalisé par Jean Renoir
 
Genre Drame
Durée 95 mn | Sortie 1937 | Noir et blanc
Résumé

Durant la Première guerre mondiale, deux officiers français sont faits prisonniers et envoyés dans un camp de détenus, en Allemagne. Ils font la rencontre d'une bande de joyeux lurons, pas forcément mécontents de leur sort, mais qui ont inventé un stratagème pour s'échapper : la construction d'un tunnel. Mais alors que toute l'équipe est sur le point d'achever le souterrain, on annonce que tous les detenus du camp vont être transférés dans d'autres camps...


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Publié dans LAETITIA

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