Un livre inachevé de Tolkien complété par son fils
Un livre inachevé de John Ronald Reuel Tolkien, l’auteur du «Seigneur des anneaux», a été complété par son fils Christopher et sera publié au printemps 2007, a annoncé mardi l’éditeur britannique HarperCollins.
J.R.R. Tolkien avait commencé «The Children of Hurin» («Les Enfants de Hurin») en 1918, sans pouvoir l’achever. Son fils a passé près de trois décennies à travailler sur ses ébauches pour compléter l’œuvre. Certains extraits du livre - dans lequel on retrouve les personnages des elfes et des nains présents dans le «Seigneur des anneaux» - avaient déjà été publiés séparément, mais l’œuvre est désormais complète. «Il m’a longtemps semblé qu’il y avait de bonnes raisons pour présenter la version de la légende des «Enfants de Hurin» comme un travail en soi, sous sa propre couverture», a expliqué Christopher Tolkien dans un communiqué. Christopher Tolkien, qui avait dessiné les cartes accompagnant le «Seigneur des anneaux» et a déjà édité un autre ouvrage de son père «The Silmarillion» (Le Silmarillion), est l’un des trois enfants encore en vie de l’auteur. «L’histoire épique d’aventure, de tragédie, de camaraderie et d’héroïsme compte parmi les plus fines expressions de J.R.R. Tolkien comme conteur d’histoires», a commenté la directrice générale d’HarperCollins, Victoria Barnsley. John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892 à Bloemfontein, en Afrique du Sud. Sa mère, Mabel Suffield, fait partie d’une famille commerçante des Midlands, tandis que la famille de son père, Arthur Tolkien, est d’origine allemande.
En 1896, suite à des problèmes de santé, il revient au Royaume-Uni près de Birmingham où il passera le reste de son enfance. Son père, resté en Afrique du Sud, meurt là-bas. En 1904, sa mère meurt à son tour. Il sera d’abord placé sous la tutelle d’un prêtre catholique, puis d’une tante à partir de 1905. En 1916, il épouse Edith Bratt, une amie d’enfance dont il était amoureux depuis longtemps, mais que le prêtre de son enfance avait tenue à distance.
Il s’engage ensuite dans l’armée. Il est rapatrié en 1917 pour cause de «fièvre des tranchées». C’est à cette époque que, déjà passionné de langues imaginaires, il crée la langue des Elfes, le haut-elfique ou quenya et griffonne les prémices du Silmarillion : Les Contes Perdus.
En 1919, il est diplômé d’Oxford. Il travaille tout d’abord comme lexicographe sur le fameux Oxford English Dictionary de 1919 à 1921, puis obtient un poste de maître-assistant à Leeds. En 1924, il devient professeur de langue anglaise. En 1925, il revient à Oxford (Merton College) pour une chaire de langue ancienne (anglo-saxon). En 1945, il enseignera la langue et la littérature anglaises jusqu’à sa retraite en 1959. Son premier livre Bilbo le Hobbit a été inventé sous forme orale, puis mis par écrit (inachevé), pour ses enfants. Découvert par une étudiante, puis par un éditeur, le manuscrit est achevé, puis publié, en 1937. Il a travaillé à partir de 1938 sur Le Seigneur des Anneaux qui sera publié en 1954, et dont le succès ne démentira jamais, dès les années 1950, mais surtout à partir du milieu des années 1960. En 1978 paraît une première adaptation cinématographique animée, réalisée par Ralph Bakshi. Ce film, partiellement réalisé en rotoscopie, arrête le récit au milieu du 2e tome, Les deux tomes. À partir de 2001 et à raison d’un par an, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson adapte l’intégralité de l’œuvre dans trois films à succès tournés simultanément.
Tolkien était plus philologue que linguiste. Il était spécialiste du dialecte mercien (Mercian) du vieil anglais (qu’on parlait dans le centre de la Grande-Bretagne, entre 450 et 1150) et du moyen anglais (1150 - 1500). Mais il a enseigné d’autres langues germaniques (norrois et gotique). Il parlait l’afrikaans, le latin, le grec, l’hébreu, le gallois et le finnois qu’il aimait particulièrement, ce qui n’était, en revanche, pas du tout le cas du français (La francophobie, ou «gallophobie», de Tolkien est évoquée par tous les biographes, notamment par Humphrey Carpenter, qui la juge «presque inexplicable»). Il meurt le 2 septembre 1973, à Bournemouth (Royaume - Uni).