Docteur Disney et Mister Walt

Publié le par david castel

Culture

Loin de l’image que donne aujourd’hui Disneyland, le créateur de Mickey s’est inspiré de quelques-uns des plus grands artistes de son époque. Le Grand-Palais lui rend hommage.

Docteur Disney et Mister Walt   par Luc Chatel

Disney, un nom qui claque comme un étendard. Celui du rêve américain, de l’argent roi et de la société du loisir. Les quarante ans de sa disparition donnent l’occasion de révéler une facette méconnue du père de Mickey Mouse. Derrière Disney l’amuseur, se cache Walt l’esthète. Ce que soulignera une soirée spéciale sur Arte et l’exposition du Grand-Palais « Il était une fois Walt Disney ». Ce n’est donc pas le réalisateur complice du maccarthysme ni le créateur réactionnaire des parcs d’attractions (qu’il a conçus comme des mondes éthérés, outils de défense des valeurs familiales et de lutte contre l’alcool et la violence) que nous découvrons ici. « Walt Disney est à ranger parmi les figu- res les plus importantes du cinéma et plus largement de l’art du XXe siècle », affirme Bruno Girveau, commissaire général de l’exposition.
L’aventure commence en 1928, avec la création de la célèbre souris (Walt voulait l’appeler Mortimer, et c’est sa femme qui lui conseilla Mickey). Les deux premiers courts métrages d’animation où apparaît Mickey Mouse, Plane Crazy et Gallopin Gaucho, sont respectivement inspirés de l’aviateur Charles Lindbergh et de l’acteur Douglas Fairbank. Pour se lancer dans cette technique naissante, il a écumé les salles de cinéma et consulté nombre d’ouvrages, notamment sur les pionniers du cinéma comme Méliès. « S’il n’était pas un homme cultivé et s’il re-doutait d’être pris pour un intellectuel, Disney avait toutefois la curiosité et la passion de l’autodidacte », commente Bruno Girveau. En 1928, il frappe fort en réalisant le premier dessin animé avec son, voix et musique synchronisés, Steamboat Willie. Pierre Lambert, historien du cinéma, explique : « Un événement eut lieu dans la jeune carrière de Disney : l’invitation à une séance de la grande nouveauté des frères Warner, The Jazz Singer, qui marqua les débuts du cinéma parlant. » De son côté, Bruno Girveau souligne que cette première aventure de Mickey, Steamboat Willie, parodie le Steamboat Billy Jr de Buster Keaton. Il trouve aussi des points communs entre le Charlot des Temps modernes (1936) et le Donald de Modern Inventions (1937).
Le tournant artistique se fera au milieu des années 30. Invité en Europe durant l’été 1935 pour recevoir une médaille de la Société des Nations, il y restera onze semaines et consacrera une bonne partie de son temps à un but précis : enrichir sa bibliothèque. Plus de trois cent cinquante ouvrages d’illustration feront ainsi le voyage de Californie, dont les œuvres d’Honoré Daumier et de Gustave Doré. Surtout, il s’entoure de dessinateurs européens parmi les plus réputés du continent, formés dans les meilleures écoles. Parmi eux, le Suédois Gustaf Tenggren, qui fut directeur artistique de Blanche-Neige et les sept nains, premier long métrage d’animation. Un succès mondial.
Bruno Girveau raconte comment s’est dessiné le profil de la reine sorcière : « Alors que Disney suggère que la reine soit un mélange de lady Macbeth et du grand méchant loup, son visage est finalement inspiré par celui de l’actrice américaine Joan Crawford et son apparence générale semble dériver de la statue-colonne du portail de la cathédrale de Naumberg (Allemagne). La transformation de la reine en sorcière est empruntée aux différentes versions cinématographi-ques de Docteur Jekyll et Mister Hyde. » Autres références surprenantes dans l’œuvre du père de Donald : Goethe et Murnau. « Pour L’apprenti sorcier, dont la musique extraite de l’œuvre du compositeur français Paul Dukas (1865-1935) est interprétée sous la direction du chef d’orchestre Leopold Stokowski, le scénario s’appuie sur le poème éponyme de Gœthe (Der Zauberlehrling), écrit en 1767, dont il respecte fidèlement la progression, rapporte Bruno Girveau, la nostalgie disneyenne reprend à son compte des thèmes récurrents du cinéma de Murnau, notamment l’opposition entre le village, éden pastoral, et la grande ville corruptrice, entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde. » Mais l’aventure artistique la plus surprenante tient en un mot : Destino. Pour ce film inachevé, Walt Disney s’est associé, en 1945, à un certain… Salvador Dali.

Une rentrée Disney




Les géométries intemporelles du mystérieux Anton Prinner
LE MONDE | 06.09.06 | 16h13  •  Mis à jour le 06.09.06 | 16h13
LES SABLES-D'OLONNE ENVOYÉ SPÉCIAL
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Anton Prinner est né à Budapest le 31 décembre 1902 : l'affirmation ne devrait poser aucun problème. La date et le lieu sont justes. Mais Anton s'appelait-il Anton ? Ou Anna ? Ou Antonina ?

Habillé en homme, coiffé d'un béret sur presque toutes ses photos, Anton a donné le change. Mais ceux qui l'avaient connu autour de 1920 et ceux qui l'ont rencontré peu après son arrivée à Paris - en 1927 ou 1928 - se souvenaient qu'il se prénommait Anna et portait de "belles nattes". Autre indice : dans les derniers mois de sa vie, Prinner se fait hospitaliser sous le prénom d'Antonina. Et Picasso, qui eut de l'amitié pour lui, l'avait surnommé "Monsieur Madame".

Une artiste est donc née en 1902 à Budapest. Elle a accompli l'essentiel de son oeuvre à Paris, où elle est morte en 1983. Les raisons de sa métamorphose sexuelle ne sont pas établies nettement : sans doute parce qu'il aurait été impossible à Anna d'être une artiste dans une société hongroise conservatrice, sans doute encore parce que ce changement secret répondait à ce que la jeune femme ressentait profondément en elle.

Depuis lors, bien peu d'expositions se sont intéressées à Anton Prinner, et la rétrospective aux Sables-d'Olonne est la première dans un musée. Pour y parvenir, il a fallu l'acharnement de Benoît Decron, son auteur et le directeur du Musée de l'Abbaye : les travaux sont dispersés et les incertitudes plus nombreuses que les faits avérés. La seule partie de l'oeuvre qui soit relativement bien connue a été créée entre 1932 et 1937. On la nomme période "constructiviste" parce qu'elle relève d'esthétique abstraite, ainsi nommée dans les années 1920.

Durant cette brève période, gravures et reliefs sont dominés par la spirale, le losange, les triangles opposés et par des nuances de blanc, gris et noir si maîtrisées que les estampes évoquent des tirages photographiques de Moholy Nagy. Ayant appris ces techniques à l'Atelier 17 avec Stanley William Hayter, Prinner s'y montre virtuose et perfectionne la "papyrogravure", qui substitue un carton bon marché à la coûteuse plaque de cuivre - Prinner vivant alors dans la misère.

Passagères géométries abstraites : en 1937, il s'essaie à la sculpture et au dessin figuratifs, formes lissées ou écartelées, nudités stylisées ou éventrées, lampes et coqs, anomalies surréalisantes et cruautés expressionnistes, ces dernières aggravées par la guerre et l'Occupation. En 1942, il rencontre Picasso qui devient son héros et, plus tard, son ami. La même année, il expose dans la galerie de Jeanne Bucher. Ce sont les débuts du deuxième Prinner, celui qui a été oublié.

COMME À BABYLONE

Oubli facile à expliquer : ni dans le style ni dans le sujet, rien de ce que fait Prinner n'a plus alors le moindre rapport avec ce qui plaît aux contemporains. Picasso et Brauner sont parmi les très rares à s'intéresser à cet artiste de plus en plus étrange qui s'aventure dans le symbolisme, les religions, l'ésotérisme. La géométrie devient sacrée, fondée sur des codes et des proportions aux significations souvent obscures En 1947, Prinner entreprend les soixante-cinq eaux-fortes pour Le Livre des morts des anciens Egyptiens, ouvrage fétiche des occultistes. Suivent la Bible ésotérique et poétique en 1949, le Tarot ésotérique et poétique en 1976 et des sculptures de la même inspiration.

Ces travaux se regardent avec incrédulité : indifférent à son époque - qui ne le lui a que trop rendu -, Prinner dessine, taille et modèle comme à Babylone ou Ninive des siècles auparavant - et parfois comme à Tahiti et aux Marquises. Il fuit le présent pour rejoindre un ailleurs merveilleux et intemporel - échappant à son temps comme il avait échappé à son sexe.


Anton Prinner, Musée de l'abbaye Sainte-Croix, rue de Verdun, Les Sables-d'Olonne. Tél. : 02-51-32-01-16. Du mardi au dimanche de 10 à 12 heures et de 14 h 30 à 18 h 30. Entrée : 4,60 €. Jusqu'au 1er octobre.
Philippe Dagen
Article paru dans l'édition du 07.09.06



Henri Cartier-Bresson

« L'œil du siècle » selon un de ses biographes ( Pierre Assouline ), Henri Cartier-Bresson (22 août 1908 à Chanteloup-en-Brie - 3 août 2004 à Montjustin, Alpes-de-Haute-Provence) était un photographe français et un pionnier du photojournalisme. Il est souvent fait référence à lui sous les 3 lettres HCB.

Avec Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger, il fonde en 1947 la célèbre agence Magnum Photos. En 2003, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans (un an avant sa mort), une fondation portant son nom a été créée à Paris pour assurer la conservation et la présentation de son œuvre et aussi pour supporter et exposer les photographes dont il se sentait proche.

Connu pour la précision au couperet et le graphisme de ses compositions (toujours non recadrées au tirage), il s'est surtout illustré dans le reportage de rue, la représentation des aspects pittoresques ou significatifs de la vie quotidienne des Européens (Des Européens) et des autres peuples. Il est l'inventeur du concept d'instant décisif lors de la prise de vue.(source Wikipedia)

Cette figure mythique de la photographie du XXe siècle va bénéficier d'un coffret DVD chez MK2 :

Cinq oeuvres majeures du cinéaste, selectionnées par Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque français. Un coffret qui proposera aussi une série de documentaires dédiées au réalisateur et à son oeuvre. Un livre de 100 pages viendra complèter cette véritable richesse éditoriale.



Le 20/09/2006 MK2 EDITIONS



Couleurs et N&B
Format vidéo : 16/9 compatible 4/3 - Format audio : mono et stéréo - Menus et sous-titres : français et anglais

 

DVD 1
Victoire de la vie (1937), documentaire sur l’entraide médicale au service de l’Espagne républicaine assaillie par les troupes du Général Franco.
L’Espagne vivra (1938), second documentaire sur la Guerre d’Espagne, réalisé pour le compte du Secours Populaire, avec un commentaire de Georges Sadoul.
Le Retour (1945), un témoignage qui évoque en images le long chemin harassant de millions d’hommes, prisonniers de guerre, se croisant sur les routes d’Allemagne en chemin vers leurs foyers.
Impressions de Californie (1970) et Southern Exposures (1971), tournés en 1970 pour le compte de la chaîne de télévision CBS News, sont des carnets de voyage d’Henri Cartier-Bresson dans l’Amérique profonde.

DVD 2
Mise en perspective de l’oeuvre de Henri Cartier-Bresson grâce à une série de documentaires qui lui sont consacrés (133’) :

Henri Cartier-Bresson, Biographie d’un regard de Heinz Bütler (2003), un des derniers films tournés avec la complicité du photographe. HCB commente plusieurs de ses photos.
L’Aventure moderne de Roger Kahane (1975), Henri Cartier-Bresson au travail : le regard en éveil, le photographe guette sa proie, le Leica invisible dans une main.
Contacts de Robert Delpire (1994) filme les planches contact de Henri Cartier-Bresson. Au-delà de la surface photographique, la profondeur d’un regard sur le monde.
Flagrants délits de Robert Delpire (1967). Film de pur montage réalisé à partir des photographies les plus célèbres de Henri Cartier-Bresson, accompagné d’une musique originale de Diego Masson.
Une journée dans l’atelier d’Henri Cartier-Bresson réalisé par Caroline Thiénot Barbey (2005). Henri Cartier-Bresson en train de dessiner et peindre. Une réflexion libre sur l’enfance de l’art.
Écrire contre l’oubli : lettre à Mamadou Bâ, un film de Martine Franck et Henri Cartier-Bresson, réalisé pour Amnesty International (1991). Cartier-Bresson exprime sa colère dans une lettre au Président de la Mauritanie, après avoir appris la mort de Mamadou Bâ, un jeune berger assassiné par des gardes nationaux

Livre (100 pages)
Illustré de nombreuses photos et constitué de textes de Serge Toubiana, il éclaire l’oeuvre cinématographique d’Henri Cartier-Bresson. Articles et documents d’époque complètent cet ouvrage inédit.

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Publié dans LAETITIA

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