Disparition de Glenn Ford

Publié le par david castel


Hollywood. Le comédien est décédé le 30 août à Bervelly Hills. Avec plus de cent films, il restera celui qui vit Rita Hayworth enlever son gant dans Gilda.

Né le 1er mai 1916 à Sainte-Christine, Québec, le comédien Glenn Ford s’est éteint ce 30 août dans sa maison de Beverly Hills en Californie. Sa santé déclinante l’avait empêché d’assister à l’hommage que le tout-Hollywood lui rendait le jour de son quatre-vingt-dixième anniversaire.

Acteur au long cours qui laisse derrière lui plus de cent films tournés entre 1937 et 1990, il était connu de chacun, servi par un corps robuste de 1,80 m et un sourire avenant qui lui avait permis de jouer aussi bien Monsieur Tout- le-Monde que des rôles de jeunes premiers et d’aventuriers sur le retour. Son jeu intériorisé lui avait permis de camper également les cow-boys portant sur leurs traits et dans leurs comportements le poids d’une rude vie solitaire. Même si la jeune génération n’ayant pas eu l’occasion de visiter ses classiques se souviendra de lui comme l’incarnation de Jonathan Kent dans Superman en 1978, rien n’interdit de préférer le rapport magnétique qu’il a entretenu à Delmer Daves dans certains de ses plus beaux westerns, Jubal, 3 h 10 pour Yuma ou Cow-boy.

Dans d’autres registres, il sait aussi faire corps avec le film. On pense au prof idéaliste tentant d’être copain de ses élèves dans Graine de violence, le film de Richard Brooks qui allait lancer la vague des films de rock pour teenagers. On pense encore davantage à sa collaboration avec Fritz Lang, le cinéaste froid par excellence qui n’a pu qu’être attiré par un comédien aussi froid que lui. Qu’il s’agisse du flic assoiffé de revanche de Règlements de comptes ou de l’ingénieur de Désirs humains (remake de la Bête humaine de Renoir), il a fait merveille. Il avait beau avoir comme formule « Peu de comédiens ont survécu à autant de navets que moi », il a quand même tourné avec Minnelli (les Quatre Cavaliers de l’apocalypse, Il faut marier papa), avec Capra (Milliardaire d’un jour, ce n’est pas le meilleur, d’accord), Anthony Mann (Cimarron) et Blake Edwards dans le méconnu et admirable Allô, brigade spéciale.

Et puis, bien sûr, il y a Gilda, de Charles Vidor, le film qui lança Rita Hayworth, la « nouvelle Lola-Lola de l’ère atomique ». Ils avaient déjà joué une fois ensemble mais le succès fut tel que les deux refirent couple à l’écran trois fois. À la ville, ce militariste à tous crins était alors marié à Eleanor Powell. Ce n’est pas mal non plus.

Jean Roy

Article paru dans l'édition du 2 septembre 2006.

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Publié dans Cinéfmatografile

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