Quelques répliques des deux premiers "Bronzés"

Publié le par david castel

Lundi 23 Janvier 2006


AP | 30.01.06 | 12:09


PARIS (AP) -- Voici le rappel de quelques répliques fameuses des premiers films "Les Bronzés" (1978) et "Les Bronzés font du ski" (1979), de Patrice Leconte, avec Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Michel Blanc et Dominique Lavanant.

- LES BRONZES:
"Y'a du soleil et des nanas. Darla dirladada. On va s'en fourrer jusque là. Darla dirladada" (EXTRAIT DE LA CHANSON).
"Ma case est occupée, qu'est-ce que je fais?" (CLAVIER). "Mais non, ce sont les toilettes, ici" (LUIS REGO).
"C'est où la case Bigorneaux?" (CHAZEL).
"J'ai été obligé de passer la nuit avec une femme charmante aux sanitaires" (JUGNOT).
"J'ai passé une nuit épouvantable avec une connasse aux chiottes" (JUGNOT, LE LENDEMAIN).
"Bip bip? Mêêêh!" (MICHEL CRETON).
"C'est quoi vos prénoms? Eh, c'est quoi vos prénoms? Parce que moi c'est Jean-Claude, mon prénom" (BLANC, A CHAZEL ET BALASKO).
"Y'a quel pourcentage de filles pour un mec?" (CLAVIER). "Ca dépend des mecs" (LHERMITTE).
"Bonsoir, nous allons nous coucher" (DEUX SCANDINAVES). "Bonsoir, nous allons les niquer" (LHERMITTE ET CLAVIER).
"Oh putain, je me suis niqué 3.827 kilos de gonzesses! Je me dégoûte, des fois, tu sais" (LHERMITTE).
"Je vais te dire un truc qui va te faire plaisir, toi: tu vois, je me suis niqué plus de 80 gonzesses depuis le début de la saison, eh bien sans te flatter, j'ai l'impression que tu vas être dans les 10-15 premières, toi" (LHERMITTE A BALASKO).
"Laissez-moi plonger, je suis médecin" (CLAVIER).
"Tu te mets toujours les fesses à l'air pour citer Saint John Perse?" (BALASKO, A CLAVIER).
"J'ai eu des regards avec une nana, à mon avis y'a une ouverture" (BLANC).
"J'ai vécu avec une femme et au bout de 48 heures elle a décidé qu'on se séparerait d'un commun accord. Alors, j'ai pas bien supporté. J'ai même essayé de me suicider. (...) J'ai mis l'Adagio d'Albinoni, j'ai avalé deux tubes de laxatifs et puis, hop! J'ai perdu 16 kilos et ma moquette" (BLANC).

- LES BRONZES FONT DU SKI:
"En fait c'est à ma femme, mais c'est comme si c'était à moi. J't'expliquerai" (LHERMITTE, A JUGNOT).
"Bon, ben va pas être possible, ça les arrange pas. A cause de l'argent. J't'expliquerai" (LHERMITTE, A JUGNOT).
"Dites donc je plaisante pas, j'ai absolument besoin d'une chambre double pour ce soir" (BLANC).
"Nous sommes tous d'accord pour dire que Jean-Claude est nul. Eh bien figurez-vous que c'est le moins mauvais d'entre vous" (LHERMITTE, A BALASKO, CHAZEL ET JUGNOT).
"Je sens que, ce soir, je vais conclure" (BLANC).
"Ecoute Bernard, je crois que toi et moi, on a un peu le même problème, c'est-à-dire qu'on peut pas vraiment tout miser sur notre physique, surtout toi. Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, c'est: oublie que t'as aucune chance, vas-y, fonce. On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher" (BLANC, A JUGNOT).
"Excusez-moi, mais vous êtes en train d'uriner sur ma voiture" (UN VACANCIER, A JUGNOT).
"Je me fais chier à servir des têtes de cons qui me demandent des crêpes au sucre toute la journée" (CHAZEL).
"Il fait de l'anémie? Mais bouffez-le! (...) Vous avez entendu? Bou-ffez-le!" (CLAVIER, A UN COUPLE DE PAYSANS VENUS AMENER LEUR COCHON, COPAIN, EN CONSULTATION).
"Monsieur Dusse, ce qui ne va pas, c'est le planter de bâton" (LE MONITEUR DE SKI, A BLANC).
"Mais t'énerve pas, Jérôme, je crois que tu as accroché une porte" (CHAZEL). "J'ai pas accroché une porte, j'ai ripé. Parle pas de ce que tu connais pas. Mais qu'elle est conne, celle-là!" (CLAVIER).
"C'est le Mont Rose, là. Tu vois, là, c'est la Dent du Guignol. Et puis la Coulée du Grand Bronze c'est derrière, mais on peut pas la voir" (LHERMITTE).
"Mais enfin, j'étais à deux doigts de conclure, t'as tout foutu en l'air. Je sais pas ce qui me retient de te casser la gueule, tiens" (BLANC). "La trouille, non?" (LHERMITTE). "Ouais, ça doit être ça" (BLANC).
"Mais c'est pas possible, ils peuvent rien faire en silence, les Macaronis!" (JUGNOT).
"On est complètement perdus. On va tous mourir ici. On va tous mourir gelés. Et moi d'abord. Et moi je verrai plus jamais Pépette..." (CHAZEL).
"Mais qu'est-ce que ça peut nous foutre que ce soit de ta faute, pauv' con? Fallait pas nous emmener là. On est dans la merde à cause de toi, et tout ce que tu trouves à faire, t'es juste bon à te lamenter sur ton sort. T'as rien dans le bide. T'es bon à être le larbin de ta femme, c'est tout ce que t'es bon, pauv' con! On est dans la merde, Gigi elle nous l'a dit, hein, on va tous crever là, on est dans la merde à cause de toi parce que t'es qu'un con, et puis t'es cocu, t'es cocu, et t'en redemandes" (JUGNOT, A LHERMITTE).
"Si vous étiez coincées sur une île déserte avec un type dans mon genre, vous tiendriez combien de temps?" (BLANC, A BALASKO ET CHAZEL).
"Ca, c'est une recette du pays. Ca s'appelle la foune. (...) C'est fait avec tous les restes de fromages de l'année. Alors on fait macérer ça avec du gras et de l'alcool de bois, pendant deux-trois saisons. Et puis y'a les couennes, aussi" (DEUX PAYSANS, A BALASKO, CHAZEL ET BLANC).
"C'est pas une boisson pour mauviettes (...). C'est de la liqueur d'échalote. Mais c'est relevé au jus d'ail. Parce que l'échalote toute seule, ça serait trop fade" (UN DES DEUX PAYSANS).
AP
publié par David CASTEL dans: cinéphilie
Lundi 09 Janvier 2006

Par Julien Thomas

"Les Bronzés 3 amis pour la vie".
Photo : © Les Films Christian Fechner

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9 janvier 2006. Si l'on ne peut (heureusement) pas prévoir quels seront les meilleurs films de l'année 2006, il est toutefois possible de dégager les œuvres qui font déjà saliver les cinéphiles.

Films politiques : la rentrée 2006 est marquée par le retour des films politiques : George Clooney s'intéresse à la chute du sénateur Joseph McCarthy dans «Good night, and good luck.», Andrew Niccol au trafic illégal d'armes dans un corrosif «Lord of war» (avec Nicolas Cage), Sam Mendes à la découverte de la guerre par les Marines lors de la première guerre du Golfe («Jarhead - la fin de l'innocence»), Stephen Gaghan à la CIA («Syriana») et Philippe Faucon à la guerre d'Algérie dans «La Trahison». «L'Ivresse du pouvoir» (de Claude Chabrol, avec Isabelle Huppert) et «Président» (de Lionel Delplanque, avec Albert Dupontel) porteront eux sur le rapport au pouvoir.

Comédies françaises : vingt-sept ans après, la troupe du Splendid se retrouve pour un troisième volet de leurs aventures vacancières : «Les Bronzés amis pour la vie» (de Patrice Leconte). A trop s'exposer, on craint l'insolation. Il fait beaucoup de moins bruit pour le moment, mais Francis Veber, le maître de la comédie française, revient avec Gad Elmaleh dans le traditionnel rôle de François Pignon («La Doublure»). Sont attendus également : Jean Dujardin en agent secret dans «OSS 117, Le Caire nid d'espions», Audrey Tautou et Gad Elmaleh dans «Hors de prix» (de Pierre Salvadori), Michaël Youn toujours plus déjanté dans «Incontrôlable» et Albert Dupontel acteur-réalisateur pour les besoins de «Enfermés dehors».

Animation : le genre se porte très bien et l'année 2006 ne devrait pas faire mentir ce constat. Dans des styles très différents, seront à l'affiche : «Renaissance» de Christian Volckman tout en noir et blanc sans nuance de gris, «Arthur et les Minimoys» de Luc Besson, «Nos voisins, les hommes» des studios DreamWorks, «L'Age de glace 2» qu'on espère aussi délirant que le premier, «Cars» par le réalisateur de Toy Story, John Lasseter, et «Azur et Azmar» par Michel Ocelot, l'homme qui a adapté avec brio le conte africain «Kirikou».

Suites : une légende moderne veut que les suites soient trop souvent inférieurs aux attentes suscitées par l'original. N'attendons donc pas trop du survitaminé «Mission : impossible 3» avec le voltigeant Tom Cruise, de «Basic instinct 2 : risk addiction» avec Sharon Stone autrement séduisante quatorze ans après, de «X-Men 3» avec un casting exceptionnel (Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry...), de «Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit» avec le caméléon Johnny Depp, de «Sin City 2» et son univers à part ,et bien sûr de «Les Bronzés 3 amis pour la vie» et «L'Age de glace 2».

Même pas peur : si quelqu'un dans votre entourage est amateur de film d'épouvante, demandez lui quel film il attend le plus. S'il ne répond pas «Hostel» d' Eli Roth c'est qu'il a trop peur. Egalement à surveiller, deux remakes, «The Fog» de Rupert Wainwright, (d'après le classique de John Carpenter) et «La Colline a des yeux» du français Alexandre Aja (d'après le non moins classique de Wes Craven), ainsi que l'adaptation d'un jeu vidéo, «Silent Hill», d'un autre frenchie, Christophe Gans.

Adaptations : inspiré plus ou moins librement d'œuvres diverses mais toutes classiques, ces films auront le lourd poids de devoir répondre aux exigeants fidèles des originaux. Adaptations de livres : «The Da Vinci code» de Ron Howard adapté du best-seller de Dan Brown qui peut compter sur un déchaînement médiatique à peine croyable et un casting de très haute tenue (Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno...), «Mémoires d'une geisha» de Rob Marshall inspiré du roman homonyme d'Arthur Golden, «Le Dahlia noir» adapté de l'oeuvre homonyme de James Ellroy par Brian De Palma (avec Scarlett Johansson et Hilary Swank), et «Jacquou Le Croquant» avec Gaspard Ulliel incarnant le célèbre personnage sorti de l'imagination d' Eugène Le Roy. De nouvelle : «Le Secret de Brokeback Mountain» d'Ang Lee, d'après une histoire d'Annie Proulx. De séries : le français et indémodable «Les Brigades du Tigre» (de Jérôme Cornuau, avec Clovis Cornillac et Edouard Baer en commissaires), ainsi que l'américain et explosif «Miami vice» (de Michael Mann, avec Colin Farrell et Jamie Foxx). De dessin animé : le délirant «La Panthère Rose» avec Steve Martin et Jean Reno. D'opéra : l'adaptation très libre de «Carmen» par Mark Dornford-May, Ours d'Or du meilleur film au dernier Festival de Berlin.

Historique : passé l'histoire du Windmill, l'équivalent londonien du Moulin Rouge («Madame Henderson présente» de Stephen Frears), et l'existence tumultueuse de deuxième comte de Rochester, ami et confident du roi Charles II d'Angleterre («Rochester, le dernier des libertins»), beaucoup de films historiques porteront sur des événements tragiques : la prise d'otage des membres de la délégation israélienne par un commando Palestinien lors des Jeux Olympiques de Munich de 1972 («Munich »de Steven Spielberg, avec une distribution monstrueuse), les attentats du 11 septembre 2001 à New York («World Trade Center» d'Oliver Stone, avec Nicolas Cage), la confrontation entre le peuple indien, les Powhatanet, et les colons anglais («Le Nouveau monde» de Terrence Malick). Paul Verhoeven s'intéressera lui à la destinée d'une résistante juive durant la Seconde Guerre mondiale («Blackbook»). De son côté, Clint Eastwood rendra hommage à l'héroïsme de six soldats américains lors de la bataille d'Iwo Jima, pendant la Seconde Guerre mondiale. Sofia Coppola créera l'événement avec son mystérieux «Marie-Antoinette», dans lequel Kirsten Dunst incarnera l'épouse mal-aimée de Louis XVI. Deux ans après le très controversé «La Passion du Christ», Mel Gibson proposera une nouvelle fresque historique, portant cette fois sur le peuple Maya («Apocalypto»).

Grands hommes : 2006 marquera le retour de deux des personnages de fiction parmi les plus connus : James Bond et Superman. Daniel Craig revêtira pour la première fois le costard du célèbre agent 007 dans «Casino Royale» (de Martin Campbell), alors que Brandon Routh fera son premier vol au cinéma en enfilant le célèbre costume du super-héros dans «Superman returns» (de Bryan Singer). Joaquin Phoenix incarnera, Johnny Cash, la première rock star de l'histoire dans «Walk the line» (de James Mangold), Heath Ledger se prendra pour Casanova (de Lasse Hallström), tandis que Brad Pitt fera face a Casey Affleck dans «The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford» (d'Andrew Dominik). Enfin deux documentaires feront redécouvrir deux héros des temps modernes : «Maradona» d'Emir Kusturica et «Zidane, un portrait du XXIème siècle».

Première : concernant le cinéma français, nous attendons avec impatience «Sheitan», le premier long-métrage de Kim Chapiron, habitué aux courts-métrages, bien aidé par Vincent Cassel (qui produit et tient le premier rôle), ainsi que la passage derrière la caméra de l'acteur Roschdy Zem avec «Mauvaise foi». Pour la première fois en France, on pourra voir des réalisations de Bennett Miller («Truman Capote»), de James McTeigue («V for Vendetta», avec Natalie Portman en combattante mystérieuse), ainsi que de Lori Silverbush et Michael Skolnik («On the outs : girls in America», remarqué au dernier festival de Deauville).

Remake : outre le remake de «Casino Royale», trois autres sont attendus : «Les Fous du roi» de Steven Zaillian (avec Sean Penn), «The Visiting» d'Oliver Hirschbiegel (avec Nicole Kidman et Daniel Craig) et, le meilleur pour la fin, «The Departed». Martin Scorsese va en effet réaliser le remake américain du polar hong-kongais « Infernal affairs », avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg et Martin Sheen dans les rôles titres !

Retour : il est attendu un peu comme le messie par ses inconditionnels. David Lynch est pour beaucoup un génie, et son dernier chef d'œuvre, l'envoûtant « Mulholland Drive » leur donne raison. «Inland empire» sera-t-il à la hauteur des espoirs suscités par le cinéaste américain ? David LynchTrois ans après « Panic room », David Fincher reviendra cette année avec «Zodiac», un thriller retraçant l'histoire de trois personnes voulant mettre fin aux agissements d'un serial killer. On attend beaucoup du réalisateur de «Fight Club», film devenu culte pour toute une génération. Cinq ans après la claque donnée par « Requiem for a dream », Darren Aronofsky proposera cette fois un voyage dans le temps avec «The Fountain». Michel Piccoli redevient réalisateur pour son troisième long-métrage, «C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé».

Retrouvailles : alors que «The Departed» marquera la troisième collaboration entre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio (après «Gangs of New York» et «Aviator»), Bryce Dallas Howard retrouvera M. Night Shyamalan, le réalisateur qui lui avait offert son premier grand rôle («Le Village »). L'actrice incarnera la nymphe du très intriguant «Lady in the water». Penélope Cruz et Pedro Almodovar associeront de nouveau leurs talents pour «Volver». Ils avaient déjà travaillé ensemble pour «En chair et en os» (1997) et «Tout sur ma mère» (1999).
publié par David CASTEL dans: cinéphilie
Dimanche 08 Janvier 2006



Une histoire inachevée...

« Histoire(s) de Films Français » (Réalisateurs, Acteurs, Scénaristes…)
sous la direction de Jean-Luc Douin et Daniel Couty
Bordas/Sejer Paris 2005. 800 pages


L’ambition de ce livre est de montrer comment le cinéma a vécu, depuis les frères Lumière jusqu’à nos jours, les tournants de l’Histoire de France. Les 91 films sélectionnés ont, il est vrai pour la plupart, marqué leur époque. Ils représentent assez justement les grands moments artistiques et politiques qui ont jalonné le siècle dernier. Il faut aussi reconnaître que faire une sélection impartiale est un exercice de haute voltige. En effet, il n’est pas possible de résumer en 800 pages l’énorme production française et son florilège de réalisateurs. Aussi les cinéphiles pourront, tout de même, se poser au moins quatre questions parmi d’autres.
Pourquoi certaines années ont été occultées : 1947-1951, 1967, 1968, et surtout la fin du siècle : 1992, 1993, 1998 et le début du nouveau, 2002 et 2003 ? Pourquoi certains réalisateurs sont référenciés 3 fois (Carné, Renoir, Resnais, Godart) et même 4 fois (Truffaut) ? Et en conséquence, pourquoi d’autres n’ont eu aucune faveur (de Broca, Cayatte, Decoin, Enrico, Lelouch, Molinaro, Robert, Vadim, … pour ne citer qu’eux), voire même non mentionné (Astruc), ou cité trop rapidement (Linder) ?
Pourquoi des films ayant en un grand succès populaire ne sont pas pris en compte, notamment dans ses trente dernières années, alors que des fims en tout genre ont la part belle avant l'arrivée de la Nouvelle Vague ? Peut-être à cause de cette schizophrénie myope : la difficulté à assumer des films populaires récents à leur juste valeur (ce qui se traduit dans la Critique comme aux César) et la fascination obsessionnelle pour certains auteurs héritiers des Truffaut/Godard et consors, quitte à être surestimés. Quitte à se couper d'un public plus jeune ou moins cinéphilique, puisque la plupart des films récents traités ici sont dans la veine auteuriste/rogoriste. Il y aurait matière à faire deux volumes...

Cependant il ne faut pas minimiser l’énorme et passionnant travail bibliographique entrepris. Le livre permet de comprendre comment les films ont été conçus, réalisés (parfois dans des conditions dramatiques) et reçus par les publics (par exemple : Drôle de Drame, de Carné). En outre de courtes bibliographies sur les réalisateurs, les acteurs, les compositeurs, les techniciens mettent en relief leurs qualités et leurs défauts. Enfin de très nombreuses photos (scènes de film, affiches, portraits, …) illustrent chaque film sélectionné.
Les historiographes auront une vue originale sur la naissance du cinéma de 1895 à 1937. On apprend que « L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat » fut tourné en plusieurs versions. Mais, surtout, que Louis Lumière avait inventé la mise en scène. G. Méliès (503 films) (Le voyage dans la Lune, 1902) fut le précurseur des trucages, substitutions, disparitions et du rythme. Il a inventé le « split screen » (image multiple). L. Feuillade (Fantômas, 1914, 5 épisodes) a ouvert la voie au rêve fantastique (il a inventé Nick Carter). M. L’Herbier (L’inhumaine, 1923) réalise la première œuvre de science-fiction (futuriste et avant-gardiste). R. Clair (Entra’cte, 1924) monte un film canular et déjanté (musique d’E. Satie). A. Gance (Napoléon, 1927) introduisit la caméra mobile, et le triple écran, amenant un rythme visuel impressionniste. L. Bunuel (L’age d’or, 1930) réalisa les premiers films surréalistes. J. Feyder (La kermesse héroïque, 1935) mit en valeur le pouvoir des femmes. S. Guitry (Le roman d’un tricheur, 1936) fit le premier film en voix « off » (influence sur O. Welles) ; avec J. Duvivier (Pépé le Moko, 1936) naît le mythe Gabin (devenu Pépé le Putois en dessin animé) ; et, enfin, avec J. Renoir (La grande illusion, 1936) naît le film polémique (l’Illusion et la Réalité, quel beau sujet de philosophie actuel !) Ces rappels montrent que, en-dehors des développements techniques de plus en plus sophistiqués, les grands réalisateurs d’avant guerre avaient déjà inventé le cinéma (voire la télévision) moderne. Si ils pouvaient être actuellement de notre monde, nombreux pourraient s’exclamer «Mais j’ai déjà fait et imaginé cela !»

P.S. Pour être complet sur la naissance du cinéma il faut aussi visualiser les DVD de Lobster Productions.
- Harry Stote    


librairie ecran noir 
publié par David CASTEL dans: cinéphilie
Samedi 26 Novembre 2005
Rétrospective - A 63 ans, Martin Scorsese est invité par le Centre Georges-Pompidou, qui lui offre, jusqu'en mars 2006, une vaste rétrospective et une Carte blanche en trois sections : «Les films essentiels», «Les affinités électives» et «Les plaisirs coupables».
Propos recueillis par Marie-Noëlle Tranchant et Jean-Luc Wachthausen
[26 novembre 2005]

 

Des milliers de films qui ont jalonné sa vie, le cinéaste italo-américain en a sélectionné plus de quarante, qui ont largement influencé son oeuvre. De passage à Paris, Scorsese parle, bien sûr, de sa passion pour le cinéma mais aussi de son enfance, de son travail, d'Hollywood, de l'Amérique et de sa fille.

Les films de sa vie

«Trois films étaient essentiels dans cet hommage parce qu'ils ont influencé ma vie et ma carrière : America, America, d'Elia Kazan (1963), Shadows, de John Cassavetes (1960), et L'Enfer de la corruption (Force of Evil), d'Abraham Polonsky (1948). L'autre objectif de cette Carte blanche était de ne pas montrer de films français parce que nous sommes à Paris. J'ai quand même choisi un film rare de Jacques Tourneur, Le Passage du Canyon, qui est un superbe western en Technicolor.

«Carte blanche» et «Plaisirs coupables»


Ce n'est pas très juste de parler de «plaisirs coupables» pour certains films parce que «coupables» pourrait signifier «médiocres», et ce n'est pas le cas. Je dirais que ce sont des films qui ont été à la mode comme, par exemple, Et tournent les chevaux de bois (Ride the Pink Horse), de l'acteur et réalisateur Robert Montgomery. C'est un film fascinant de 1947. Il a dirigé de nombreux films noirs, mais celui-là sort du lot par sa technique. Il y a notamment une longue scène où la caméra part d'une station de bus, parcourt la ville et revient au même endroit. Quand Graham Greene vit le film, celui-ci lui donna l'idée du Troisième Homme. Enfants de salauds (Play Dirty, 1968) est un film anglais d'André de Toth, très dur, très fort, très méchant, très cynique. Il est assez méconnu et mérite qu'on s'y replonge. Il a largement influencé Les Douze Salopards.

Michael Powell, un de ses préférés


Michael Powell est un des cinéastes qui m'a le plus influencé. Si je devais retenir un film, ce serait A l'angle du monde (The Edge of the World, 1937), une oeuvre avant-gardiste, romantique, mystique. C'est un film très personnel, une histoire d'amour très forte qui aborde aussi la religion préchrétienne, celte. Il y est question de l'esprit de la nature, on y trouve une sorte de panthéisme très éloigné de l'esprit d'amour et de compassion du christianisme.

Une sélection populaire et ambitieuse

J'ai essayé de faire une sélection vraiment originale, presque inédite. J'aurais pu choisir d'autres films de Jacques Tourneur, comme I Walked With a Zombie ou La Griffe du passé (Out of the Past), mais j'ai préféré Le Passage du canyon, très peu projeté. De même The Phenix City Story (1955), film à petit budget de Phil Karlson tourné en dix jours. J'avais 12 ans lorsque je l'ai vu, et j'ai été marqué par son énergie et sa violence, parce qu'on y découvre un jeune avocat confronté à la corruption à Phenix City, en Alabama.


Il y aussi Dans la peau d'un autre (Pete Kelly's Blues), de Jack Webb (1955), un formidable film musical réalisé dans les bas-fonds de Kansas City par Jack Webb, un acteur de télévision qui avait pas mal de style. C'est une sorte de long blues en images avec Jane Mansfield, Peggy Lee et Ella Fitzgerald.

Histoire du cinéma

Aujourd'hui, en 2005, après plus de cent ans de cinéma, il est possible d'en établir l'histoire et de la raconter. Ce que j'essaie de faire à travers mes documentaires et à la lumière de ce que j'ai appris à l'Université du cinéma à New York, en 1960. A partir de cette décennie, on a pu conserver de nombreux films du monde entier, les copier, les restaurer, les analyser. Maintenant, les jeunes cinéphiles disposent pratiquement de toute l'histoire du cinéma, depuis le muet, avec des copies neuves.

Je suis devenu historien du cinéma par passion. L'Amérique a besoin d'histoire, d'ouverture sur le monde, surtout en ce moment. Je m'adresse surtout aux étudiants.

Le blues et Dylan


Après la série sur le «Blues», j'ai fait un autre documentaire musical, Bob Dylan no Direction Home (disponible en DVD chez Paramount). C'est un exercice qui me plaît beaucoup parce que je suis un fan de Dylan depuis toujours. Le personnage est fascinant, pas du tout là où vous l'attendez. Il y avait un gros matériel – dix heures d'interview réalisées par son manager, Jeff Rosen ! – et j'en ai coupé plus de la moitié au montage. Et quelque chose m'a surpris : les yeux de Dylan quand on lui pose une question. On pourrait raconter une histoire avec ce qui passe dans ses yeux. Il semble réfléchir, répond, puis change complètement d'avis en cours de route. C'est un des aspects de la personnalité complexe de Dylan que l'on découvre dans ce documentaire. Un Dylan méconnu, très mystérieux et éloigné de tout ce qu'on a pu raconter sur lui ou deviner en lui.

Loin de Hollywood


Tourner un film, c'est fatigant, et je ne veux plus m'investir dans de grosses productions comme Gangs of New York ou Aviator. The Departed, dont je viens de terminer le tournage avec Leonardo DiCaprio, Jack Nicholson et Matt Damon, sera mon dernier film hollywoodien. «Departed», c'est une expression anglaise pour parler des défunts, des disparus. C'est un scénario écrit par William Monahan (Kingdom of Heaven) et inspiré du polar hongkongais Infernal Affairs. L'histoire d'un double jeu et d'une trahison où tout se joue sur les apparences.

Un film d'après Hendo

Mon prochain film s'intitule Silence. Il est tiré du livre de Shusaku Endo qui raconte l'itinéraire d'un prêtre jésuite portugais du XVIIe siècle parti évangéliser les Japonais. Lorsqu'on menace de tuer les Japonais convertis, après des années de bonnes relations, il se retrouve face à un dilemme tragique : ou abjurer sa foi pour les sauver, ou continuer à la professer et les laisser massacrer.

Religion


Je suis toujours profondément concerné par la religion. Je crois en Dieu et j'espère qu'il est amour. Mais c'est toute la question posée dans Silence : est-ce que Dieu veut être proclamé ou sera-t-il mieux connu par le fait que l'on sauve la vie des autres ? Je pense que si le christianisme peut s'enraciner dans des pays comme le Japon, ce n'est pas à la manière occidentale.

Enfance et gangsters

Je ne suis pas fasciné par les gangsters, mais ils font partie du paysage de mon enfance. Ils étaient là. Certains membres de ma famille travaillaient avec eux parce qu'ils imposaient leur système. Il y avait la parole donnée, et, si on ne la respectait pas, il fallait payer. Dommage que ce langage soit pratiqué par des criminels. Mais c'était le monde de mon père. A ma génération, tout a changé. Beaucoup de mes amis sont devenus médecins, avocats. La société est complètement différente.

La qualité majeure de l'Amérique


C'est d'être une société fondée sur le mérite. Dans ma famille, dans mon quartier, nous étions plus méditerranéens qu'américains, mais mes parents ont tout fait pour me permettre d'accéder à la réussite américaine. Mon père n'avait pas fait d'études et travaillait dans un pressing, mais il a payé pour que j'aille étudier à l'université de New York. Chez moi, tout le monde me prenait pour un fou quand j'ai dit que je voulais faire du cinéma. Et j'y suis parvenu ! Grâce à ces deux vertus américaines, le mérite et le travail, qui permettent d'évoluer, de grimper l'échelle sociale.

Le défaut majeur de l'Amérique

Un manque d'ouverture, une tendance à l'isolationnisme culturel, d'autant plus surprenante qu'on vit à l'heure de la mondialisation et qu'on peut voyager sur le Net. Je souhaite aux Américains plus de curiosité, un sens plus oecuménique du monde et de la beauté qui vous vient des autres cultures. Alors qu'elles sont à leur portée, ils ne cherchent pas à les découvrir.

Message à sa fille Francesca, 6 ans

Je voudrais lui transmettre la générosité, le goût de donner et l'ouverture d'esprit dans un monde de plus en plus compliqué.
publié par David CASTEL dans: cinéphilie
Samedi 26 Novembre 2005
Posté par ricardo le Ven, 2005-11-25 12:32.
Triste nouvelle dans le monde du cinéma américain aujourd’hui. Pat Morita, surtout célèbre pour son personnnage de Monsieur Miyagi dans la trilogie Karate Kid, est décédé à l’âge de 73 ans de causes naturelles à Las Vegas hier (24 novembre 2005).
Pat Morita
L’acteur américain a une filmographie impressionnante : http://www.imdb.com/name/nm0001552/ avec plus de cent films à son actif et presque autant de rôles à la télévision. Il aura de plus été actif jusqu’à la toute fin.
En terminant, une brève biographie tirée de www.enprimeur.ca :
Ricardo
 
Décès de l’acteur Pat Morita, de la série Karate Kid
25 novembre 2005
L’acteur Pat Morita, qui a commencé sa carrière comme comique, est décédé de causes naturelles à l’âge de 73 jeudi. Morita, actif en Amérique depuis 40 ans, était surtout reconnu pour deux rôles; celui du propriétaire du restaurant Arnold’s pendant deux saisons de la série Happy Days et celui de Monsieur Miyagi, entraîneur du Karate Kid dans les films du même nom.
Né en Californie en 1932, Morita avait commencé à monter des routines comiques à la fin des années 40 alors qu’il travaillait au restaurant familial. À l’âge de 30 ans, il se consacra à temps plein au show business. De 1964 à 1984 il participe à un nombre prodigieux de séries télévisées, du Tonight Show with Johnny Carson à Magnum P.I.. Puis Karate Kid en 1984 lui apporte une reconnaissance du public insoupçonné auparavant. Morita restera très actif jusqu’à la fin de sa carrière, tournant le film occasionnel et surtout beaucoup de télévision, participant entre autres à Alerte à Malibu/Baywatch et The Hughleys.
Morita laisse dans le deuil son épouse des 12 dernières années, Evelyn, et trois filles d’une union précédente.
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Publié dans Cinéfmatografile

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