1937
Fernand Léger de 1937, Paysage au coq rouge
Et puis, la France vivait un magnifique roman d’amour avec l’Angleterre. L’affaire Wally Simpson, cette Américaine pour laquelle le Prince de Galles avait renoncé au trône avait enflammé tous les coeurs. Le Français a toujours eu un faible pour les histoires de coeur. La grande majorité s’attendrissait aux larmes devant ce geste de l’amour incontestable d’un homme, d’un futur roi qui ne pouvait épouser cette femme que s’il redevenait un homme comme les autres. Les quelques insinuations timides que l’abdication d’Edouard avait plutôt été le fait de ses tendances pro-allemandes et secrètement forcée par les pouvoirs anglais, furent balayées comme autant de calomnies honteuses. Le couronnement de George VI fut une incroyable explosion de joie française. Des milliers de Français se rendirent à Londres pour en être témoins. En France, nous étions tous suspendus à la radio qui nous relatait la cérémonie, et les actualités Movietone nous noyèrent, des semaines durant, dans les images – en noir et blanc naturellement – recueillies sur place.
En 1937, l’année de l’Exposition Internationale, le gouvernement français invita le couple royal anglais à une visite d’état à Paris. Je crois que depuis le Camp du Drap d’Or, où François 1er voulut éblouir Henry VIII dans une plaine du Pas-de-Calais par un assaut de magnificences que le roi anglais se hâtait de contrer, il n’y avait eu, en France, un événement d’une telle ampleur. Quand l’invitation fut acceptée et la date fixée, ce fut du délire. Je ne sais ce qui se passa en province, mais Paris devint fou. Tout le monde se mit à parler anglais, bien ou mal, aucune espèce d’importance on se mit au “yes” au “no”, on criait “I love you’ et nous au Lycée, toutes nos conversations se firent britanniques.
Les services de sécurité étaient débordés. On avait encore en mémoire la tragique visite du roi de Yougoslavie, quelques années auparavant, visite qui lui coûta la vie et celle du président de la République français Paul Doumer tués tous les deux par l’extrêmiste Gorgouloff.
Un de nos voisins, rue des Rosiers, était agent de police. Il fit partie du détail de sécurité chargé de surveiller la visite royale à l’Hôtel de Ville. Toutes les maisons qui donnaient sur la place furent occupées par les forces policières. Et ce voisin, Jean Lecardeur (qui joua par la suite un rôle primordial dans notre vie) avec lequel nous avions des relations très amicales, nous procura, à Denise et à moi, une fenêtre, au dessus du café “Les Armes de la Ville” juste en face de l’Hôtel de Ville. Et je les vis. Je les vis clairement le roi et la reine d’Angleterre quitter le bâtiment, à pas lents et se diriger vers le fiacre fleuri qui les attendait, au son d’une musique martiale et entourés de la Garde Républicaine en tenue de gala, sabre au vent, et les officiers de St Cyr, au plumet frémissant et le Cadre Noir de Saumur aux chevaux identiques. Ce furent deux minutes, pas plus, mais elles sont restées inoubliables.
La Femme qui pleure (1937),
En 1936-37, les JS qui comptent alors plus de 50 000 membres, contestent à plusieurs reprises le gouvernent du Front Populaire. Ils affichent leur opposition à la " pause " de novembre 1936, défendent l’intervention en Espagne... En mars 1937, les JS défilent à Clichy aux côtés de la Gauche Révolutionnaire de Pivert pour protester contre un meeting fasciste. La manif dégénère, la police tire...Le lendemain le journal des JS titre : " 8 milliards pour l’emprunt, 6 morts à Clichy : l’argent de la bourgeoisie se paie du sang des ouvriers ". Les sanctions de la SFIO pleuvent : les Jeunesses socialistes sont dissoutes en même temps que la GR de Pivert qui fondera un an plus tard le PSOP. Les JS sont une nouvelle fois décapitées...
Créé en 1937 en hommage au cinéaste et écrivain Louis Delluc, le "Goncourt du cinéma"
La Découverte du Brésil (O Descobrimento do Brazil) de Humberto Mauro (1937)
Charles Plisnier l'obtint en 1937 pour «Faux passeports»,
Frida Kalho, éternelle narcissique souffrante en 1937,
Jany Holt... Mariée à Marcel Dalio (de 1932 à 1937), traductrice de la correspondance Flaubert/Sand vers le roumain, elle est décorée en 1945 par le Général de ...
Max Ernst. L'Ange du foyer ou Le Triomphe du surréalisme. 1937.
Et puis cette photo, emblématique du nord de l'Angleterre miséreux de l'entre-deux-guerres, une des plus connues de Brandt : c'est à Jarrow en 1937. Un homme pousse son vélo chargé de charbon glané sur les terrils. Il rentre chez lui, c'est un jour particulier, mais il semble que c'est toute son existence qui est résumée là.

Palais de Tokyo 13, Avenue du Président Wilson 75116 Paris
Edifié à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1937, ce palais à l'architecture monumentale (dont le nom vient de l'avenue de Tokio qui longeait la Seine) constituait alors une réalisation exemplaire par son
Dans sa série sur les mineurs du nord de l’Angleterre, la photographie intitulée Jarrow (1937), montre un homme voûté sous le poids du labeur quotidien, poussant péniblement son vélo chargé d’un sac de charbon sur le chemin du retour. Une autre montre un mineur, le visage encore noir de charbon, dévorer son dîner sous l’œil attendri de sa femme, avant, enfin, de se livrer à ses ablutions.
Sa langue maternelle comme vraie patrie pour celle qui fut destituée en 1937

Détail extrait de «Duo» de Braque, peint en 1937 et «Tête de femme» réalisé par Laurens en 1918.
D.R. - ED. CALMANN-LÉVY"Le commissaire disparaît ; la falsification des photographies et des oeuvres dans la Russie de Staline", de David King.