Le mode de scrutin

Publié le par david castel


Le mode de scrutin désigne l’ensemble des règles relatives à l’organisation du vote, au décompte des suffrages et à la proclamation des résultats des élections. Ces règles ont des conséquences importantes sur la répartition des sièges entre les différents partis politiques.

En ce qui concerne l'élection des députés, le système actuellement en vigueur est le scrutin majoritaire uninominal à deux tours. Depuis les élections législatives de 1988, le nombre de sièges à pourvoir est fixé à 577, dont 555 en métropole et 22 outre-mer. Un redécoupage des circonscriptions peut intervenir, lorsque l'évolution de la population, constatée au travers des recensements périodiques, le justifie. Les 577 députés sont élus au suffrage universel direct dans des circonscriptions définies à l'intérieur de chaque département. Les électeurs sont appelés à choisir un député parmi des candidats qui se présentent à titre individuel. Au premier tour de scrutin, est proclamé élu le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés. Si personne n’a atteint ce résultat, un second tour est organisé. Est alors proclamé élu le candidat ayant obtenu la majorité relative, c’est-à-dire le plus grand nombre de voix.

Fiche n°1 - Les principaux modes de scrutin

Il existe plusieurs modes de scrutin. Le choix du mode de scrutin a des conséquences politiques importantes. En effet, le vote peut différer selon le type de scrutin et le mode d’attribution des sièges.

La détermination du type de scrutin : le scrutin uninominal et le scrutin de liste

On parle de scrutin uninominal quand les candidats se présentent individuellement dans le cadre d’une circonscription. La représentation est assurée par une seule personne, élue dans une circonscription de dimensions relativement modestes. Conformément à la loi du 11 juillet 1986, les élections législatives se déroulent en France au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, dans le cadre de 577 circonscriptions. En moyenne, chaque circonscription compte de l'ordre de 100 000 habitants.

Mode de scrutin et composition de l'Assemblée nationale en 1986 et 1988

 

Groupes politiques constitués aux 31 décembre 1986 et 1988

Élections législatives au scrutin de liste à un tour à la représentation proportionnelle 
(mars 1986)

Élections législatives au scrutin uninominal majoritaire à deux tours
 (juin 1998)

Socialiste

211

273

RPR

158

133

UDF

130

} 89

Union du Centre

-

} 41

Communiste

35

25

Front National

33

0

Non inscrits

10

13

Total des sièges pourvus

577

574

Sièges vacants

0

3

Avec le scrutin de liste, les électeurs ne votent pas pour un candidat se présentant seul aux suffrages, mais pour une liste de candidats, dans le cadre de circonscriptions relativement vastes, par exemple dans le cadre du département ou même à l’échelon national. Les électeurs votent pour des listes dites " bloquées " (ils ne peuvent ni changer l’ordre des noms sur la liste, ni rayer certains d’entre eux), ou bien ils ont la possibilité de mélanger différentes listes (système dit du " panachage ") ou encore de modifier l’ordre des noms (on parle de " vote préférentiel "). En France, l’élection des conseillers municipaux dans les communes de moins de 2 500 habitants laisse cette marge de choix aux électeurs. En revanche, pour l’élection des représentants au Parlement européen, des conseillers régionaux et des conseillers municipaux des communes de plus de 2 500 habitants, les listes sont bloquées.

Le mode d’attribution des sièges

Il y a deux modes principaux d’attribution des sièges : le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle. Il existe cependant des modes de scrutin mixtes, associant ces deux techniques.

a. Le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle.

Avec le scrutin majoritaire, est proclamé élu le candidat ou la liste de candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Dans un système d’élection à un seul tour, le ou les sièges à pourvoir sont attribués immédiatement au candidat ou à la liste arrivé en tête. Dans le cadre du système électoral actuellement en vigueur en France pour les législatives, pour être élu dès le premier tour, il faut obtenir la majorité absolue, c'est-à-dire plus de la moitié des suffrages exprimés, et un nombre de suffrages au moins égal au quart des électeurs inscrits. Si aucun candidat n'y parvient, un second tour de scrutin est organisé ; seuls les candidats ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% des électeurs inscrits peuvent s'y présenter. Pour être élu au second tour, la majorité relative suffit : c'est le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages qui l'emporte.

La représentation proportionnelle est un mode de scrutin visant à assurer une représentation aussi fine que possible de la diversité des opinions des électeurs. Elle consiste, pour l'essentiel, à répartir les sièges en fonction du nombre de voix obtenues par les différentes listes de candidats en présence. A cet effet, les députés sont élus dans le cadre de circonscriptions relativement vastes. En France, la représentation proportionnelle s'est généralement exercée dans le cadre du département. Ce fut le cas, en dernier lieu, en 1986. Chaque département dispose d'un nombre de sièges proportionnel à sa population. Différentes méthodes de calcul peuvent être appliquées pour répartir les sièges de chaque circonscription. Le système de représentation proportionnelle peut s'accompagner de seuils minimum de suffrages en deçà desquels les listes ne peuvent prétendre participer à la répartition des sièges; c'est le cas pour les élections au Parlement européen : seules les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés peuvent disposer d'élus.

Le choix entre le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle ne se pose que pour le scrutin de liste. En effet, le scrutin uninominal correspond par définition au scrutin majoritaire.

La représentation proportionnelle et le scrutin majoritaire ont des vertus et des défauts opposés. Le système de représentation proportionnelle semble plus équitable; il permet à un plus grand nombre de formations politiques de siéger au Parlement et de bénéficier d'une représentation aussi proche que possible de leurs résultats électoraux. A l’inverse, le scrutin majoritaire conduit à effacer complètement certains courants politiques ; mais il permet de limiter l’émiettement des forces politiques et de constituer des majorités homogènes soutenant les gouvernements de manière stable.

b. Les modes de scrutin mixtes : l’exemple du système électoral applicable pour les élections municipales

Pour limiter les inconvénients de chacun de ces modes de scrutin, des systèmes mixtes, qui visent à en tirer le meilleur parti, ont été créés. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, la liste arrivée en tête obtient la moitié des sièges du conseil municipal (ce qui permet d’assurer une majorité stable). L’autre moitié des sièges est répartie selon un système proportionnel, qui permet d’assurer la représentation de l’opposition.

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Publié dans Découpage électoral

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