ÉLECTIONS DES 14 ET 21 JUIN 1981

Publié le par david castel

Scrutin.   Uninominal majoritaire à 2 tours.

Candidats.   Sur 2 719, 1 584 parrainés par des formations politiques. L'UNM (Union pour la nouvelle majorité, créée le 15-5) a investi 385 candidats uniques (158 en mars 1978 pour les RPR/UDF) et organisé 88 primaires. A gauche, le PC étant demandeur, le PS n'a accepté qu'un simple accord électoral. Candidates : 128 dont PC 64, PS 37, ancienne majorité 15 ; (en %) : PC 13,5, PS 8, MRG 6,7, UDF 3,2, RPR 2 ; élues : PS 5,9, PC 3 ; suppléantes : PC 23,8. Age : RPR 49 ans et 2 mois, UDF 47 a. et 3 m., PC 46 a. et 3 m., PS 44 a. et 7 m., MRG 44 a. et 5 m. Candidats de moins de 30 ans (en %) : CDS 3,4, RPR 3,1, PS 3 ; de plus de 65 ans : Rad. de gauche 11,6, RPR 8,4, PC 4,4. Les candidats du PR au sein de l'UDF avaient plus de 30 ans, 1 sur 5 avait plus de 60 ans. Origine sociale (cadres sup., chefs d'entreprise, hauts fonctionnaires, professions libérales en %) : RPR 64,4 (dont cadres sup. et chefs d'entreprise 33,3), MRG 62,1, UDF 59, PS 30,5, PC 5,1.

Bilan.   1er tour : abstentions 29,65 % (souvent dans le camp de la majorité sortante probablement en raison du nombre des candidatures uniques). 156 élus sur 491. 10 députés en ballottage restés en liste peuvent se considérer comme élus. Entre les 2 tours : l'UNM fait campagne sur le thème de l'excès de puissance dont disposerait le pouvoir avec un parti dominant à l'Assemblée nationale. 2d tour : à droite, les reports de voix RPR/UDF s'effectuent correctement. 255 des 305 candidats uniques de l'UNM obtiennent un pourcentage de voix supérieur à celui totalisé au 1er tour par les candidats de la majorité sortante. A gauche, la poussée socialiste s'effectue aux dépens des formations et des bastions traditionnels de la droite (2 élus en Alsace, 13 en Lorraine au lieu de 3, 7 en Champagne-Ardenne, dont 2 aux dépens du PC, 6 au lieu de 2 dans le Finistère, etc.). Taux de participation plus élevé, démentant la thèse selon laquelle les abstentions se situent plutôt à droite.

Bilan général.  La gauche a plus de 67 % des s. (61,71 % aux élections du Front populaire des 26-4 et 3-5-1936 et 60,15 % le 21-10-1945, élection de l'Assemblée constituante ; 39,84 % les 5 et 12-3-1967, 40,94 % les 12 et 19-3-1978). Le PS détient tous les sièges dans 21 départements. La nouvelle opposition n'a que 12 nouveaux élus : 7 UDF et 5 RPR ; tous [sauf Jacques Toubon (RPR) à Paris, et Marcel Esdras (UDF) en Guadeloupe] ont été élus dans des circonscriptions où le sortant ne se représentait pas.

Élus.  Femmes : 26 soit 5 de plus qu'en 1978 (5,3 % de l'Assemblée). Éna (anciens élèves) : PS 13 (en 1978 : 8), UDF 7 (15), RPR 3 (10).

Raisons du succès socialiste. 1o)   L'évolution sociologique (urbanisation, développement du salariat, chômage, travail des femmes).

2o)  Le fait présidentiel : pour la 1re fois, des législatives ont lieu juste après une présidentielle.

Élections des 14 et 21-6-19811O-M 2TOTAL
%%CandidatsVoix%
1er tour 3          
Inscrits 100 100   36 257 433 100
Votants 70,86 45,26   25 508 800 70,35
Abstentions 29,13 54,73   10 748 633 29,65
Blancs ou nuls 1 1   367 610 1
Suffrages exprimés 69,85 44,10   25 141 190 69,34
Extrême gauche 1,33 1,36 503 334 674 1,33
PC 16,12 19,65 483 4 065 540 16,17
PS + MRG 37,77 17,44 532 9 432 362 37,51
Divers gauche 0,57 13 130 183 010 0,72
Écologistes 1,09 0,28 174 271 688 1,08
RPR 20,91 12,06 299 5 231 269 20,80
UDF 19,16 22,29 280 4 827 437 19,20
Divers droite 2,66 13,76 148 704 788 2,80
Extrême droite 0,36 0,12 170 90 422 0,35
  Total     2 719    
2d tour 4          
Inscrits 100 100   25 757 374 100
Votants 75,03 52,35   19 177 706 74,46
Abstentions 24,96 47,63   6 579 668 25,54
Blancs ou nuls 2,4 1,6   512 678 2
Suffrages exprimés 72,63 50,78   18 665 028 72,46
Extrême gauche 0 1,06 1 3 517 0,01
PC 6,69 22,71 41 1 303 587 6,98
PS + MRG 49,85 17,42 286 9 198 332 49,28
Divers gauche 0,29 12,84 6 97 066 0,52
Écologistes 0 0 0 0 0
RPR 22,44 17,76 165 4 174 302 22,46
UDF 18,73 13,41 140 3 489 363 18,64
Divers droite 1,96 14,76 17 408 861 2,19
Extrême droite 0 0 0 0 0
  Total     656    

Nota : (1)  M : métropole. (2)  O-M : outre-mer. (3)  Résultats communiqués le 15 juin par le min. de l'Intérieur et portant sur 488 circonscriptions où le scrutin était organisé le 14 juin. Dans 3 autres (Polynésie française 2 et Wallis-et-Futuna 1), le 1er tour était fixé au 21 juin. (4)  Résultats : 322 circonscriptions (dont 12 outre-mer) concernées.


3o)  Le fait majoritaire : le scrutin apparaît comme la confirmation de l'élection présidentielle.

4o)  Le fait sociologique : le 1er tour des législatives est une 2e défaite pour V. Giscard d'Estaing ; après le rejet de l'homme, il confirme le rejet d'une politique et le désir de changement.

Groupes parlementaires sous la VIIe législature (nombre de sièges au 2-7-1981 et, entre parenthèses, au 1-4-1986).   Total 491 (491), vacants 0 (7), pourvus 491 (484) dont SOC 285 (274), RPR 88 (88), UDF 62 (63), COM 44 (44), NI 12 (15).

Sièges (21-6-1981) Sortants Élus Total Gains ou pertes
1er tour 2d tour
PCF 86 7 37 44 -   42
PS et apparentés 107 47 222 269 1 + 162
Rad. de gauche 10 1 13 14  +  4
Divers gauche 1 1 5 2  +  5
RPR 153 50 33 85 -  70
UDF-PR 65 23 9 32 -  33
UDF-CDS 36 13 6 19 -  17
UDF-radicaux 8 2 - 2 -   6
UDF-MDS 2 - - - -   2
UDF 5 5 3 9 +   3
CNIP 3 9 5 - 5 -   4
Divers droite 9 2 4 6 -   3
Total 4 491 156 332 491 -

Nota : (1) Aux 266 socialistes sont ajoutés Césaire, apparenté PS, réélu, Dabezies, FRP, et Mme Halimi, Choisir, présentés par le PS. (2) Pidjot, réélu, Giovannelli et Patriat non investis par le PS, et Pen, Castor et Hory. (3) 9 sortants : 4 UDF (Ginoux, d'Harcourt, Pineau et Ligot), 3 non-inscrits (Delprat, Florence d'Harcourt et Malaud) et 2 apparentés RPR (Féron et Frédéric-Dupont). 5 sont élus ou réélus : Fouchier, d'Harcourt et Ligot UDF, Florence d'Harcourt et Frédéric-Dupont. (4) Restent 3 sièges à pourvoir (Polynésie française 2, Wallis-et-Futuna 1).

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Publié dans Découpage électoral

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