Un portrait de Paul Ricœur

Publié le par david castel

Dimanche 15 Janvier 2006

Un portrait de Paul Ricœur

Paul Ricœur est né à Valence, dans la Drôme, en 1913, dans une famille de tradition protestante. Sa mère meurt six mois après sa naissance. En 1915, son père est tué au combat. De ces tragédies, lui vient son questionnement sur le mal, qui l’occupe toute sa vie.
Dès sa création en 1932, il est lecteur de la revue Esprit, à la quelle il collabore par la suite.
Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier et traduit clandestinement Husserl, auteur allemand, alors interdit car juif, fondateur de la phénoménologie. Après la guerre, Paul Ricœur devient avec Merleau-Ponty le principal représentant en France de ce courant, qui vise à un retour à la nature même des choses, et qui ne rejette pas la subjectivité, car elle donne sens au monde.
Il soutient en 1950 une thèse de doctorat intitulée « La philosophie de la volonté ». Elle est publiée chez Aubier en trois tomes : Le Volontaire et l’Involontaire (1950), L´Homme faillible (1960) et La Symbolique du mal (1960). Sa réflexion s’engage sur le champ du symbole et du mythe.
Il enseigne successivement à Strasbourg, à la Sorbonne et enfin à Nanterre, où il est élu doyen en 1969, avec un projet de réforme. Mais, face à de nombreux affronts, il démissionne en 1970. Il est alors sollicité par de nombreuses universités, notamment aux États-Unis.
En 1990, il publie Soi-même comme un autre (Éd. du Seuil), point d’orgue de sa réflexion sur la personne, l’identité, la liberté et l’altérité.
Son œuvre, immense, est l’occasion d’un vaste dialogue avec la psychanalyse, la philosophie analytique anglo-saxonne, la linguistique et le structuralisme. Elle est nourrie des nombreux auteurs qu’il a commentés (notamment Hannah Arendt, Éric Weil, Karl Jaspers, Claude Lévi-Strauss et Mircea Eliade). Il poursuit ainsi sa réflexion sur le symbole qui est pour lui constitutif de la réalité humaine et dont le déchiffrement est sans fin.
Conscient de sa mort prochaine, il demandait qu’on se réjouisse surtout qu’il soit né.
Marc Pourroy

 

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Publié dans 1937

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