La Coupe du Monde de 1930 à 1962

Publié le par david castel


• Coupe Jules Rimet

Quelle meilleure école que celle de la vie ! Cette dernière m’a appris que si vous tracez un bon cap dès le départ vous êtes sûr d’arriver à bon port, et ce, malgré les aléas que vous pouvez rencontrer en cours de route.

Le paquebot « Mondial 1930 » où à son bord un équipage croyant à sa destinée, a montré la voie à suivre. Et, c’est le 21 juin 1930 qu’un navire quitte le port de ville Fanche-sur-mer. A bord du Conte Verde « le paquebot du Mondial 1930 », les équipes de France, de Belgique et de Roumanie quittent l’Europe à destination de l’Amérique Latine. Après avoir vogué durant quinze jours, le bateau mouille enfin dans la baie de Monterrodo. La fièvre monte, Jules Rimet, fort ému, débarque avec ses bagages, une statuette de quatre kilos d’or, « La victoire aux ailes d’or » œuvre du sculpteur Abel Lafleur.

J’ai fait ce prélude pour revenir à cette première Coupe du Monde 1930 pour relater certains événements qui n’ont pas été soulignés dans le premier chapitre consacré à ce dossier. En plus, on peut omettre de dire que tout début est difficile, et que s’il y a succès c’est en partie grâce à ces hommes, dont l’illustre Jules Rimet, qui s’étaient surpassés pour offrir au monde sa première fête internationale. Et c’est déjà là un grand invité que l’Histoire a gravé en lettre d’or dans ses plus belles pages.

La finale de ce premier mondial, organisé en Uruguay s’est déroulée dans le stade : Centenario à Monte Video entre le pays organisateur et l’Argentine devant 90.000 spectateurs, le 30 juillet 1930.

La victoire revint à l’Uruguay sur le score de 4 à 2 (mi-temps : 1-2). Les buts uruguayens ont été inscrits par : Dorado (12ème), CEA (57ème), Iriarte (68ème) et Castro (89ème). Pour l’Argentine c’est Pencelle qui marqua à la 20ème et Stabile à la 37ème minute.

Voici, en plus, quelques chiffres qui traduisent bien le succès de cette première édition malgré toutes les complications qui l’avait accompagnée au départ comme à l’arrivée.

-  Classement des buteurs :1°) Stabile (Argentine) : 8 buts, 2ème CEA (Uruguay) : 5 buts, 3ème Pencelle (Argentine) et Subiabe (Chili) : 3 buts. Quant à l’affluence, elle était conforme aux espoirs émis puisqu’on a enregistré 548308 spectateurs, soit une moyenne de 30406 par match.
-  L’équipe de France, dont les dirigeants ont joué un rôle prépondérant dans la création et la préparation de ce premier mondial, était constitué de :
-  Gardiens : Alexis Thepot, André Tassin.
-  Défenseurs : Marcel Capelle, Etienne Motter, Nudie Antoine
-  Milieu : Augustin Chantrel, Marcel Pinel, Alex Villaphane, Celestin Deloner, Jean Laurent
-  Attaquants : Edmond Delfour, Marcel Langiller, Lucien Laurent, Enerst Liberati, André Maschinot.
-  Entraîneur : Marcel Caudron
-  Buteurs : André Marchinot (2 buts), Marcel Longilier (1 but), Lucien Laurent (1 but).
-  L’équipe de France eut le privilège de disputer le premier match face au Mexique qu’elle a battu sur le score de 4 à 1 .

• Quelques particularités

Tout meeting, tout tournoi, toute compétition ont leurs particularités et leurs coulisses. La Coupe du Monde 1930 n’en manque pas. Citons et commentons quelques-unes :

-  Un imposant stade « Centenario » assailli par 90.000 spectateurs euphoriques.
-  L’Uruguay, petit pays longtemps opprimé, a prouvé son existence au reste du monde.

-  Le 13 juillet à Pocitos, Lucien Laurent marque, à la 19ème minute de France-Mexique, le premier but du premier match de la première Coupe du Monde ! Les Bleus l’emportèrent finalement 4 à 1, malgré la blessure de leur portier, Alex Thepot. Ce dernier qui fut l’une des vedettes de ce premier mondial a alimenté la presse qui n’a cessé de parler de ses exploits devant tout cet événement universel.

C’étaient, d’ailleurs, les mêmes échos que votre serviteur a entendus dans les stades français au début des années 50.

Cependant, les Français qui étaient superbes lors du 1er match face au Mexique, et généreux à souhait durant la 1ère mi-temps, furent moins ternis, lors de la rencontre suivante contre l’Argentine (0-1), c’est, cette fois, Lucien Laurent qui se blesse rapidement. Puis, à la 86ème minute, l’arbitre brésilien décrète ... la fin du match ! Après plusieurs minutes de palabres admettant son erreur, Monsieur Almeida Rego rappelle la sélection argentine, retrouvée au vestiaire, pour reprendre le match. Mais la confusion la plus totale règne sur le terrain, déjà envahi par les spectateurs.

L’inter-droit argentin, Francisco Vallaro, ne résiste pas à tant d’émotions : il se roule sur le gazon, en proie à une véritable crise de nerfs... Le match finit tout de même par redémarrer pour quatre minutes, mais le ressort tricolore est cassé, la défaite face au Chili (0-1), quatre jours plus tard, n’est qu’anecdotique. L’échec est consommé, les Bleus sont éliminés, mais ils ont gagné un bon capitaine à la tête de la F.I.F.A.

Dans l’ensemble, les sélections européennes n’ont pas eu plus de réussite, si on excepte la Yougoslavie, qualifiée pour les demi-finales. En fait, avec le temps il s’est avéré que ce pays est un vrai vivier de joueurs de talents.

-  Le 18 juillet, jour de la fête nationale, le stade du Centenario est inauguré à l’occasion de la demi-finale Uruguay-Yougoslavie. Trois buts de l’intérieur gauche Pedro Cea, notamment, mènent la « Celeste » à un triomphe (6-1). Curieusement, dans l’autre demi-finale, l’Argentine réussit la même performance contre les Etats-Unis.

-  Uruguay-Argentine : la finale est idéale ! Le 30 juillet. John Langenus est Belge, chemise blanche, cravate club, veston, pantalon de cheval, il s’apprête à arbitrer la finale de la première Coupe du Monde.

-  Guillermo Stabile est Argentin. Surnommé « El Filtheador », il est le meilleur buteur de la compétition. Et ne sait pas encore qu’il jouera un jour dans la banlieue parisienne, au Red Star, dont le président-fondateur n’est que le président de la FIFA.

-  A la 37ème minute, il marque son huitième but de la phase finale, offrant aux gauchés argentins l’occasion de mener 2-1 à la pause. José Andrade, lui, est Uruguayen. Demi-droit, il est le premier grand joueur noir de l’histoire. Seulement comme le football est anti-raciste par nature, j’ai, pour ma part, toujours dit en l’écrivant, que ce sport noble ne fait aucune distinction entre les gens de couleurs.

En effet, José Andrade permit à son équipe d’inverser la tendance, lors du second acte, l’Uruguay l’emportant finalement 4 à 2. A l’issue du match, Jules Rimet, accompagné du docteur Cimpistegui, président de la République uruguayenne, remet au capitaine de la « Celeste », Jose Nasazzzi, « la victoire aux ailes d’or ». Au même moment, à Buenos-Aires, c’est le drame. La police tire sur la foule en colère, afin de dégager l’ambassade d’Uruguay, prise d’assaut...

Malgré cet épilogue tragique, la première Coupe du Monde de l’Histoire a été une grande réussite. En annonçant l’organisation puis en s’imposant, l’Uruguay, petit pays est devenu grand par son football...

Les joueurs, eux, ont rejoint les cabines du Conte Verde, pour un retour en forme de croisière.

Les rêves de l’Uruguay sont déjà loin. Les joueurs de l’époque, pour la plupart des militaires ou employé dans l’administration, reprendront leur activité habituelle. Avec des superbes images plein la tête. Et, aussi rentrer dans l’histoire par la grande porte. Laquelle histoire en comptable neutre comptabilise chacun selon sa juste valeur, en fier comme en mal.

La Fête est finie. Le paquebot « Mondial 1930 » avec son équipage lève l’ancre pour retourver en France. Oui, une France qui va l’accueillir en 1938, après un passage par l’Italie, en 1934.

• 1983 : France

La troisième édition de la Coupe du Monde eut lieu en France. Dans un pays parmi les fondateurs de la FIFA, et dont les dirigeants ont été de véritables catalyseurs de synergie en matière d’épanouissement et de développement du football, et de création de la Coupe du Monde. Donc c’est une France aguerrie et enthousiaste qui acceptait avec joie d’abriter le troisième mondial.

• Les stades

EN 1938, l’Hexagone organise le Mondial de football et Toulouse figure parmi les sites retenus. Mais le Stadium était en construction, c’est au stade des Amidonniens (plus connu sous le nom de Chapon) que se déroule la rencontre Cuba-Roumanie, le 5 juin. Les deux équipes n’ayant pas réussi à se départager (3-3) a.p., car à cette époque, les tirs en but n’existaient pas encore. Le match est rejoué quatre jours plus tard sur la pelouse et Cuba l’emporte finalement 2-1.

• Historique

En 1937, sur le site verdoyant de l’Ile de Ramier, baignée par la Garonne, est crée un vaste « parc général d’hygiène et des sports » au cœur duquel est érigé un stade. Interrompus pendant la guerre, les travaux sont achevés en 1947.

Le Stadium est alors surnommé le « Petit Wembley » pour sa ressemblance architecturale avec le célèbre stade londonien, un stade de l’avenir.

• Stade l’Escure Bordeaux

-  Historique. Le 8 février 1912, le domaine de L’Escure est entièrement vendu à la société immobilière du Parc des Sports. Durant la grande guerre, le 144ème régiment d’infanterie s’y exerce au tir, avant le départ pour le front. Le premier stade en 1930. Il peut recevoir 10.000 spectateurs. Adrien Marquet, maire de Bordeaux (la ville est devenue propriétaire du stade) souhaite en augmenter la capacité pour accueillir des rencontres de la Coupe du Monde 1938. Les travaux de rénovation durent trois ans. Le stade, ovale, entièrement couvert et d’une capacité de 26.000 places est largement inspiré de l’arène de Milan (où évoluaient l’Inter de Milan A.C. avant la construction de San Siro et devint aussi la première enceinte de France où les piliers de soutien de la toiture sont supprimés, permettant une visibilité depuis chaque siège.

Trois matches de la Coupe du Monde 1938 se déroulent au parc Lescure, le tout en une semaine. C’est dans cette enceinte que, le 12 juin en quart de finale, le Brésil et la Tchécoslovaquie ne peuvent se départager (1-1 après prolongation) et la rencontre doit être jouée le 14, les Brésiliens s’imposant 2-1. Ils se produiront une troisième fois à Lescure, le 19 et y battront la Suède (4-2) à l’occasion du match pour la troisième place.

Quelques jours après la Coupe du Monde, les Girondins de Bordeaux foulent pour la première fois la pelouse de leur nouveau stade à l’occasion d’un match amical contre Strasbourg. Mais ils y effectueront leurs débuts officiels le premier septembre 1938, en recevant Dieppe pour un match de championnat de France. En parlant des stades que la France a fait ériger ou rénover à l’occasion du mondial 1938 qu’elle organisait, il serait juste de rendre un hommage posthume aux anciens responsables du football français ayant pris l’initiative et les devants de la scène pour construire une infrastructure appropriée à l’évènement dont des terrains, très modernes pour leur époque. En évoquant celui de Bordeaux que de douces nostalgies et de beaux souvenirs refilaient devant mes yeux pour les avoir vécus dans cette charmante et accueillante Gironde, ainsi que l’emplacement de ce beau terrain qui faisait la joie de la colonie africaine et particulièrement maghrébine, composée d’ouvriers, d’anciens combattants et des étudiants. Ce qui a focalisé mon attention à cette époque où je visitais Bordeaux, ainsi que d’autres villes, pour ses raisons professionnelles, sportives ou de loisirs, c’est la bonne éducation et le civisme dont faisaient preuve nos compatriotes, et l’estime dont ils jouissaient auprès des Français. J’étais personnellement fier en le remarquant et en l’entendant.

Pour l’histoire. Au milieu des années 80, alors que l’époque de Bordeaux - les Girondins - était présidée par Claude Bez, un dirigeant ami a par la suite fait parler de lui, le maire de la ville, Jacques Chaban Delmas, un ami du Maroc et de son Roi, feu SM. Hassan II, avait suggéré la construction d’un autre stade de 100.000 places au Nord de la ville. Mais le projet, trop coûteux, est abandonné et l’on opte pour une nouvelle transformation.

Saïd SEBBAR (A Suivre)

Edité le: jeudi 8 juin 2006.
Publicité

Publié dans 1937

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article