| Dans un mois tout juste, l’Allemagne et le Costa Rica donneront le coup d’envoi du plus grand événement sportif de la planète, le 9 juin prochain. Eh oui, la Coupe du monde est déjà derrière la porte ! Des quatre coins du globe, Monsieur Tout-le-monde s’agite et piaffe d’impatience, prêtant une oreille de plus en plus attentive aux bulletins d’infos concernant le Mondial 2006, jetant un oeil avide et curieux aux images télé ayant trait à la grand-messe du ballon rond. L’Allemagne est au centre de toutes les préoccupations, toutes les spéculations. Durant les jours à venir, Berlin, Munich et toutes les autres villes qui accueilleront la Coupe du monde deviendront le centre du monde. Les premiers scandales ont éclaté, comme celui qui a poussé les organisateurs du Mondial et la FIFA à promouvoir la prostitution pour satisfaire la libido des nombreux supporters étrangers. Le monde s’émeut et s’indigne à juste titre. Vendre ses charmes n’est pas encore un sport que l’on sache… La publication d’un livre, Carton rouge, par l’Anglais Andrew Jennings apparaît également comme un autre pavé dans la mare… de la FIFA. Son président, Sepp Blatter, est soupçonné d’être impliqué dans une affaire de détournement de fonds. On aurait aussi pu parler de l’énorme couac de la billeterie ou de l’intransigeance de la FIFA sur le copyright concernant les photos et les produits estampillés du logo “Coupe du monde 2006”. Le commun des mortels se dira que les organisateurs se seraient bien passés de tout ça, mais n’est-ce pas le propre des grands événements de défrayer la chronique tout en étant supposés faire rêver le grand public ? Le Mondial allemand vient à ce titre nous rappeler que le monde continue de tourner quoi qu’il arrive. Que le Français Zinedine Zidane annonce sa retraite ou que l’Anglais Wayne Rooney déclare forfait pour la Coupe du monde ! Comme tous les pays organisateurs qui se sont succédé, l’Allemagne mise beaucoup sur “sa” Coupe du monde et a donc, en toute logique, énormément investi pour récupérer un maximum de dividendes en fin d’exercice. On ne peut s’empêcher de souligner ce matin, à un mois du match d’ouverture, la coïncidence symbolique de la date anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazi (le 8 mai 1945). Heureusement que 61 ans après, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts… Outre l’aspect touristique généré pendant et après la Coupe du monde, l’Allemagne n’hésite pas à faire de cette Coupe du monde 2006 un véritable défi politique. Le sélectionneur Jurgen Klinsmann avait ainsi clamé haut et fort que la sélection allemande (la Mannschaft) devait accepter des changements pour que son football redevienne conquérant et aspire à la victoire finale le 9 juillet prochain, au soir de la finale. Dans la même optique, le gouvernement allemand est convaincu qu’une victoire de l’équipe nationale allemande à la Coupe du monde pousserait le peuple à croire dans les changements politiques qui ont secoué le pays l’année dernière… La première chancelière allemande, Angela Merkel, et son gouvernement de coalition, qui ne s’en sont pas trop mal tirés depuis leur prise de fonction il y a quelques mois, misent à fond sur les exploits de la Mannschaft pour réussir leur pari politique et footballistique. Rien que pour la rénovation des stades, 1,6 milliard d’euros ont été débloqués par les pouvoirs publics alors qu’une somme record a été dépensée pour assurer la sécurité. Il est vrai que le spectre du terroriste caché sur un balcon, lors des Jeux olympiques de Munich en 1972, effraie toujours… Côté terrain, Michael Ballack et Oliver Kahn, les mégastars de l’équipe, n’ont toutefois pas encore convaincu l’ensemble du public germanique, très connaisseur en matière de football. D’après les récents sondages, les Allemands sont d’avis que leur équipe peut aller loin dans la compétition, mais moins de 50 % croient en la victoire finale… Sans doute parce que de nombreux favoris figurent parmi les 32 équipes engagées en juin prochain, dont les artistes du Brésil qui ont une cote d’enfer auprès des spécialistes et des bookmakers. Mais ceci est une autre histoire. Nous aurons l’occasion d’y revenir largement dans les jours à venir…
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