Mondial-2006 - Franz Beckenbauer, "l'Empereur" allemand
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Franz Beckenbauer a dirigé l'organisation de la XVIIIe Coupe du monde de football après avoir remporté le trophée à deux reprises, comme joueur en 1974 et comme sélectionneur en 1990.
"Avoir décroché l'organisation du Mondial-2006 est sans doute ce que j'ai fait de mieux dans ma vie", affirme souvent Beckenbauer, dont le soixantième anniversaire en juillet 2005 a été célébré comme une fête nationale.
Mais le "Kaiser", comme il est surnommé en référence à une photo le montrant aux côtés d'une statue de l'empereur autrichien François-Joseph à la fin des années 60, n'a pas attendu le 10 juillet 2000 et l'attribution de la Coupe du monde 2006 à l'Allemagne par la Fédération internationale de football (Fifa) pour être sacré "empereur" du football mondial.
Né le 11 septembre 1945 dans un quartier populaire de Munich, le jeune Franz rejoint pour d'obscures raisons souvent débattues en Allemagne - tel un évènement historique - le Bayern Munich plutôt que le grand club bavarois de l'époque, le TSV 1860 Munich. Il fait rapidement ses débuts en équipe première et participe à l'accession en 1re division du Bayern en 1965.
Déjà père d'un enfant, courtier en assurances sans grande conviction, le libero, élégant et intraitable, propulse le Bayern au sommet du football allemand et européen: quatre titres de champion (1969, 1972, 1973, 1974), quatre Coupes de RFA (1966, 1967, 1969, 1971), triple vainqueur consécutif de la Coupe d'Europe des clubs champions (1974, 1975, 1976).
Epaule luxée
C'est sous le maillot de la Mannschaft (103 sélections) qu'il va écrire les plus belles pages de son mythe.
En 1970, lors du Mondial mexicain, il participe à l'inoubliable demi-finale RFA-Italie durant laquelle il se luxe une épaule et reprend la rencontre le bras en écharpe, avant de s'incliner 4 à 3 après prolongation.
Quatre ans plus tard, en Allemagne de l'Ouest, il conquiert le titre mondial et écoeure les Pays-Bas de Johan Cruyff.
Hors des terrains de football, il est l'une des premières icônes du football moderne, riche, beau, se mêlant à la jet-set tandis que ses frasques conjugales font la Une des journaux.
En 1977, Beckenbauer part à la conquête de l'Amérique et rejoint à New York, au Cosmos, le Brésilien Pelé, avant de mettre un terme à sa carrière en 1982 sur un cinquième titre de champion de RFA conquis avec Hambourg.
Après deux ans de répit, Beckenbauer devient sélectionneur et conduit la Mannschaft en finale du Mondial-1986 avant de s'imposer en 1990 en Italie.
VRP de luxe
Alors qu'il pourrait songer à prendre une retraite dorée, il rejoint l'Olympique de Marseille: l'expérience tourne court.
Il se consacre alors à son club de toujours, le Bayern dont il est président, devient vice-président de la Fédération allemande de football, se réinvente en VRP de luxe pour l'équipementier Adidas.
Aujourd'hui, celui qui est pour les Allemands "le joueur du siècle" joue de son image idéale de mari, de gendre, de père, de grand-père et d'ami: un opérateur de téléphonie mobile, un fournisseur privé d'électricité, la Poste allemande, la Loterie nationale et une bière bavaroise l'ont choisi pour leur publicité.
Depuis juillet 2000, il est l'omniprésent "Monsieur Mondial-2006". Et après? Il pourrait succéder à la présidence de l'Union européenne de football (UEFA) au Suédois Lennart Johansson. Mais les Allemands, dont il est l'une des personnalités préférées, le verraient mieux en président de la République. (AFP)