Exposition Paris Au Cinema (France)
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| Fiche complète |
| Un exposition gratuite, à l'Hotel de Ville de Paris (5, Rue Lobau), ouverte tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h. Edito de Bertrand Delanoë, Maire de Paris Jeanne Moreau, Audrey Tautou, Romy Schneider, Audrey Hepburn, Arletty, Jean-pierre Léaud, Jean-paul Belmondo, Jacques Tati, Alain Delon... Dans notre mémoire collective, tous ces artistes sont étroitement associés à la Seine, au boulevard du Crime, à la place Clichy, aux Champs-Élysées, à Montmartre... Mais Paris n’est pas seulement le décor de leurs aventures tragiques, comiques ou romantiques, c’est un personnage à part entière, un complice de tous les instants ! La promenade à laquelle nous vous convions est historique, d’abord, puisqu’elle nous fait parcourir toutes les évolutions du septième art, du cinéma muet au cinéma contemporain. Mais elle est également géographique, nous permettant de redécouvrir, à travers les films, les quartiers de notre Ville Lumière. C’est ce double itinéraire, dans le temps et l’espace, que nous souhaitons retracer, grâce à l’exposition PARIS AU CINÉMA qui aura lieu, à partir du 2 mars 2006, dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, rénovée et agrandie à cette occasion. |
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1. Paris années zéro: la naissance du cinéma
Si les frères Lumière sont lyonnais, c'est bien à Paris qu'ils font breveter leur invention et qu'ils effectuent la première projection publique payante du cinématographe, le 28 décembre 1895, boulevard des Capucines, au Grand Café. C'est avec quelques-uns de leurs 171 films tournés dans la capitale que débute notre parcours. Selon la légende, à cette première séance aurait assisté celui qui allait devenir le tout premier réalisateur (quasi) parisien : Georges Méliès, le magicien de Montreuil-sous-Bois, directeur du théâtre Robert-Houdin à Paris, père de l'imaginaire au cinéma. Méliès tourne chez lui, dans le studio qu’il fait aménager, l’un des premiers de l’histoire du cinéma. Mais très vite il filme directement dans les rues de la capitale. Des quais de Seine à la place Saint Augustin, en passant par la gare Saint Lazare ou la Bastille, Paris devient le décor de nombre de ses fantaisies.
L'immense vogue du feuilleton trouve bientôt en Louis Feuillade un artiste sachant magnifier la poésie urbaine et ses maléfices cachés : Fantômas, le génie du crime, rôde aussi bien sur les toits que dans les rues ou les souterrains de Paris (1913-1914). Quant à Irma Vep, l’héroïne des Vampires, elle se produit sur une scène parisienne, mais n’hésite pas à revêtir sa célèbre combinaison moulante pour jouer les rats d’hôtel dans les palaces (1915-1916).
Dans le même temps, Max Linder impose son image comique de dandy parisien et devient ainsi la première superstar du cinéma mondial. André Antoine révolutionne la fiction réaliste, tournant notamment Le Coupable(1917) dans les décors naturels de la capitale.
> Un projecteur-caméra Lumière marque l’entrée du parcours, accompagné d’un écran montrant quelques-uns des films tournés à Paris par les frères Lumière (une minute environ par film).
> Dans une petite vitrine évoquant la préhistoire du cinéma sont exposés une lanterne magique en forme de tour Eiffel et des fac-similés de plaques de lanterne magique datant du Second Empire et représentant des monuments parisien.
> Des dessins originaux de Georges Méliès (esquisse de son studio deprises de vues, décors pour le théâtre Robert-Houdin) côtoient un extrait des Affiches en goguette(1906), pastiche de publicités typiquement parisiennes.
2. Le Paris des avant-gardes : la grande période du cinéma muet
Notre parcours évoque ensuite les grands courants intellectuels qui se développent au lendemain de la Première Guerre mondiale. Ceux-ci donnèrent naissance aux premiers grands théoriciens du cinéma français. Paris devient alors le berceau, l'inspiration et souvent le décor de ces mouvements, qui touchent par ailleurs tous les domaines artistiques. Ainsi, les décorateurs acquièrent peu à peu un rôle de premier plan dans l'évolution de l’imagerie parisienne. René Clair réalise Entracte et Paris qui dortdans les décors naturels de la capitale quand Marcel L’Herbier tourne L’Inhumaine, puis L’Argent, sortes de manifestes du mouvement art déco. Abel Gance combine expérimentation et grand spectacle dans son Napoléon tandis que le jeune Jean Renoir fait ses débuts au cinéma en toute liberté grâce à l’héritage de son illustre père. > Les extraits de L’Inhumainede Marcel L’Herbier sont accompagnés de deux affiches originales (l’une d’elle comprenant un texte «manifeste» de l’avant-garde) et d’un découpage original du film.
> À côté de l’affiche de Nanade Jean Renoir figure la lettre à en-tête du Bal du Moulin-Rouge officialisant le “prêt” de vingt danseuses pour les besoins du film (celles-ci devant être libérées pour la représentation du soir) ainsi qu’une demande d’autorisation de tournage en extérieurs parisiens rédigée par l’avocat du cinéaste qui précise, pour impressionner les autorités, “Jean Renoir, fils du peintre”.
> Une série de dessins signée par l’architecte décorateur Jacques Colombier nous est présentée. Elle fut réalisée pour le film français Paris Girls de Henry Roussell (1929) : intérieurs d’appartement et décors de music-hall, un remarquable exemple du style Art Déco, tel qu’il s’apprête à influencer toute une génération de directeurs artistiques à Hollywood.
3. Paris studio: des années 1930 aux années 1950
Un chapitre nouveau s'écrit au début des années 1930, la généralisation du cinéma parlant allant de pair l’image d’un Paris de studio de plus en plus sophistiqué. Ce mélange de véracité et de stylisation, de reconstitution et de trompe-l'oeil façonne cette poésie si particulière du cinéma français d'alors, des fantaisies de René Clair décorées par Lazare Meerson au “réalisme poétique” de Marcel Carné et Jacques Prévert, qui doivent tant au décorateur Alexandre Trauner. Pendant l’Occupation, l’autarcie du cinéma de studio se renforce, favorisant plutôt des thèmes liés à l’évocation du passé (Douced’Autant-Lara) ou à l’imaginaire (La Nuit fantastiquede Marcel L’Herbier). Toutefois, les réalisations de cette époque laissent poindre une inquiétude noire liée à l’esprit du temps, à l’instar des premiers films de Clouzot. Toutes ces tendances se poursuivent après-guerre, s'accentuant parfois jusqu'à la sclérose. Mais le talent des chefs décorateurs donne sa pleine mesure dans cet âge d’or du cinéma de studio : Max Douy, Léon Barsacq, Jacques Krauss, Georges Wakhévitch etc. Deux grands genres populaires, parfois mêlés, proposent une vision tantôt noire et tantôt rose de Paris : le film policier et la comédie, tous deux volontiers agrémentés de numéros de music-hall. Une veine “rétro” transporte le spectateur à la Belle Époque ou dans les années folles, à l’instar ses films de Max Ophuls (Madame de...), René Clair (Le silence est d’or), Jacques Becker (Casque d’or, Montparnasse 19), Claude Autant-lara (Marguerite de la nuit), ou encore Jean Renoir (French Cancan).
> L’espace “Paris studio” est divisé en trois parties : “Extérieur jour”, “Extérieur nuit” et “Paris en affiches”.
> Un hommage est rendu à Jacques Prévert dont la contribution au septième art est évoquée avec Le Crime de monsieur Langede Renoir, Cibouletted’Autant-Lara, Les Enfants du paradiset Les Portes de la nuit de Carné : des planches de croquis de Prévert sont exposées.
> L’exposition Alexandre Trauner nous prête des dessins originaux du grand chef décorateur. Sont également présentées des interviews relatant la construction des gigantesques décors d’Hôtel du Nord(le canal Saint-Martin) et des Portes de la nuit (le métro Barbès-Rochechouart).
> Le Paris criminel d’Henri-georges Clouzot est présent à travers des extraits de L’Assassin habite au 21(entièrement en studio) et de Quai des Orfèvres (pour lequel des décors naturels furent introduits).
> L’espace “Paris en affiches” nous fait traverser les années 1950 avec les affiches de grands genres populaires : comédies et polars.
4. Paris-Hollywood
Nous quittons pour un temps le monde du cinéma français pour épouser le regard des réalisateurs américains sur la capitale: Paris rêvé par Hollywood. Elle servit de décor aux étoiles les plus prestigieuses d’Hollywood. Ainsi Gene Kelly poursuit-elle amoureusement Leslie Caron sous la caméra de Vincente Minelli dans Un Américain à Paris, tandis que Fred Astaire descend les Champs-Elysées dans Drôle de Frimoussede Stanley Donen. La capitale devient le lieu d’assouvissement de fantasmes romanesques : films à costumes, comédies musicales ou romantiques, mélodrames, adaptations des classiques de la littérature... Cette imagerie parisienne reste quasi-inchangée dans les films hollywoodiens d’aujourd’hui, faisant de Paris un symbole de libération des pulsions, c’est-à-dire de plaisir rêvé, d’insouciance souvent teintée de nostalgie et, parfois, de luxe futile, voire de dépravation. De nombreuses affiches, photos, décors, costumes et extraits de films en témoignent..
> Le ballet final d’Un Américain à Parisrend hommage aux peintres du XIX e siècle qui ont magnifié la capitale, à travers une suite de «tableaux dansés» dont sont montrés plusieurs extraits : place de la Concorde selon Dufy, marché aux fleurs à la Renoir, Montmartre façon Utrillo, un jardin public vu par le Douanier Rousseau, la place de l’Opéra à la manière de Van Gogh, une spectacle à la Toulouse-Lautrec (avec un dessin original de la styliste Irene Sharaff).
> Marlene Dietrich en “femme perdue” chante en français dans le cabaret parisien de Blonde Vénusde Josef Von Sternberg (1932) : “Moi j’trouve tout ça très bien”.
> Trois adaptation hollywoodiennes à succès de Notre-Dame de Parisde Victor Hugo nous sont présentées, de la version avec Lon Chaney au dessin animé des studios Disney en passant par le remarquable Quasimodode William Dieterle.
> Depuis la fin des années 1950, il arrive aux productions américaines d’organiser des tournages dans les lieux mêmes de la capitale. Des photos rares de tournage nous montrent Audrey Hepburn auprès de Fred Astaire dans Drôle de frimousse(1957) et de Cary Grant dans Charade(1963), deux films de Stanley Donen, tandis que Paul Newman, Joanne Woodward, Sidney Poitier et Diahann Carroll tournent Paris Bluesde Martin Ritt (1958) sur les berges de la Seine ou dans les décors de Trauner. Ce dernier signe également le quartier des Halles reconstitué à Hollywood pour Irma la douce(1963) de Billy Wilder.
> Deux costumes sont présentés avec les extraits des films où ils apparaissent : une robe signée Cecil Beaton portée par Leslie Caron dans Gigi de Vincente Minnelli (1958) et un boléro de Givenchy revêtu par Audrey Hepburn dans la séquence de l’opéra d’Ariane de Billy Wilder (1957), dont est également exposé le scénario original annoté par Wilder et son co-scénariste I. A. L. Diamond.
> Un montage d’extraits nous fait croiser des couples d’amoureux hollywoodiens sur les bords de Seine, de Gene Kelly et Leslie CaronUn Américain à Paris à Jack Nicholson et Diane Keaton (dans Tout peut arriverde Nancy Meyers, 2003).
5. Paris au naturel : autour de la Nouvelle Vague
À la fin des années 1950 s’amorce un tournant décisif pour l'image du Paris cinématographique : la Nouvelle Vague. Ce mouvement donna naissance à des titres devenus légendaires : Les Cousins, À bout de souffle, Les Quatre Cents Coups, Zazie dans le métro, Le Signe du lion, Cléo de 5 à 7, Adieu Philippine... Libérés par les progrès de la technique, prenant le contrepied du cinéma de studio, Godard, Chabrol, Truffaut, Rohmer, Rivette, Rozier, Rouch, Marker, Malle, Resnais ou Varda font de Paris un personnage de leurs fictions ou de leurs documentaires, comme si les cinéastes français redécouvraient la joie de filmer la capitale dans son plus simple appareil. Notre parcours donne au visiteur l’occasion de suivre leur caméra dans les rues.
Après eux, tous les cinéastes cette la période, des plus populaires aux plus expérimentaux, s’affranchissent de la contrainte des studio et filment «Paris au naturel», des cascades de Belmondo dans Peur sur la villed’Henri Verneuil à la danse de Louis De Funès dans Les Aventures de Rabbi Jacobde Gérard Oury, en passant par l’errance angoissée d’Alain Delon dans Le Samouraï de Melville, par le spleen de Jean-pierre Léaud dans La Maman et la Putainde Jean Eustache, par le western que tourne Marco Ferreri dans le trou des Halles (Touche pas à la femme blanche) ou par le fameux court métrage de Claude Lelouch tourné en plan séquence sur une moto à toute allure (C’était un rendez-vous).
> Sur un mur d’images se mêlent photos et extraits de films de la Nouvelle Vague montrant des personnages en action dans les rues de Paris : Jean-claude Brialy et Gérard Blain dans Les Cousins, Jean-pierre Léaud dans Les Quatre Cents Coups, Belmondo et Seberg dans À bout de souffle, Corinne Marchand dans Cléo de 5 à 7, etc.
> Nouvelles caméras, nouvelles pellicules, nouvelles revues de cinéma s’exposent en vitrine, tandis que des cinéastes expliquent leur démarche, notamment Godard, Truffaut, Rivette, Varda... (extraits de la collection Cinéastes de notre tempsd’André S. Labarthe et Janine Bazin).
> Petit clin d’œil à quatre francs-tireurs qui ont précédé ou accompagné la Nouvelle Vague en filmant Paris différemment : extraits signés Jean Cocteau (Orphée, 1950), Jean-pierre Melville (Bob le flambeur, 1956), Robert Bresson (Pickpocket, 1959) et Jacques Tati (Play Time, 1967).
> Le grand cinéma populaire : dans une interview, Henri Verneuil explique les difficultés qu’il rencontra pour obtenir les autorisations de tournage pour la fameuse scène de l’hélicoptère dans Peur sur la ville(1974), dans le XV e arrondissement.
6. Paris “à la carte” dans le cinéma contemporain
Quelle est, pour ne pas en finir, l'image de Paris dans le cinéma d'aujourd'hui ? Une sorte d'immense florilège de toutes les tendances passées, peut-être, des plus banales aux plus raffinées, mais où la capacité de surprendre reste entière. Des centaines de tournages sont répertoriés, chaque année, par le service des autorisations de la Mairie de Paris. Amélie Poulainélit résidence à Montmartre tandis que Da Vinci Codesème son jeu de pistes dans la capitale. Pour son plus grand bien, Paris au cinéma ne se limite pas au “cinéma parisien” proprement dit. Ressourcé par des regards exilés, enrichi par la culture de banlieue, rajeuni par des coups de foudre étrangers, stimulé par le retour au tournage en studio, dépoussiéré par l'arrivée des nouvelles technologies, Paris se délecte plus que jamais du feu des projecteurs et des ardents transports de la caméra.
> Regards étrangers sur un Paris insolite : Marco Ferreri et Touche pas à la femme blanche (1974), western tourné dans le trou des Halles ; Joseph Losey et Monsieur Klein, avec Alain Delon dans le Paris de l’Occupation reconstitué (1976) ; Chantal Akerman et son coup de chapeau au Paris des amoureux dans Nuit et Jour(1991) ; Catherine Deneuve, entre Melvil Poupaud et Michel Piccoli, dans Généalogies d’un crimede Raoul Ruiz (1997). Bernardo Bertolucci explique dans un entretien inédit son histoire d’amour avec Paris, où il a tourné Le Conformiste(1970), Le Dernier Tango à Paris(1972) et Innocents : The Dreamers(2003).
> Dossier de demande d’autorisation de tournage d’Un long dimanche de fiançailles de Jean-pierre Jeunet : lieux de tournage dans Paris, esquisses des plans du film, description des trucages transformant les décors naturels. Interview exclusive du réalisateur sur ce tournage à Paris.
> Florilège d’extraits, Paris “à la carte” dans le cinéma contemporain, de l’imaginaire des Amants du Pont Neuf de Carax au réalisme deL627de Tavernier, de Sophie Marceau et Gérard Depardieu dans Policede Maurice Pialat à Romain Duris et Emmanuelle Devos dans De battre mon cœurs’est arrêtéde Jacques Audiard, de Rois et Reine d’Arnaud Desplechin à Angel-Ade Luc Besson...
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